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Petite pause

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Aux Etats-Unis, la vie est dure pour les petits partis

Montage Le Cercle de l'Info

Aux États-Unis, l’opposition est traditionnellement concentrée par les Républicains lorsque les Démocrates sont au pouvoir, et inversement. Pourtant, il existe d’autres partis politiques qui tentent de se faire entendre.

Green party, Libertarian party, Democratic Socialists of America… Sans doute ne connaissez-vous pas ces noms de partis politiques. Pourtant, à côté des deux mastodontes républicain et démocrate, ils existent. Ou tentent d’exister. Ces formations ne disposent d’aucun siège ni à la Chambre des Représentants ni au Sénat. Comme en France, l’élection présidentielle est une tribune pour leurs idées.

Pourtant, les mentalités diffèrent entre la France et les États-Unis. Pascal Clément, ancien ministre et auteur de l’ouvrage Partis politiques minoritaires aux États-Unis,  juge que la politique américaine ne doit pas être étudiée « avec un œil français ». Pour lui, ces partis connaissent surtout une existence locale. « Il y a énormément de partis dans les États, qui ne sont pas forcément présents aux élections nationales ». « Ce n’est pas une question de manque d’argent, mais de manque d’adhérents », ajoute Pascal Clément.

Ron Paul, libertaire en 1988, républicain en 2012

L’argent permet toutefois de pouvoir concourir dans les 50 États américains à l’élection présidentielle. C’est même indispensable, selon l’historien Denis Lacorne. « Sans une fortune personnelle considérable, il est impossible d’y prétendre ». L’universitaire rappelle que Barack Obama a dépensé 700 millions de dollars en 2008 pour sa campagne, notamment pour l’achat d’espaces publicitaires.

En 1992, Ross Perot avait réalisé un score honorable (18%) pour un pays marqué par le bipartisme, terminant troisième derrière Bill Clinton et George Bush père. Le milliardaire était alors indépendant. Quatre ans plus tard, pour le Parti réformateur qu’il avait créé, Perot terminait de nouveau troisième, mais avec moins de voix (8%). La complexité des lois américaines l’avait obligé à se présenter comme un indépendant dans certains Etats. Républicains et Démocrates s’étaient par ailleurs arrangés pour qu’il soit exclu des débats présidentiels.

Pour exister politiquement, certains représentants des petits partis n’hésitent pas à concourir sous l’étiquette d’un des deux grands partis, à l’image de Cynthia McKinney, candidate des Verts à la présidence en 2008, rattachée au Parti démocrate au Parlement. Ron Paul, l’actuel candidat à la primaire républicaine, a, pour sa part, été candidat en 1988 pour le Parti libertaire.

« Des partis pas représentatifs »

En France, même les plus américanophiles ne sont guère sensibilisés à la question. « Nos interlocuteurs sont essentiellement issus des deux grands partis », explique Louis Giscard d’Estaing, le président du groupe d’amitié France – États-Unis de l’Assemblée nationale. « Notre rôle n’est pas de rencontrer les partis non représentatifs de la vie politique américaine », confirme le député Patrick Balkany, membre du groupe.

François de Rugy, député Europe Écologie – Les Verts et vice-président du groupe d’amitié, raconte avoir échangé sur les idées écologiques lorsqu’il s’est rendu en Californie. « Ils connaissent des difficultés à obtenir une couverture sur l’ensemble du pays. » Preuve en est la candidate du Green Party en 2008, qui n’a pu se présenter que dans la moitié du pays. Il faut en effet un certain nombre de parrainages dans chaque État pour se porter candidat.

Thibaut Geffrotin et César Armand

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Retrouvez un panorama des élections de 2012 sur le blog Les insoumis, 2012 : un bon coup dans les urnes

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Déclaration de Nicolas Sarkozy sur TF1 : « Un manque d’énergie et de conviction »

Capture écran du site du Président-candidat

Le communicant politique Philippe Moreau-Chevrolet a été « surpris par le ton peu inspiré » du chef de l’Etat hier soir sur TF1. Co-auteur du blog Yes they can sur L’Express.fr avec le journaliste David Medioni, le spin-doctor remarque également que « Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne ».

L’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été dévoilée aujourd’hui. Il est debout regardant vers l’Est, avec en arrière-plan la mer.  Se prend-t-il pour « un capitaine courage tenant fermement le gouvernail » comme l’avait qualifié Laurent Wauquiez après le discours de Toulon de 2008 ?
C’est une affiche mitterrandienne avec ce soleil qui se lève. Cette posture de 3/4 est intéressante. Elle donne une image de majesté, comme la monnaie, avant, à l’effigie des rois et des empereurs. C’est une posture présidentielle. La mer, en revanche, peut évoquer les vacances. Ce n’est pas un choix très approprié, mais elle est également symbole de sérénité et d’apaisement.  En tout cas, Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne.

