Archives Mensuelles: décembre 2011

Joyeuse année 2012 !

Merci à tous pour avoir contribué à la réussite du Cercle et bienvenue d’avance à tous ceux qui nous rejoindrons en 2012. Déjà, de nouveaux articles n’attendent qu’à être publiés ! Alors à demain pour de nouvelles aventures !

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Joyeux Noël !

Les membres du Cercle de l’Info vous souhaite un très Joyeux Noël ! Nous prenons quelques jours de vacances mais nous serons de retour dès le 31 décembre !

A très bientôt

Les secrets d’un Noël économe

Le compte à rebours de Noël a commencé. La course aux cadeaux aussi. Un pull pour le petit frère, un jouet pour la filleule…  Oui, mais à quels prix ?

Difficile de faire des économies quand on s’y prend à la dernière minute. Nous avons testé une bourse aux jouets organisée par l’association Solidarité Roquette (11ème arrondissement de Paris) et Bambin-Troc, un dépôt-vente spécialisé dans les objets de puériculture, dans le 15ème arrondissement de Paris. Qu’on se le dise, le Père Noël low-cost existe.

Un Noël économe, la vidéo ici !

Anne-Sophie Warmont, Baptistine Philippon

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Le Mécénat d’entreprise, indispensable ressort financier pour les festivals

Le festival de Ramatuelle est l'un de ceux en France qui recourt le plus au mécénat d'entreprise. Crédits : uneassociationparjour

Chaque année, 1800 festivals sont produits en France. Pour éviter des prix de billets trop onéreux et pallier les difficultés de l’Etat à financer de plus en plus de projets culturels, les organisateurs peuvent compter sur un mécénat d’entreprise en plein essor. 

« Si on n’avait pas les entreprises, on ne pourrait pas faire tourner le festival ». Jacqueline Franjou, présidente du festival de Ramatuelle, ponctue chacune de ses interventions publiques par des remerciements à ses entreprises mécènes. Tous les ans, elle les sollicite pour financer près de la moitié du budget de son festival de variétés qui a lieu au mois d’août dans le petit village varois de Ramatuelle, terre d’adoption de l’acteur Gérard Philipe (1922-1959). Depuis 1985 une dizaine de milliers de spectateurs viennent applaudir les musiciens, comédiens et humoristes qui se succèdent chaque soir pendant quinze jours sur la scène du théâtre de Ramatuelle.  Barbara, Charles Trenet, Raymond Devos, Line Renaud, le mime Marceau, Jean Rochefort, Danielle Darrieux, Muriel Robin…en près d’une trentaine d’années  le festival s’est offert une belle brochette d’artistes.

De quoi attirer nombre d’entreprises plutôt enthousiastes pour ajouter leurs logos sur les affiches et brochures promotionnelles. Outre des possibles retombés économiques, le mécénat offre des avantages non négligeables en termes de « réputation, d’image de marque et d’attractivité » selon l’Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial (ADMICAL). Surtout quand il s’agit d’évènements culturels de prestige, susceptibles d’être relayés dans les médias et d’attirer un large public. Ainsi les festivals les plus importants séduisent particulièrement les entreprises, qui peuvent contribuer jusqu’à 50% du budget. Le reste se répartissant entre les fonds apportés par la billetterie et les subventions publiques, chacun représentant environ 25% du budget total.

Jacqueline Franjou, n’a pas attendu que le festival prenne de l’ampleur pour faire appel à elles. Elle-même femme d’entreprise (actuellement vice-présidente du Womens Forum, elle a été, entre autres, directrice à la compagnie maritime SNCM, déléguée générale du groupe de résidences de tourisme MAEVA et conseillère au ministère de l’Industrie), elle a dès le début voulu construire un projet culturel reposant en grande partie sur leurs dons financiers. Les subventions publiques représentent ainsi une faible part dans le budget total – à peine 10 %. « Nous demandons peu de subventions pour éviter d’avoir un commissaire aux comptes, ce qui entraînerait des frais supplémentaires. » explique-t-elle. Les entreprises sont donc sollicitées pour soutenir la moitié du budget du festival de Ramatuelle, la billetterie assurant jusqu’à 45% des apports financiers.

