Ce que danser veut dire

Comme disait Nietzche : "Je ne pourrais croire qu'à un Dieu qui saurait danser." Crédits : Centre Pompidou

L’exposition « Danser sa vie » au Centre Georges Pompidou réunit jusqu’au 2 avril 2012 une profusion d’œuvres – photographies, performances, peintures, vidéos, sculptures… et même un robot – qui questionnent les limites de la danse, plus que ses liens avec l’art contemporain.

Un panneau à l’entrée de l’exposition avertit le jeune public du « caractère sexuellement explicite »  de certaines performances. Gare aux corps en mouvement, ils produisent de l’inattendu. Car c’est bien d’exaltation, de frénésie du corps dont il est question.

Dès les premières salles, des corps se déploient, libres et fous. Isadora Duncan, Vaslav Nijinski, aux mouvements capturés par la caméra, renvoient les peintres, les photographes, à l’impossibilité de représenter le corps dansant. L’exposition entend questionner les rapports entre art et danse au cours du XXe siècle. Elle donne surtout à voir la proximité qu’il y a de la danse libre à la ferveur sensuelle, une fois abandonnés les canons et les carcans de la danse classique. Au risque de choquer et de perdre le visiteur.

Grande richesse de l’exposition

Car les nombreuses installations vidéos de l’exposition explorent tous les degrés de cette ferveur, où « Le Sacre du Printemps », de Pina Bausch, « accessible » encore au public, fait figure de bon élève . Au moins, là, il y a une scène. Et des danseurs. Le danois Olafur Eliasson choisit, lui, de faire du monde une scène, et du rythme du monde le rythme des corps dansant. Plus de scène, plus de musique… Et bientôt plus de danseur, puisque le premier « robot danseur » est lui aussi de l’exposition.

De la mécanisation du corps à son exaltation sensuelle poussée à l’extrême, il n’y a qu’une salle. Les repères entre danse et performance achèvent de se brouiller devant la vidéo du corps nu de Lisbeth Gruwez, mise en scène comme « guerrière de la beauté » par le plasticien Jan Fabre dans la célèbre performance « Quando l’uomo principale es una dona ». Choc esthétique ou négation de la danse ? Une visiteuse, pratiquant la « danse duncanienne », trouve que « plus on avance dans l’exposition, plus la danse disparaît ».

La très grande richesse de l’exposition ne suffit pas à convaincre ceux que la danse ne touche pas, ni à contenter ceux que l’exploration de cette limite met mal-à-l’aise. Elle ravira les autres. Car comme le dit une autre visiteuse, « cela a l’âme que tu veux bien y mettre ».

Léa Bastie

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