Le théâtre québécois débarque à Paris

Le drame de Michel Tremblay, A toi pour toujours, ta Marie-Lou, est à découvrir à La Folie Théâtre. Crédits : Etienne de Giovanni

La pièce du célèbre auteur québécois Michel Tremblay, A toi pour toujours, ta Marie-Lou, est jouée pour la première en France à Paris. Portés par un texte fort et cruel, les acteurs proposent une version sobre et poignante. A offrir, à s’offrir, ou à se faire offrir jusqu’au 8 janvier.

Au commencement, il y a Léopold, le rustre acharné de travail. Ses idéaux déchus, il cède à l’alcoolisme. Il y a Marie-Louise, la femme au foyer, qui ne vit que dans l’espoir de s’affranchir un jour de sa situation. Entre eux, de la haine, de la rancœur, des regrets et beaucoup de solitude.

Et puis, il y a leurs filles. D’abord Manon, la fanatique qui prend la religion comme expiateur de sa douleur. Et puis Carmen, la chanteuse de country un peu vulgaire, celle qui s’en est sortie. Entre elles, de la douleur, des silences, et beaucoup de solitude à nouveau.

Autour des quatre membres de cette même famille, s’agite alors une logorrhée cruelle. Les dialogues de Michel Tremblay font se croiser deux conversations, dans deux temporalités différentes. Alors que Léopold et Marie-Louise revivent leur dernier jour sur terre, Manon et Carmen, elles, font le bilan dix ans après la mort de leurs parents. Dans un jeu de ping-pong, les phrases des unes trouvent écho dans les silences des autres. Le résultat donne force à un texte violent, qui isole chacun des personnages face à sa propre déchéance.

Pour BilletReduc, la pièce de Michel Tremblay est un véritable « Balzac du XXe siècle » (Copyright : Etienne de Giovanni)

Beauté et décadence

Cette pièce écrite en seulement deux semaines par l’auteur québécois Michel Tremblay en 1970, dépeint toute la misère humaine de manière crue et directe. La mise en scène proposée par Christian Bordeleau préserve la beauté des dialogues par sa simplicité. Deux tables, trois chaises et un fauteuil suffisent à recréer cette cellule familiale pesante et dérangeante.

Marie Mainchin (Manon) et Sophie Parel (Carmen) offrent un jeu juste dans les intonations et les expressions du pays. Se déploie entre elles un dialogue de sourd fraternel complexe. Yves Collignon (Léopold) est lui aussi très crédible dans le rôle du patriarche qui cherche à se faire aimer. Mention spéciale à Cécile Magnet (Marie-Louise) qui parvient à dessiner un trait d’union entre les personnages par un jeu d’une dureté insolente.

Un moment d’une belle intensité magnifié par un texte parfois dur à digérer.

A faire découvrir à un public averti.

Marine Deperne

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