Relais

Michel Boujenah, le président du festival, ne serait pas contre une participation plus active du ministère de la culture, notamment pour faire baisser le prix des billets. « A 50-55 euros par spectateurs, on dit que Ramatuelle est trop cher, mais si le ministère nous donnait un million d’euros, je mettrai les places gratuites », dit-il, mi-moqueur, mi-sérieux.

L’Etat est pourtant présent pour financer la culture. Mais face aux difficultés budgétaires et au nombre de projets culturels en besoin de financement, il compte sur les entreprises pour prendre le relais. Depuis une dizaine d’années, l’Etat les encourage dans ce sens. Une loi votée le 1e août 2003 leur offre des dispositions fiscales avantageuses. En 2005, c’est une charte qui est votée entre le ministre de la culture et le président de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie pour développer le mécénat de proximité dans les régions. D’une durée de trois ans, elle a été renouvelée en 2010.

Le mécénat d’entreprise a dès lors connu un rapide développement. Et aussi bien pour la culture que pour l’environnement, la solidarité, l’éducation, le sport… Depuis 2005, ADMICAL publie tous les deux ans, en collaboration avec le CSA, une enquête sur le mécénat d’entreprise. Selon cette enquête, 43% des entreprises de plus de 200 salariées pratiquent le mécénat en 2010, contre 28% en 2008 et 18% en 2005. Le montant total des aides financières consacrées au mécénat a doublé, passant d’un milliard en 2005 à deux milliards d’euros en 2010. Autrefois l’apanage des grandes entreprises, il figure maintenant dans les politiques budgétaires des PME et TPE. En 2010, 85% des entreprises mécènes sont des PME, qui représentent en outre 90% de la population totale des entreprises.

Cet essor n’en est qu’à ses débuts. Pour les festivals, les entreprises seront de plus en plus sollicitées. Selon les travaux du Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz (CNV), la nette augmentation des charges techniques et artistiques, liée à la « professionnalisation des équipes des festivals au cours des dernières années et à l’accentuation des contraintes dû au respect de la législation et des règles de sécurité », pèsera de plus en plus sur les budgets.

Elodie Corvée

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Ce que danser veut dire

Comme disait Nietzche : "Je ne pourrais croire qu'à un Dieu qui saurait danser." Crédits : Centre Pompidou

L’exposition « Danser sa vie » au Centre Georges Pompidou réunit jusqu’au 2 avril 2012 une profusion d’œuvres – photographies, performances, peintures, vidéos, sculptures… et même un robot – qui questionnent les limites de la danse, plus que ses liens avec l’art contemporain.

Un panneau à l’entrée de l’exposition avertit le jeune public du « caractère sexuellement explicite »  de certaines performances. Gare aux corps en mouvement, ils produisent de l’inattendu. Car c’est bien d’exaltation, de frénésie du corps dont il est question.

Dès les premières salles, des corps se déploient, libres et fous. Isadora Duncan, Vaslav Nijinski, aux mouvements capturés par la caméra, renvoient les peintres, les photographes, à l’impossibilité de représenter le corps dansant. L’exposition entend questionner les rapports entre art et danse au cours du XXe siècle. Elle donne surtout à voir la proximité qu’il y a de la danse libre à la ferveur sensuelle, une fois abandonnés les canons et les carcans de la danse classique. Au risque de choquer et de perdre le visiteur.

Grande richesse de l’exposition

Car les nombreuses installations vidéos de l’exposition explorent tous les degrés de cette ferveur, où « Le Sacre du Printemps », de Pina Bausch, « accessible » encore au public, fait figure de bon élève . Au moins, là, il y a une scène. Et des danseurs. Le danois Olafur Eliasson choisit, lui, de faire du monde une scène, et du rythme du monde le rythme des corps dansant. Plus de scène, plus de musique… Et bientôt plus de danseur, puisque le premier « robot danseur » est lui aussi de l’exposition.