Nicolas Sarkozy s’est déclaré, hier soir, sur TF1, chaîne propriété de Martin Bouygues. Ne risque-t-il pas de renforcer son image de Président des riches et du Cac 40 ?
TF1 est avant tout la chaîne la plus regardée, où il y a le plus d’audience. La question est de comprendre pourquoi il s’est contenté de cela. Pourquoi il n’a pas fait un véritable évènement ? J’ai été surpris par son ton peu inspiré. Il manquait d’énergie et de convictions. Je n’ai pas compris, non plus, son positionnement sur le fond entre présidentialisation et appel au peuple. C’est difficile d’affirmer les deux en même temps. Peut-être est-ce dû à son impopularité qu’il se sent obligé d’annoncer des référendums ? C’est une manière de déplacer les enjeux, mais cela s’avérera peut-être audacieux.

Dans un article de Martine Delahaye dans Le Monde du 25 octobre 2009 sur Jacques Pilhan, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l’Elysée de 1982 à 1991, raconte que le conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac aimait répéter que « la réalité, c’est le JT de 20h de TF1 ». Rien n’a changé depuis 30 ans ?
La forme qu’avait élaboré Jacques Pilhan a changé. La formule a évolué. Elle n’est plus efficace. Maintenant, il y a une démultiplication des canaux : télé, internet… La caisse de résonance médiatique n’est plus la même. C’est en constante évolution. Il faut toujours inventer de nouveaux concepts. Mais Pilhan avait compris une chose : il faut parler aux gens là où ils sont. C’est au politique de s’adapter. Imposer à l’électeur d’aller à un endroit particulier ne fonctionne pas. Regardez les partis politiques qui ont créé des réseaux sociaux fermés, ils se sont plantés. (Philippe Moreau-Chevrolet fait référence, notamment, aux Créateurs de Possible, ce réseau intra-UMP qui a coûté 500 000 € avant d’être fermé)

Hier soir, au même moment, François Hollande était en meeting avec au premier rang Denis Podalydès qui a justement joué le rôle de Nicolas Sarkozy dans La conquête. Charles Aznavour chantait déjà pour Giscard en 1974.  Pourquoi les candidats s’entourent-ils de célébrités ?
Cela permet de toucher aux émotions des gens, d’essayer de les faire vibrer. Soit vous faites un discours très réussi, comme celui du Bourget, soit vous jouez la proximité avec les stars pour créer du consensus populaire. Ces symboles de la société civile demeurent en effet des vrais relais d’opinion. On ne peut pas seulement gagner parce qu’on est le meilleur, il faut aussi créer de l’émotion.

Nicolas Sarkozy s’est inscrit, hier matin, sur Twitter. Pour le journaliste Marc Fannelli-Isla, auteur de Guide pratique des réseaux sociaux, c’est une « obligation » pour tout homme politique car les ignorer, c’est « ignorer le peuple et les électeurs » Etes-vous d’accord avec cette injonction ?
Oui et non. Non, d’abord, car parler du peuple en tant que cible électorale ne fonctionne pas. Oui, sinon, car c’est essentiel pour le politique de rejoindre les réseaux sociaux. Twitter est nécessaire pour parler aux relais d’opinion journalistiques qui ont besoin, régulièrement, d’informations actualisées. Cela montre, en outre, que le candidat à la présidentielle est à la page. Facebook sert à toucher le grand public. Il faut être partout là où il y a des électeurs. Une voix reste une voix.

César Armand

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La sensibilité inclassable d’Edward Barrow

Edward Barrow offre une musique complexe et mélancolique oscillant entre la pop, le folk et l’électro. Trois mois avant la sortie de son album « The Black Tree », le chanteur dévoile un univers empreint de nostalgie et d’émotion. Rencontre.

Vous avez déjà un EP à votre actif « Life is beautiful » et votre second album « The Black Tree » est en pressage. Avez-vous toujours fait de la musique ?
Pour moi, la vie c’est la musique. Je chante depuis gamin. J’ai encore vu une vidéo de moi enfant en train de siffler devant un petit clavier. Plus vieux, je me suis d’abord tourné vers des études de théâtre et de chant à la fois. Et puis, il a fallu que je travaille. Plus j’avançais et moins j’avais de temps pour la musique. C’est devenu insupportable. J’ai vraiment pris conscience que je ne pouvais pas faire deux choses en même temps. Alors, il y a trois ans, j’ai décidé d’en faire mon métier.

