Archives Mensuelles: janvier 2012

Les addictions cachent parfois des envies suicidaires

Addictions et suicides, deux phénomènes qui touchent particulièrement les jeunes générations. Alors qu’ils étaient étudiés et traités sur deux plans différents, des récentes études ont démontré qu’addictions rimaient souvent avec risques suicidaires.

Les filles sont les plus touchées par les phénomènes d’addictions et les tentatives suicidaires. Crédits : Europe1

Le suicide est la deuxième cause de mortalité parmi les 15-24 ans après les accidents de la route. Le mal-être psychique, un mal fréquemment répandu parmi les jeunes, en particulier à l’adolescence, est généralement mis en avant pour expliquer et déceler les tendances suicidaires. Mais un autre facteur entre aussi en compte : les addictions.

Toxicomanies, alcoolisme, boulimie, jeu pathologique, conduites de risque, achats compulsifs, excès de dépense physique ou de travail… tout comportement de dépendance peut en effet être un signe avant coureur. La désinhibition qu’entraîne l’usage de produits tels que l’alcool ou le cannabis, particulièrement prisés par les jeunes, favoriserait même le passage à l’acte.

Prise en compte tardive

En 2008, la revue Addictions constatait que le rapport entre toxicomanie et suicide avait été encore très peu étudié en France. Françoise Facy, épidémiologue et vice-présidente de l’Union Nationale de la Prévention du Suicide, l’explique par le « tabou » qu’entoure depuis toujours le suicide. « Il a longtemps été condamné. On considérait que celui qui échappe à la vie fuyait ses obligations sociales. Cette condamnation existe encore aujourd’hui » déplore t-elle.

Mais depuis quelques années, les professionnels de santé mentale mènent des actions et des études pour comprendre les facteurs de risques. Les phénomènes d’addiction y ont pris place au même titre que les troubles psychiques.

Les troubles psychiques et compulsifs sont en fait indissociés les uns des autres. « Les Nord Américains appellent ça la co-morbidité« , explique François Façy. « Ce sont deux types de souffrance simultanées.« 

Des profils différents

« Les évènements de la vie, les parcours de chacun font qu’il n’y a pas de schéma unique, bien que les filles et les garçons se démarquent les uns des autres » ajoute Françoise Facy. Le suicide est un phénomène plutôt masculin, tandis que les filles, qui manifestent plus de comportements compulsifs, ne dépassent pas généralement la tentative. « Statistiquement, les risques de tentative de suicide précèdent les abus de drogues et d’alcool chez les filles, précise François Facy, alors que les risques de suicide sont consécutifs aux abus et dépendance aux produits pour les garçons« .

Mais « il est compliqué de déterminer l’antériorité d’un risque par rapport à l’autre« . On considérera plutôt « les successions chronologiques de risques » pour tenter de comprendre les raisons du suicide.

Seule certitude : « la nécessité que les professionnels de santé soient formés sur les phénomènes de co-morbidité » pour non seulement comprendre, mais aussi apporter des solutions thérapeutiques et préventives.

Elodie Corvée

A lire sur Bandes de Jeunes, le site des étudiants de M2 de journalisme de l’IFP

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Le Sarkoshow vu de l’UMP

Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer, son parti prépare le terrain. Crédits : U-m-p.org

Le Cercle de l’Info s’est invité, hier soir, à la soirée « live-twitter » des Jeunes Populaires au siège de l’UMP. Les jeunes du parti présidentiel avaient été conviés à réagir en direct sur Twitter à l’interview de Nicolas Sarkozy. Au menu : des pizzas, du rosé, des éclats de rire, des applaudissements, mais aussi des huées, et « l’interdiction de parler aux journalistes ».

Le rendez-vous est pris à 19h30. La salle de l’inter-étage est remplie à 20 %. Des jeunes BCBG d’environ 24 ans branchent leurs iPads et micro-ordinateurs sur les prises prévues à cet effet. Tout doit être prêt pour commencer à tweeter dès 20h10. Peu de femmes dans les travées. Aucune personne de couleur.