De la mécanisation du corps à son exaltation sensuelle poussée à l’extrême, il n’y a qu’une salle. Les repères entre danse et performance achèvent de se brouiller devant la vidéo du corps nu de Lisbeth Gruwez, mise en scène comme « guerrière de la beauté » par le plasticien Jan Fabre dans la célèbre performance « Quando l’uomo principale es una dona ». Choc esthétique ou négation de la danse ? Une visiteuse, pratiquant la « danse duncanienne », trouve que « plus on avance dans l’exposition, plus la danse disparaît ».

La très grande richesse de l’exposition ne suffit pas à convaincre ceux que la danse ne touche pas, ni à contenter ceux que l’exploration de cette limite met mal-à-l’aise. Elle ravira les autres. Car comme le dit une autre visiteuse, « cela a l’âme que tu veux bien y mettre ».

Léa Bastie

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Le théâtre québécois débarque à Paris

Le drame de Michel Tremblay, A toi pour toujours, ta Marie-Lou, est à découvrir à La Folie Théâtre. Crédits : Etienne de Giovanni

La pièce du célèbre auteur québécois Michel Tremblay, A toi pour toujours, ta Marie-Lou, est jouée pour la première en France à Paris. Portés par un texte fort et cruel, les acteurs proposent une version sobre et poignante. A offrir, à s’offrir, ou à se faire offrir jusqu’au 8 janvier.

Au commencement, il y a Léopold, le rustre acharné de travail. Ses idéaux déchus, il cède à l’alcoolisme. Il y a Marie-Louise, la femme au foyer, qui ne vit que dans l’espoir de s’affranchir un jour de sa situation. Entre eux, de la haine, de la rancœur, des regrets et beaucoup de solitude.

Et puis, il y a leurs filles. D’abord Manon, la fanatique qui prend la religion comme expiateur de sa douleur. Et puis Carmen, la chanteuse de country un peu vulgaire, celle qui s’en est sortie. Entre elles, de la douleur, des silences, et beaucoup de solitude à nouveau.

Autour des quatre membres de cette même famille, s’agite alors une logorrhée cruelle. Les dialogues de Michel Tremblay font se croiser deux conversations, dans deux temporalités différentes. Alors que Léopold et Marie-Louise revivent leur dernier jour sur terre, Manon et Carmen, elles, font le bilan dix ans après la mort de leurs parents. Dans un jeu de ping-pong, les phrases des unes trouvent écho dans les silences des autres. Le résultat donne force à un texte violent, qui isole chacun des personnages face à sa propre déchéance.

Pour BilletReduc, la pièce de Michel Tremblay est un véritable « Balzac du XXe siècle » (Copyright : Etienne de Giovanni)

Beauté et décadence

Cette pièce écrite en seulement deux semaines par l’auteur québécois Michel Tremblay en 1970, dépeint toute la misère humaine de manière crue et directe. La mise en scène proposée par Christian Bordeleau préserve la beauté des dialogues par sa simplicité. Deux tables, trois chaises et un fauteuil suffisent à recréer cette cellule familiale pesante et dérangeante.

Marie Mainchin (Manon) et Sophie Parel (Carmen) offrent un jeu juste dans les intonations et les expressions du pays. Se déploie entre elles un dialogue de sourd fraternel complexe. Yves Collignon (Léopold) est lui aussi très crédible dans le rôle du patriarche qui cherche à se faire aimer. Mention spéciale à Cécile Magnet (Marie-Louise) qui parvient à dessiner un trait d’union entre les personnages par un jeu d’une dureté insolente.

Un moment d’une belle intensité magnifié par un texte parfois dur à digérer.

A faire découvrir à un public averti.

Marine Deperne

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Scorsese, horloger du 7ème art

Le cinéaste américain rompt complètement avec ses précédents films et renoue avec le cinéma d'antan. Crédits : Allociné.fr

Avec Hugo Cabret, son dernier film, le cinéaste Martin Scorsese invite les spectateurs dans un voyage au coeur du cinéma et de l’homme. Un film puissant et tout public qui vous clouera à vos fauteuils. A voir – pour une fois – en 3D.