« Edward Barrow », est-ce un pseudonyme ?
Hé bien non ! Je me suis beaucoup cherché une identité à l’adolescence. J’essayais des anagrammes. Rien ne fonctionnait. Je détestais mon prénom, comme beaucoup. Mon entourage m’a convaincu qu’il n’était pas commun alors je l’ai gardé. Je me souviens qu’un ami a voulu faire écouter ma musique à une de ses connaissances. Elle a refusé en expliquant que rien que le fait d’emprunter un pseudonyme anglo-saxon ne lui en donnait pas l’envie. Pourtant, je ne suis pas Dick Rivers, c’est mon vrai nom. S’il interpelle, alors j’ai bien fait de le garder.

Justement vous écrivez en anglais, comment l’expliquez-vous ?
C’est une langue plus musicale que le français et je trouve qu’elle colle mieux à la sonorité de mes compositions. J’ai une plus grande culture musicale anglo-saxonne que française, ça a sûrement joué. En tout cas, c’est une évidence. Lorsque je prends le temps d’écrire, mes accords se traduisent en anglais. Je ne calcule rien.

Où trouvez-vous l’inspiration ?
Je m’inspire de la vie autour de moi. Ce sont des instants que j’ai besoin de digérer. Plus tard, je les retranscris en musique. J’aime toucher aux sentiments. Mes chansons se transmettent de cœur à cœur ou de ventre à ventre. Elles évoquent des souvenirs, des sensations.

Vous jouez de l’autoharpe, pouvez-vous nous en dire davantage sur cet instrument méconnu ?
Je joue du piano mais pas de guitare. J’ai toujours été frustré car il manquait des cordes à mes créations. Un jour, j’ai découvert une vidéo de June Carter (chanteuse et épouse de Johnny Cash, ndlr) qui jouait de l’autoharpe. C’est une sorte d’accordéon ou de cithare avec des cordes de guitare. En revanche, cet instrument sonne folk. Un vrai problème pour moi qui aime être là où on ne m’attend pas. Du fait, j’ajoute régulièrement des pédales d’effets pour que l’autoharpe me ressemble.

Vous ne vous revendiquez d’aucun genre alors ?
On m’a souvent classé dans la catégorie pop/folk parce que c’est à la mode et le raccourci semblait aisé. Toutefois, je déteste être cloisonné dans mes créations. Pour mon nouvel album, j’ai joué d’influences country et électro. J’espère surprendre et rester inclassable.

« The Black Tree », votre nouvel album, sortira fin mars. Pouvez-vous nous décrire son univers ?
C’est un album résolument plus lumineux que le précédent. Mon premier EP résultait d’une introspection. Je l’ai réalisé seul, dans une démarche que je qualifierais d’autiste. « The Black Tree » est une renaissance. Cette fois-ci, j’ai travaillé avec des musiciens. Nous avons enregistré dans une maison de campagne, les fenêtres ouvertes. On respire en l’écoutant.

Cet album marque un tournant dans votre carrière puisque vous venez de signer avec le label Volvox Music. Que souhaiteriez-vous voir naître de cette collaboration ?
Outre la diffusion de mon album, j’aimerais avant tout qu’il m’aide à obtenir un tourneur pour multiplier les dates de tournée. Volvox étant également éditeur, j’adorerais voir ma musique utiliser dans un film ou un autre projet. Si ma musique pouvait interpeller un réalisateur, je serais comblé.

Que serait, selon vous, la chose que votre public devrait retenir de vous ?
J’espère parvenir à provoquer chez eux l’émotion. La scène me donne plus l’occasion de m’exprimer. Si quelqu’un vient me voir en me disant : « Tu m’as ému », alors j’ai tout gagné.

Infos pratiques :

http://www.edwardbarrow-music.com/

 « The Black Tree » (Volvox Music) à paraître le 24 février en digital et le 19 mars en digipack

Marine Deperne

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Georges Caudron, l’acteur aux 2000 voix

G.Caudron, au centre, avec S.Culp et D. Duchovny. Skyrock.com, RSdoublage.com, celebuzz.com

Si son visage vous est inconnu, sa voix vous sera familière. Georges Caudron est la voix française de David Duchovny (Fox Mulder dans X-Files, Hank Moody dans Californication), Steven Culp (Rex Van De Kamp dans Desperate Housewives) et John Hannah (Jonathan Carnahan dans La Momie). Doubleur et directeur artistique, l’acteur de 59 ans spécialisé dans la synchronisation depuis vingt ans, nous raconte son métier qui « n’est pas du karaoké ».

