Notre-Dame-de-Paris : une dernière pour la route

Les talents des années 1990 reviennent en stars. Crédits : brunopl6.jalbum.net

C’était un concert sur le qui-vive, longtemps évoqué, discuté, repoussé. Pourtant, ils l’ont fait. La comédie musicale Notre-Dame-De-Paris a retrouvé les berges de Seine lors de trois concerts au Palais Omnisports de Paris-Bercy les 16, 17 et 18 décembre derniers.

Quasimodo lui a sonné les cloches de Notre-Dame. Gringoire lui a déclamé ses poèmes. Clopin en a fait sa reine. Frollo en a perdu la raison. Phoebus en a délaissé sa Fleur-de-Lys. Pas de doute, c’était bien Esmeralda qui rôdait dans les coursives de Bercy ce week-end.

Lors de trois représentations uniques, le casting original s’est retrouvé autour d’un concert hommage reprenant les titres phares de la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris. Des retrouvailles d’autant plus belles qu’elles étaient sublimées par les instruments de l’orchestre symphonique qui les accompagnaient.

Treize ans plus tôt, Luc Plamondon et Richard Cocciante avaient remis au goût du jour un genre quelque peu désuet en s’inspirant de l’ouvrage de Victor Hugo. Qui n’a pas gardé en mémoire la mélodie du tube « Belle » interprété par le trio Garou-Lavoie-Fiori ? Qui encore ne s’est pas essayé à l’envolée lyrique du « Temps des Cathédrales » ?

Mise en scène moderne et épurée sur fond de danse contemporaine, la comédie musicale avait touché des millions de spectateurs dans le monde entier. Quant aux chanteurs de la distribution française, ils ont presque tous connu le succès et poursuivi leur carrière en solo.

Défilé de stars

C’est Bruno Pelletier (Gringoire), qui ouvre le bal en nous proposant une version toujours aussi impressionnante vocalement du «  Temps des Cathédrales ». Luck Mervil (Clopin) vient ensuite faire revivre « les Sans-Papiers». Portés par ces deux voix exceptionnelles – et trop peu entendues en France -, le ton est donné. En l’espace de quelques minutes, on voit Patrick Fiori (Phoebus) et Julie Zenatti (Fleur-de-Lys) se conter fleurette suivi d’une Hélène Ségara (Esmeralda) chantant et dansant sur « Bohémienne ». La comédie musicale se redessine sous les yeux des connaisseurs. Peut-être avec un peu moins de facilité pour les curieux venus en néophytes.

Après la reprise triomphale de « Belle » par tout le public, Hélène Ségara signe un « Ave Maria Païen » émouvant. On regrettera que la chorale n’ait pas bénéficié d’une meilleure couverture sonore.

Le premier acte se termine sur le titre « Fatalité » (comme pour la version d’origine) après un peu plus d’une heure de spectacle. La salle retient son souffle. 20 minutes d’entracte.

The End

La seconde partie, plus noire, souffre davantage des raccourcis et du manque de transitions narratives. Un manque largement comblé par la montée en puissance dans l’interprétation de Daniel Lavoie (Frollo), extraordinaire en prêtre obsédé par la chair. Julie Zenatti, qui n’avait que 17 ans lorsqu’elle interprétait à l’époque « La monture », donne une dimension sensuelle à ce titre sur la jalousie et la luxure. Patrick Fiori, quant à lui, enchaîne en réponse les prouesses vocales sur « Je reviens vers toi ».

Technologie aidant, Bruno Pelletier offre un beau moment sur « Lune », tout comme Hélène Ségara sur « Vivre » devant une salle illuminée par les téléphones portables. La fin du second acte traîne un peu jusqu’au final où l’ensemble de la troupe remercie tous les protagonistes de l’aventure. D’une seule voix, le public reprend « Belle » devant des chanteurs devenus spectateurs. Standing ovation. Joli moment.

La salle profite de ces instants qui pourraient bien être les derniers. Les réunir tous sur scène n’aura pas été une mince affaire. Outre des emplois du temps chargés pour des chanteurs devenus célèbres, les sociétés productrices (V-Dest et Gilbert Coullier) ont eu du mal à obtenir l’accord de l’auteur de la comédie musicale Richard Cocciante. Ces trois dates semblent donc bien avoir sonné le glas pour Quasimodo et toute la bande. C’est peu dire qu’il y aura, pour tous les nostalgiques des années 90 qui espéraient une tournée, comme un goût de trop peu.

Marine Deperne

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