« Si un jour tu te demandes où sont fabriqués les rêves, chuchote Georges Méliès, c’est ici ».
Derrière ce barbu déguisé en homard, une sirène à l’épaisse chevelure scintille et un dragon de bois crache des étincelles. Des mélomanes perdent leurs têtes, des squelettes disparaissent dans une épaisse fumée et une lune reçoit une fusée en plein œil. Nous sommes à Paris, aux balbutiements du cinéma. En ce début du XXe siècle, les spectateurs hurlent d’effroi en voyant sur l’écran un train arriver en gare. Les réalisateurs sont alors des bricoleurs, des horlogers bidouillant un art nouveau. Mais après la première guerre mondiale, Méliès, génie du cinéma, ne parvient plus séduire son public, traumatisé par les images cauchemardesques des tranchées. Fou de désespoir, le magicien brûle ses décors, anéantit ses bobines et tombe dans la dépression. Une tristesse dans laquelle refuse de le voir sombrer Brian Selznick, auteur du livre L’invention d’Hugo Cabret (2007), et dont Martin Scorsese nous livre son adaptation.

Hugo Cabret est plus qu’un conte de Noël sauce Hollywoodisney. C’est une ode au cinéma, aux mains dans le cambouis et à la tête dans les étoiles. L’histoire d’un petit homme, tout juste orphelin, qui vit dans une gare où se croisent des gardes estropiés, des vieux amoureux canins, une jolie fleuriste et une passionnée de romanesque. Un garçon qui veut réparer un automate et qui, avec l’aide d’une clé en cœur, réparera un vieillard blessé par la déception. Pas de larmes inutiles, pas de fausses notes : aucune émotion n’est de trop, un peu comme « une pièce dans une machine » dirait Hugo en fixant la caméra de ses yeux ciel. Un film pudique et magique sur la quête de soi, l’évasion artistique et la persévérance, qui fera remonter en vous l’envie d’imaginer et de créer.

Mais la plus grande réussite de Scorsese, c’est la réalisation d’une extraordinaire machine à voyager dans le temps. Des vieilles images du pionnier des trucages sont transposées en 3D, une technique qui prend -enfin- tout son sens. Elle fera tomber des flocons de neige sur le bout de votre nez, surgir des trains fous et pleurer des lunes blessées au-dessus de vos têtes. Méliès avait le goût des décors en relief; d’un coup de baguette, Scorsese les fait renaître de leurs cendres et sortir des écrans. Deux époques, deux passionnés, rassemblés en un seul film au nom du septième art. Alors, ne vous fiez pas à l’affiche et à la bande-annonce très commerciales, plongez dans un voyage à couper le souffle en plein coeur du cinéma et rêvez.

Julie Reynié

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Notre-Dame-de-Paris : une dernière pour la route

Les talents des années 1990 reviennent en stars. Crédits : brunopl6.jalbum.net

C’était un concert sur le qui-vive, longtemps évoqué, discuté, repoussé. Pourtant, ils l’ont fait. La comédie musicale Notre-Dame-De-Paris a retrouvé les berges de Seine lors de trois concerts au Palais Omnisports de Paris-Bercy les 16, 17 et 18 décembre derniers.

Quasimodo lui a sonné les cloches de Notre-Dame. Gringoire lui a déclamé ses poèmes. Clopin en a fait sa reine. Frollo en a perdu la raison. Phoebus en a délaissé sa Fleur-de-Lys. Pas de doute, c’était bien Esmeralda qui rôdait dans les coursives de Bercy ce week-end.

Lors de trois représentations uniques, le casting original s’est retrouvé autour d’un concert hommage reprenant les titres phares de la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris. Des retrouvailles d’autant plus belles qu’elles étaient sublimées par les instruments de l’orchestre symphonique qui les accompagnaient.

Treize ans plus tôt, Luc Plamondon et Richard Cocciante avaient remis au goût du jour un genre quelque peu désuet en s’inspirant de l’ouvrage de Victor Hugo. Qui n’a pas gardé en mémoire la mélodie du tube « Belle » interprété par le trio Garou-Lavoie-Fiori ? Qui encore ne s’est pas essayé à l’envolée lyrique du « Temps des Cathédrales » ?

Mise en scène moderne et épurée sur fond de danse contemporaine, la comédie musicale avait touché des millions de spectateurs dans le monde entier. Quant aux chanteurs de la distribution française, ils ont presque tous connu le succès et poursuivi leur carrière en solo.