Vous avez suivi une formation d’acteur aux cours de Jean-Laurent Cochet et à ceux de l’Ecole de la rue Blanche, comment en êtes-vous venu au doublage ?
J’ai d’abord joué au théâtre, puis dans des téléfilms. Mais je n’aimais pas me voir à l’écran, je préférais jouer les seconds rôles. Un jour, on m’a proposé de faire de la synchronisation. Ce fut une révélation. Le doublage c’est le paradis car on peut jouer un introverti, un jeune, un vieux, un gros, un maigre. On multiplie les personnages mais aussi les genres : le lundi on fait un film, le mardi un documentaire, le mercredi un dessin-animé…

C’est aussi rapide que cela la synchronisation ?
En réalité, ça change à chaque fois. Pour le film JFK d’Oliver Stone, où je double l’acteur Vincent D’Onofrio (le personnage de Bill Newman NDLR), il a fallu trois mois de travail. En comparaison, on fait trois épisodes de Californication en deux jours.

Dans Californication justement, vous retrouvez David Duchovny, que vous aviez déjà doublé dans X-Files. C’est une longue histoire vocale entre vous.
La première fois que je l’ai doublé, c’était dans Beethoven en 1992. Il jouait le méchant. Après, il y a eu X-Files qui a duré neuf ans de ma vie. En 2001, je l’ai rencontré durant sa tournée promotionnelle pour le film Évolution. Il est sympa et volubile, à l’image de Hank Moody dans Californication. Je continue d’ailleurs de le doubler pour la cinquième saison de cette série.

Neuf saisons de X-Files, cinq de Californication, David Duchovny a plus de chance que Steven Culp, dont le personnage de Rex Van De Kamp est mort au terme de la première saison de Desperate Housewives. Étiez-vous triste de cette disparition ?
J’étais d’abord stupéfait car on ne s’y attend pas dans le déroulé de la saison 1. J’aimais beaucoup son rôle ambigu : père de famille modèle le jour, amant qui se fait piétiner avec des talons aiguilles la nuit. J’étais aussi un peu déçu mais nous ne sommes pas propriétaires des personnages que nous doublons. Et puis j’ai déjà redoublé Steven Culp six fois depuis Desperate Housewives.

Six fois ? Mais combien de personnages avez-vous doublé depuis le début de votre carrière ?
J’ai la chance de travailler régulièrement pour un intermittent du spectacle. Il peut m’arriver de doubler deux personnages dans la même journée. Je n’ai jamais calculé mais, en vingt ans, j’ai dû en doubler deux mille.

Deux mille personnages et votre voix n’est pas fatiguée. Comment faites-vous ?
Je fais quelques exercices de prononciation avant d’aller en studio mais je ne la travaille pas plus que ça. Finalement, c’est la fonction qui fait l’organe. Le jeu de l’acteur me permet de lui donner la voix française qu’il faut. C’est une sorte de schizophrénie mimétique où il faut être le plus sincère possible.

Malgré cette sincérité, de nombreux spectateurs préfèrent visionner les films en version originale, cela vous étonne ?
Je suis pour une critique objective. Il y a des films qui sont vraiment mal doublés, surtout lorsque ce sont des animateurs, chanteurs ou Miss France dont ce n’est pas le métier qui s’y collent. Par contre, je trouve que les films d’action sont mieux en version française car on peut se concentrer sur les effets et l’action. 

De l’action il y en a dans Assassin’s Creed 2 – Brotherhood où vous doublez la voix du personnage virtuel Shaun Hastings. Quelles sont les spécificités de doublage pour un jeu vidéo ?
C’est très ennuyeux. On répète mille fois les mêmes mots. On se colle sur la voix anglaise sans voir la situation ni la façon dont les personnages virtuels se comportent, c’est très frustrant. Après j’adore tout ce qui diffère de mes habitudes, donc je prends ça comme une récréation.

Pour finir, quel est le rôle que vous avez pris le plus de plaisir à doubler ?
Jonathan Carnahan dans la saga La Momie. Il est anglais, bizarre et rigolo. C’est le plus proche de ma vraie nature.

Anne-Sophie Warmont

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Matthieu Lamarre, le MoDem du web

Responsable de la web-campagne de François Bayrou, Matthieu Lamarre a deux passions : la politique et le journalisme.