« Le hashtag c’est Sarkozy pas Sarkoshow », rappelle un trentenaire, barbe de trois jours et jean-baskets. Pour se connecter au wifi, il faut rejoindre le profil « presse ». Des militants avouent ne pas comprendre. Et le responsable de revenir : « Je vous rappelle que vous avez l’interdiction de parler aux journalistes ».

Les nouvelles têtes d’affiche du parti viennent alors serrer la main des e-volontaires. Les députés Valérie Rosso-Debord, Jérôme Chartier, Franck Riester et Sébastien Huygue sont là, comme le sénateur Roger Karoutchi. L’ancien syndicaliste Bruno Beschizza lance un général « Ca va les djeun’s ? ». Un petit tour et puis s’en va dans une autre salle.

Christian Jacob, le patron des députés UMP à l’Assemblée nationale, monte à la tribune : « Vous êtes chauds ? Ce que vous faites est formidable ! On a besoin de vous ! » Silence. « Les pizzas arrivent ! » Tonnerre d’applaudissements.

Ambiance studieuse

20h10 : le direct de l’Elysée commence. Les adhérents sont sérieux. Pas de bavardages. Les Pizza Hut et les bouteilles de rosé se passent de table en table. Une militante devant traîne sur Facebook. Le jeune qui twitte pour le compte « Jeunes UMP » va sur le site la-conjugaison.fr.

Nicolas Sarkozy tacle François Hollande sans le nommer : « Les Français n’aiment pas qu’on leur propose des rêves bon marché ». Et ses amis de s’exclamer derrière : « Et tac, bien envoyé ! » Le chef de l’Etat n’oublie pas Martine Aubry : « Les 35 heures sont tellement efficaces que personne ne les a oubliées ». La petite phrase fait rire aux éclats l’assistance.

Le journaliste Jean-Marc Sylvestre arrive, lui aussi, à faire sourire les militants. Son « roh bah » est repris en chœur par le public, la bouche en cœur. Les adhérents n’oublient pas non plus d’applaudir le Président lors de ses quelques moments d’humilité : « Le jour où vous pensez que tout est acquis, c’est là où vous perdez » et  » J’ai connu les ravages de l’arrogance ».

La réponse à Alain Madelin : « Je n’adhère pas aux thèses du libéralisme », provoque, en revanche, des huées du côté gauche de la salle. 21h17 : le logo UMP s’incruste sur les écrans. Le spectacle est terminé. Les équipes repartent chez elles, les mines ni défaites ni satisfaites.

César Armand

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A Paris, un seul centre de soins pour les jeunes

L’Espace Santé Jeunes Guy Môquet à Paris est le seul centre dédié aux jeunes et au traitement de leurs maux physiques. Tous les autres s’occupent exclusivement à leur bien être mental.

Le centre traite près de 900 nouveaux dossiers chaque année. Crédits : le Cercle de l'Info

« Avec l’Espace Santé Jeunes, je savais que je répondais à un besoin énorme », explique le Docteur Vernant. A savoir : apporter aux jeunes des services de soins et de traitements dans un centre qui leur est dédié.

Lorsqu’à la fin des années 1990 elle créé un centre de consultations sans rendez-vous à l’Hôtel Dieu, sur le modèle des PASS (permanences d’accès aux soins de santé), ces cellules de prise en charge médico-sociale pour les personnes démunies, elle se rend compte que peu de jeunes font partie de ses patients.

Elle se rend alors dans les collèges et les lycées pour se faire une idée de la santé des jeunes. Elle y consacre deux journées par semaine et examine près de 300 jeunes patients. Elle constate alors « l’état physique lamentable des jeunes ».

Elle soumet son rapport à l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) dans l’idée d’ouvrir son centre exclusivement aux jeunes. La direction de l’hôpital lui déconseille. « On m’a dit que je marchais sur les pieds de Mme Chirac. » L’ancienne première dame de France avait en effet pour projet de créer les Maisons des Adolescents, telle que l’actuelle Maison de Solenn. « Mais cela n’avait rien à voir ! » Alors que Bernadette Chirac se focalisait sur les troubles du comportement, Dinah Vernant désirait créer un centre dédié au traitement des maux purement physiques.