Défilé de stars

C’est Bruno Pelletier (Gringoire), qui ouvre le bal en nous proposant une version toujours aussi impressionnante vocalement du «  Temps des Cathédrales ». Luck Mervil (Clopin) vient ensuite faire revivre « les Sans-Papiers». Portés par ces deux voix exceptionnelles – et trop peu entendues en France -, le ton est donné. En l’espace de quelques minutes, on voit Patrick Fiori (Phoebus) et Julie Zenatti (Fleur-de-Lys) se conter fleurette suivi d’une Hélène Ségara (Esmeralda) chantant et dansant sur « Bohémienne ». La comédie musicale se redessine sous les yeux des connaisseurs. Peut-être avec un peu moins de facilité pour les curieux venus en néophytes.

Après la reprise triomphale de « Belle » par tout le public, Hélène Ségara signe un « Ave Maria Païen » émouvant. On regrettera que la chorale n’ait pas bénéficié d’une meilleure couverture sonore.

Le premier acte se termine sur le titre « Fatalité » (comme pour la version d’origine) après un peu plus d’une heure de spectacle. La salle retient son souffle. 20 minutes d’entracte.

The End

La seconde partie, plus noire, souffre davantage des raccourcis et du manque de transitions narratives. Un manque largement comblé par la montée en puissance dans l’interprétation de Daniel Lavoie (Frollo), extraordinaire en prêtre obsédé par la chair. Julie Zenatti, qui n’avait que 17 ans lorsqu’elle interprétait à l’époque « La monture », donne une dimension sensuelle à ce titre sur la jalousie et la luxure. Patrick Fiori, quant à lui, enchaîne en réponse les prouesses vocales sur « Je reviens vers toi ».

Technologie aidant, Bruno Pelletier offre un beau moment sur « Lune », tout comme Hélène Ségara sur « Vivre » devant une salle illuminée par les téléphones portables. La fin du second acte traîne un peu jusqu’au final où l’ensemble de la troupe remercie tous les protagonistes de l’aventure. D’une seule voix, le public reprend « Belle » devant des chanteurs devenus spectateurs. Standing ovation. Joli moment.

La salle profite de ces instants qui pourraient bien être les derniers. Les réunir tous sur scène n’aura pas été une mince affaire. Outre des emplois du temps chargés pour des chanteurs devenus célèbres, les sociétés productrices (V-Dest et Gilbert Coullier) ont eu du mal à obtenir l’accord de l’auteur de la comédie musicale Richard Cocciante. Ces trois dates semblent donc bien avoir sonné le glas pour Quasimodo et toute la bande. C’est peu dire qu’il y aura, pour tous les nostalgiques des années 90 qui espéraient une tournée, comme un goût de trop peu.

Marine Deperne

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Le charme de Coldplay opère toujours


Encore un carton plein pour le concert de Coldplay à Bercy dont les places se sont arrachées en à peine trente minute. Crédits : Christopher Ramoné

Nouvel album et nouvelle tournée pour le groupe britannique Coldplay qui était jeudi dernier à Bercy devant plus de dix mille spectateurs. Deux journalistes du Cercle de l’Info y étaient. Impressions et compte-rendu.

Se connecter dès 9 heures un vendredi de septembre sur un site de billetterie bien connu, attendre trois longs mois, faire le pied de grue devant Bercy dans le froid hivernal de décembre, puis dans la chaleur étouffante du Palais Omnisports, écouter l’inconnue Emeli Sandé assurer une première partie soul devant un public manquant de répondant… pour enfin se voir récompensés par les monstres sacrés de la pop anglaise et mondiale venus conquérir la scène parisienne et les cœurs des 17 000 spectateurs présents ce jeudi 14 décembre.