M.Lamarre répond aux médias après le lancement du nouveau bayrou.fr Crédits : Le Cercle de l'Info

C’est le grand jour au 133 bis, rue de l’Université à Paris. Dans un petit amphithéâtre du siège du Mouvement démocrate, Matthieu Lamarre présente le nouveau site bayrou.fr, mardi 7 février, accompagné de Jean-François Martins, directeur de la communication du candidat Bayrou. Cheveux bruns et courts, jean bleu, tee-shirt et veste noire, Matthieu Lamarre est assis derrière son Mac. Micro en main, il déroule les différentes facettes de la nouvelle plate-forme, qu’il souhaite proche des militants.

Le Rouennais de 23 ans ne quitte pas des yeux ses différents écrans. « Devenez volontaire de la campagne » est le premier message délivré en « une » du site. Des badges colorés s’affichent avec ces inscriptions originales pour un site de campagne présidentielle : « Je fais chauffer le web », « Le web m’anime », « Je maîtrise le web ». Chaque militant-naute qui participe à relayer le message de François Bayrou est ainsi récompensé par des points, et gravit les catégories selon son degré d’engagement. L’objectif ? Attirer les internautes peu habitués à la politique, décrypte Matthieu Lamarre. « Nous voulons décloisonner les portes de la politique. »

« Un poste de contenu »

Pendant la présentation, Jean-François Martins demande de l’aide au jeune homme pour une fonction de son smartphone. Problème réglé en trois secondes. Matthieu Lamarre est à l’aise avec la mini-technologie. Il affiche une vie bien remplie pour ses 23 ans. Un parcours où deux lignes se croisent de manière insistante : la politique et le journalisme. « J’ai toujours hésité entre les deux. » Alors qu’il écrit déjà pour des magazines lycéens, il prend sa carte à l’UDF en 2006, soutient Bayrou à la présidentielle de 2007 et le rejoint ensuite au Modem, quand beaucoup d’autres rallient Nicolas Sarkozy et fondent le Nouveau Centre. « Je pense que François Bayrou est le meilleur pour être président de la République », dit-il tout simplement.

Bac littéraire, licence d’histoire, piges pour le groupe L’Etudiant et le quotidien Le Monde… Matthieu Lamarre s’engage en parallèle de plus en plus au Modem. En 2008, il devient maire-adjoint de la commune de Bures-sur-Yvette (Essonne). Depuis 2009, il est aussi président des Jeunes Démocrates de l’Essonne. Politique et journalisme, Lamarre ne souhaite pas pour le moment abandonner l’un ou l’autre.

« Si Bayrou a un problème avec son Mac, il posera la question lui-même sur un forum »

Au Modem, le Rouennais a trouvé le job idéal. « Je reste sur un poste de contenu. Je gère les rubriques du site, j’ai une véritable équipe rédactionnelle, avec un rapport journalistique. » Matthieu Lamarre l’assure, il n’est pas l’hagiographe de François Bayrou. « Bien sûr, c’est de la com’. Bien sûr, les photos seront belles. Mais nous voulons fournir dans nos textes de l’information brute, plutôt neutre. » Laisser l’internaute juger lui-même pour éviter de provoquer « un effet inverse », c’est la volonté de ces démocra-nautes dirigeants. Un pôle web qui emploie aujourd’hui 6 personnes à temps complet. « C’est un staff évolutif. Nous serons une quinzaine au plus fort de la campagne, début avril. » Une équipe très active sur les réseaux sociaux, Lamarre en tête, avec 1 500 abonnés sur son compte Twitter personnel. Sur le réseau gazouilleur, deux comptes estampillés Bayrou twittent à longueur de journée. L’un est géré par l’équipe de Matthieu Lamarre (@NousBayrou). « Nous y avons un ton décontracté. Ce n’est pas une machine, ni un anonyme qui répondent. »

L’autre est géré par le candidat lui-même. « François Bayrou est très web », juge Matthieu Lamarre. « Il propose autant d’idées que nous. Il a conscience qu’Internet est une vraie révolution culturelle. » Et de poursuivre. « Si François Bayrou a un problème avec son Mac, il ne va pas venir nous voir. Il ira poser la question lui-même sur un forum. »

Avant notre entretien, Matthieu Lamarre prend le temps de répondre à tous les autres journalistes présents, qui le questionnent sur le lancement du site internet. Il dit ne pas vouloir « faire de la politique un métier ». Au parti du centre, il a trouvé son juste milieu. « C’est un poste de conviction. Je me rends et me sens utile ». En quelque sorte, Lamarre est un « salarié militant ». Il parle souvent de « second tour » pour François Bayrou, convaincu que son candidat y arrivera. Preuve de son militantisme, il n’hésite pas à signaler que pour le site bayrou.fr, « les deux prestataires sont basés en France, avec une technologie française ». Produire en France, thème de campagne bayrouiste, jusqu’aux fondements du web.

Thibaut Geffrotin

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Le Parti Socialiste peine à exister à Boulogne-Billancourt

Une partie de l'équipe PS de BB de Pierre Gaborit à Jean-Michel. Crédits : Le Cercle de l'Info

Au marché Escudier de Boulogne-Billancourt, la candidate socialiste aux législatives, Martine Even, et son suppléant, Vincent Guibert, tentent de se faire entendre auprès des habitants. La tâche est rude : le dimanche matin est aussi le terrain de chasse de l’UMP Thierry Solère, actuellement en guerre ouverte contre le parachutage de Claude Guéant.

Le panneau de signalisation municipal affiche -3°C. Il est 10h30 : les socialistes viennent d’arriver au marché Escudier de Boulogne-Billancourt. Sophie, habitante, interpelle Martine Even, la candidate PS aux législatives : « Vous allez les battre quand même ! Qu’est-ce qu’il a fait ici Thierry Solère (ndlr : le candidat dissident de l’UMP)? Les rues sont d’une saleté repoussante ! »

Et voilà justement l’élu de droite qui débarque, interrompant la conversation, et qui embrasse sa collègue du conseil municipal Martine Even. « La question du quotient familial me dérange. Ça mériterait plus d’explications », conclut Sophie. L’élue socialiste s’éloigne avec elle pour expliquer la position de François Hollande.

Une militante : « Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy »

Les militants qui accompagnent la candidate socialiste espèrent la voir gagner en juin prochain. Xavier Duplat, secrétaire de la section de la ville, renvoie dos à dos Thierry Solère et Claude Guéant, qui compte se parachuter à Boulogne : « Ce sont juste des ambitions qui se confrontent. Ils voteraient les mêmes lois s’ils étaient élus tous les deux. »

Chloé Jaillard, qui a remporté 38% des voix aux dernières cantonales face à Thierry Solère, est confiante : « On est bien accueillis. Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy. Les quartiers qui votent à droite et au centre se sont déplacés pour les primaires. Il y a une vraie dynamique ».

Martine Even briefant une militante. Crédits : Le Cercle de l'Info

Une habitante : « Solère n’a rien fait pour la ville, mais c’est mon copain »

Les résidents du quartier ne s’arrêtent pas ou peu. « Ils ne sont pas hostiles, mais c’est plus facile à Billancourt », explique la candidate Martine Even. Il ne faut pas désesperer Billancourt donc, mais à Boulogne-Centre, les militants socialistes sont pourtant pris à partie.

L’un d’eux vient se confier à Martine Even et à son suppléant Vincent Guibert : « Il y en a un qui a pris le petit livre et il l’a jeté par terre. Puis, il m’a dit « Ramassez-le, c’est votre boulot! ». Un autre habitant, lunettes rondes sur le nez, gronde une militante : « Avec Hollande, ce sera la ruine! »

Une quinquagénaire en manteau de fourrure illustre, elle, la contradiction de certains : « Il n’a rien fait pour la ville, mais Solère est mon copain, je voterai pour lui au 1er tour. » « Aux présidentielles, oui à François, aux législatives, oui à Thierry! », comme elle le résume.

Solère : « les Boulonnais sont majoritairement de droite »

Croisé également, l’ex-maire Pierre-Mathieu Duhamel ne veut pas prendre position pour l’un ou l’une des candidats : « On est sur le marché. J’aime ce spectacle de la démocratie vivante. » L’homme refuse en effet d’être pris en photo avec Thierry Solère ou Martine Even.

Mais Thierry Solère ne craint pas une victoire de la gauche : « Les Boulonnais sont majoritairement de droite. » Preuve à l’appui : le vice-président du Conseil général du 92 sort son iPhone, et lit un mail de Régis B : « ma mère de gauche va voter pour vous ».

César Armand

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Lire aussi :
Lettre de Guéant : la candidate PS dénonce « une grosse maladresse » 
Interview d’Antoine de Jerphanion, proche de Thierry Solère, candidat à l’investiture UMP à Boulogne-Billancourt 

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Les éditions de l’Epure, indépendantes et hardies

Les éditions de l'Epure ont encore de belles années devant elles. Crédts : Lieu-commun.fr

Les éditions de l’Epure ont vingt ans. La petite maison d’édition reste fidèle à sa ligne éditoriale : de la cuisine, du graphisme, de l’insolite, beaucoup d’humour. Grâce à la ténacité de Sabine Bucquet-Grenet, sa fondatrice, les livres de cuisine deviennent des ouvrages.