Bien que fans de la première heure au Cercle de l’Info, nous étions plutôt dans l’expectative. Le dernier album de Coldplay, intitulé Mylo Xyloto, n’a pas atteint le niveau de leurs précédents albums. Chris Martin avait pourtant annoncé un retour aux sources, à une forme de simplicité, après la pop surproduite, bien que véritablement réjouissante, de Viva la Vida. Raté. Mylo Xyloto use et abuse de rouages musicaux grand public, loin, bien loin de leurs poétiques refrains de Parachutes ou encore X & Y. Preuve en est la chanson Princess of China réalisée avec la reine de la vacuité musicale, Rihanna. Ainsi que les récents propos de Chris Martin au magazine musical britannique NME censés justifier leur tournant musical : « Je pense que Kayne West est en train de modifier notre façon d’écouter de la musique »

Mais à Bercy, Coldplay n’a pas déçu. Tout d’abord les chansons de leur nouvel album se révèlent être de parfaits petits bijoux scéniques et la cohabitation avec leurs anciens tubes, plus aboutis, tels que Yellow ou Fix You, se fait parfaitement. Ensuite, et surtout, Chris Martin et ses acolytes ont livré un spectacle à couper le souffle. Des énormes ballons de baudruche lâchés sur la fosse, des confettis de toutes les couleurs virevoltants au dessus du groupe et du public, des jeux de lumière au rythme des mélodies et des bracelets verts, roses, bleus, rouges ou blancs clignotant sur commande… le public est ressorti de Bercy avec des étoiles plein les yeux.


Alors certes Coldplay n’est plus ce qu’il était et semble se pervertir aux délices du marketing musical. Certes, d’aucuns n’approuvent cette nouvelle mue multi-colore façon Mika. Toujours est-il que Coldplay réussi encore plaire. Que ce soit un plaisir coupable ou assumé. Et des chansons telles que Paradise ou Charlie Brown, d’abord décevantes à la première écoute, prennent tout leur sens au contact du public et sous la fougue du groupe sur scène. Et c’est une fois rentré chez nous que nous ré-écoutons Mylo Xyloto sous un nouveau jour.

Elodie Corvée

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Chevènement à Dauphine : Papi fait de la résistance

Le candidat à l'élection présidentielle en plein échange avec la salle. Crédits : Dauphine Discussion Débat

L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a été reçu, mercredi 14 décembre, par l’association Dauphine Discussion Débat dans la salle Raymond Aron de l’université devant une centaine d’auditeurs. Une semaine après le débat avorté avec Marine Le Pen, les étudiants se sont fait mener en bateau par le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen qui n’a pas abordé les points essentiels de son programme électoral.

Dès l’introduction, le ton est donné : Marine Le Pen avait été invitée car selon la devise de l’université Paris Dauphine, « animus in consulendo liber », « l’esprit se rend libre dans la confrontation d’idées ». Pour Jean-Pierre Chevènement, la discussion s’annonce sans concession.

Après avoir fait remarquer son âge à l’invité, né en 1939, pour souligner la longévité de sa carrière, l’association Dauphine Discussion Débat intervertit les vidéos sur lesquelles elle veut faire réagir Jean-Pierre Chevènement. Puis les micros sifflent. « Qu’il s’agisse des vidéos ou des micros, vous avez encore des progrès à faire », ironise le candidat.

Interrogé sur l’appartement de 120 m2 qu’il louerait pour seulement 1 500 € dans le Ve arrondissement de Paris, il renvoie ses interlocuteurs dans leurs cordes : « Quand on se présente à la présidentielle, il faut être prêt à prendre tous les coups, y compris des ignominies », avant de mettre son honnêteté en avant en détaillant ses revenus et le coût réel de son loyer, depuis revalorisé par son bailleur à 1 900 € par mois.

En économie, Jean-Pierre Chevènement est contre la monnaie unique. Critique pour laquelle il revendique une « antériorité » parce qu’il était déjà contre le traité de Maastricht. Nouvelle référence à son âge. Il n’aborde que superficiellement son programme électoral qui ne semble pas encore arrêté et critique mollement les gouvernements de droite auxquels il souhaite succéder. Il souligne « le bilan attristant de 10 ans de gouvernement de droite ».

Au cours du débat, DDD ne parvient pas à faire dire au candidat le fond de sa pensée. Idem pour les auditeurs qui le questionnent à la fin de son intervention. Celui qui se décrit comme un « lion », l’emblème de Belfort dont il est le sénateur, manie si bien la langue de bois qu’il a le dernier mot, Jean-Pierre.

Claire Barrois

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