Connaissez-vous dix façons de cuisiner … la badiane, l’araignée de mer, le Coca-Cola ? les épluchures, le thé matcha, le sang ? Les éditions de l’Epure ont fêté leurs vingt ans en septembre dernier, et leur collection « Dix façons de préparer… » compte désormais deux-cent soixante numéros. Mais Sabine Bucquet-Grenet, fondatrice et chargée de la direction littéraire et artistique des éditions de l’Epure, n’est pas très en forme ce matin.

Elle ne trouve pas le téléphone sonnant avec insistance sur sa base. Les bureaux de la maison d’édition, spécialisée en cuisine, ne sont pourtant pas grands. Deux pièces encombrées de livres et de manuscrits, dans une petite boutique rouge pimpant du 14e arrondissement de Paris. D’habitude, elles sont trois à se partager ce petit espace, à relire les manuscrits, assurer le suivi de fabrication.

« Contrairement aux grandes maisons d’édition, où les postes sont très déterminés, à l’Epure, les éditrices sont chacune leur tour coursière, maquettiste, chargée du contenu éditorial… », détaille Sabine. Mais ce jour-là, vacances de Noël obligent, elle est seule. Et contrairement aux grosses maisons, la période des fêtes est une période d’activité intense pour les éditions indépendantes.

Une journée à l’Epure

La journée commence tôt à l’Epure, à 8h, avec la consultation des mails, et les réponses aux propositions de manuscrits. Sabine s’agace des sollicitations incongrues d’auteurs n’ayant visiblement pas pris la peine de se renseigner sur la production de la maison d’édition : « Les gens font n’importe quoi. C’est une vraie perte de temps. » Car si les éditions de l’Epure sont spécialisés dans la gastronomie, leurs ouvrages vont bien plus loin que le simple livre de cuisine, avec une tendance à la littérature, et une mise en avant du graphisme et de l’humour.

Ce sont de « beaux objets », sur des sujets décalés, à l’image de la collection « Dix façons de préparer… », dont les livres sont façonnés à l’ancienne, avec piqûre de cahier d’écolier. « Ces ouvrages sont le reflet de la personnalité des auteurs, en plus de l’aspect esthétique. Il y a des architectes, des historiens, un médecin… Des gens qui ont une vraie passion pour un produit et qui ont envie de la faire partager  », explique Sabine.

Une boutique-bureau très fréquentée

Les clients toquent à la porte vitrée, attirés par les petits livres colorés qui trônent dans la vitrine illuminée. Ils entrent dans la boutique-bureau, saisissent un des petits livrets, en enfleurent le papier ingre, vergé ou vélin. Sabine a souhaité, quand elle a découvert, il y a six ans, la boutique de la rue de la sablière, renouer avec la tradition de l’éditeur-libraire. « Nous pouvons ainsi proposer la totalité de notre catalogue et avoir un contact direct avec les lecteurs. Ce n’est pas facile à mettre en place. Il s’agit aussi de nos bureaux, et il faut accepter d’être dérangé.»

Une avocate, dont le cabinet est à 50 mètres dans la rue, s’enthousiasme : « Je passe devant la boutique tous les jours, je n’avais jamais eu l’idée de m’arrêter. Au bout de six ans, il était temps. »

Léa Bastie

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Pour plus d’infos sur les Editions de l’Epure, cliquez ici.

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Électricité : le circuit français à court de jus

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La France perd son indépendance énergétique, en période de grand froid. Crédits photo : © Reuters.

Mardi soir, à 19h, la France a atteint un record de consommation électrique. Pour répondre à ce pic historique, le nucléaire ne suffit pas. La France a même recours a des importations d’électricité de ses voisins européens.

Près de 100 500 Mégawattheures consommés mardi soir à 19h : un taux record d’électricité que la France ne peut produire. Selon le Réseau de transport d’électricité (RTE), la France a dû importer 7 350 MW au plus fort de la demande, soit plus de 7 % de la consommation.  Pas de « black-out » mais un surcoût indéniable de l’électricité. Le pays possède pourtant le premier parc nucléaire d’Europe.

Consommation. Mardi, la Bretagne, le Var et les Alpes-Maritimes étaient en alerte orange Écowatt. Le réseau électrique reste fragile : certaines régions risquent des coupures d’électricité en cas de prolongation de la période de froid. Aujourd’hui, plus de 30% du chauffage domestique français est produit par l’électricité. L’augmentation du nombre de ménage et de l’équipement électronique de chaque foyer accroissent la demande en électricité. Un degré en moins et c’est 2.300 MWh utilisés en plus, environ le double de la consommation d’une ville comme Marseille. En début de semaine, le président d’EDF, Henri Proglio, appelait les habitants à faire preuve de plus de « civisme » et à poursuivre leurs efforts pour réduire leur consommation électrique. Mais par -10°C dehors, difficile de se passer de chauffage.

Nucléaire. Mardi soir, 55 des 58 réacteurs nucléaires étaient en marche, 3 étaient en maintenance. A 19h, le nucléaire français a produit 63% de l’électricité consommée. Mais les centrales ne suffisent pas. L’hydraulique, l’éolien et même le charbon sont mobilisés : des méthodes ancestrales qui ne pèsent pas assez lourd dans la production française. Une solution : importer. Premier pays source de la France ? Le Royaume-Uni, devant l’Allemagne et l’Italie, des pays qui utilisent moins le chauffage électrique que la France et lui préfèrent le gaz.

Surcoût. A 19h mardi, importer un MW du Royaume-Uni a coûté environ 342€ à EDF. L’électricité importée engendre un surcoût : le prix du MW est déterminé heure par heure par l’Epex Spot, la bourse européenne de l’électricité. Plus la demande est forte, plus c’est cher. La France produit une électricité à 42€ le MWh. Depuis fin janvier, le prix moyen du MWh a augmenté de 48%. Un surcoût financé par EDF : les investisseurs craignent une dégradation des marges de l’entreprise.

Le président de la République Nicolas Sarkozy s’est rendu, jeudi, à la centrale de Fessenheim. Il y a défendu, une nouvelle fois, le parti-pris français du nucléaire. Le 25 novembre, à Pierrelatte, le chef de l’État avait vanté « l’indépendance énergétique de la France. »

Apolline Bouchery

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Renault à Tanger : « une stratégie bas de gamme » selon Pierre Lellouche

Montage Ratgemini.wordpress.com/Premiere.fr

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a débattu, hier, avec Arnaud Montebourg dans les locaux de L’Expansion sur le protectionnisme et la démondialisation. Les deux hommes se sont trouvé des points de convergence, même si Pierre Lellouche n’a pu s’empêcher d’attaquer son adversaire socialiste.

« On marche sur la tête! », s’exclame Pierre Lellouche, lorsque la journaliste rappelle l’inauguration, aujourd’hui, d’un site de production Renault à Tanger, au Maroc. « Mais c’est vous l’Etat l’actionnaire de ce bazar ! C’est dingue ! », réplique Arnaud Montebourg, sous les applaudissements du public de L’Expansion et de l’Institut de l’Entreprise.

« Cette stratégie de Renault est bas de gamme », confirme le secrétaire d’Etat au commerce extérieur. « La mondialisation mène à l’impasse, elle sous-rémunère le facteur travail. Il faut faire une politique industrielle », plaide le troisième homme de la primaire PS. Plus tôt dans la matinée, Pierre Lellouche lui donnait raison : « Nos problèmes de compétitivité ne sont pas dus à la Chine ou à l’Inde. L’enfer c’est nous-mêmes. La dernière politique industrielle c’était sous de Gaulle et Pompidou. »

Montebourg : « Madame Le Pen veut casser l’Europe »

Chassez le naturel, il revient au galop. Le secrétaire d’Etat accuse Arnaud Montebourg de « revenir aux années 30 » en utilisant le terme « ploutocratie » pour qualifier le système actuel. « Changez de logiciel. Regardez le monde tel qu’il est! », exhorte Pierre Lellouche. « Ces caricatures qui nous font passer pour des fous, je n’en veux pas. Ayons l’intelligence de réfléchir collectivement », répond le président du Conseil général de Saône-et-Loire.

« L’Union Européenne était une union douanière. Elle aurait dû le rester. C’est comme si vous coupiez une jambe et un bras », s’époumone Arnaud Montebourg. « Montebourg, Mélenchon et Le Pen disent la même chose » s’agace Pierre Lellouche. « Ce n’est pas vrai ! Madame Le Pen veut casser l’Europe », le coupe le député. « Travaillons avec la réalité. Arrêtons de nous raconter une histoire. Ca suffit! ». Deux derniers mots également utilisés par François Hollande, mardi soir, pour couper court à la riposte de l’UMP à la suite de la question à l’Assemblée de Serge Letchimy…

César Armand

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