Un service unique

Un projet totalement inédit car les centres consacrés à la santé des jeunes n’offrent que des services d’accueil, d’écoute, d’information et d’orientation. « Nous avons conçu le service comme celui de la protection maternelle et infantile, où les enfants sont suivis médicalement jusqu’à l’âge de six ans. »

Crédits : le Cercle de l'Info

C’est en remportant des appels d’offre qu’elle a pu mettre en place l’Espace Santé Jeunes Guy Môquet. Tous ses patients lui sont adressés par les membres du réseau qu’elle a constitué au fil des années autour du centre : médecins, infirmières et aides scolaires, éducateurs, associations… En dix ans, le nombre de nouvelles consultations a été multiplié par dix, passant de 495 en 2001 à 4.946 en 2011. Chaque année, le centre enregistre plus de 900 nouvelles visites.

Dinah Vernant souhaiterait doter chaque département de ce type de structure. Mais elle n’y parvient pas. Selon elle, peu de médecins sont prêts à s’engager dans « ce type de médecine ».

La jeunesse étant l’un des sujets centraux de la campagne présidentielle, les candidats s’inspireraient bien de cette initiative. François Hollande est même nommément invité par Dinah Verant à venir à la rencontre des jeunes à l’Espace Guy Môquet.

Elodie Corvée

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Dernière note pour les petits labels

Dans l’industrie de la musique, il n’y a pas qu’Universal ou Sony. Il y a aussi tous ces labels indépendants qui ont bien du mal à faire le poids face à la crise du secteur.

Avec la disparition progressive des petits labels, c'est toute la diversité musicale qui est menacée. Crédits : next.liberation.fr

Il n’a jamais été facile pour les petits labels indépendants de se faire une place dans le monde impitoyable de l’industrie musicale. D’ailleurs, eux aussi sont touchés de plein fouet par la crise du disque. Le téléchargement illégal sur Internet et les sites de streaming ont inventé la gratuité de la musique. En conséquence, les labels n’arrivent plus à vendre et doivent se tourner vers la publicité et les produits dérivés pour tirer des sources de revenus suffisantes.

Les petites maisons de production ne disposent pas de ce genre de ressources et ont donc fait le choix de l’auto-financement. Label Bleu, Nocturne, Night and Day, Tripsichord… Tous ont dû mettre la clé sous la porte. La liste n’est pas exhaustive. Et ce ne sont pas les menaces d’Hadopi, souvent non suivies d’effet, qui permettront de colmater la brèche.

Producteurs de l’ombre

Voilà un an que le label de reggae Makasound a fermé ses portes. Il n’a jamais pu, depuis, reprendre le chemin des studios. Son co-fondateur, Romain Germa, avait exprimé sa colère et son désarroi dans une tribune publiée dans le journal Libération. Intitulée « Deezer, Spotify, Youtube et les autres m’ont tué », elle nous rappelle la triste réalité de ces labels qui meurent dans l’indifférence. Il explique : « Cela n’a jamais été facile pour nous. D’une manière générale, la plupart sont en situation de survie. Certains travaillent à côté.»

Le mythe des producteurs pleins aux as correspond plus à un fantasme qu’à la réalité de l’industrie musicale. Ces stars de la production musicale tels que Pascal Nègre appartiennent à une industrie qui ne produit que 5% de la création musicale. Dans l’ombre, il y a tous ces petits producteurs passionnés qui font des paris sur l’avenir.

L’aventure Makasound aura duré neuf ans. Romain Germa et son acolyte Nicolas Maslowski s’occupaient principalement de la vente et de l’exploitation des disques. Mais chaque année, « les ventes baissaient systématiquement ». Découvreur de talents, Makasound avait réussi à s’appuyer sur une poignée d’artistes bankables, tels que le groupe Java ou le chanteur Burkinabé Victor Demé. L’année 2010, moins prolifique, leur a été fatale.

« Après, même s’ils ont du succès, cela ne se transforme plus financièrement pour nous et pour les artistes car la musique est gratuite. On peut toujours se battre… », déplore Romain Germa. Du côté des artistes, la situation n’est pas plus réjouissante : « On cherche des solutions pour eux mais certains projets ne pourront pas sortir », regrette le producteur. Quant à Hadopi, il avoue ne pas savoir si cela sera un outil efficace pour lutter contre le téléchargement illégal : « Hadopi aurait dû être mis en place bien avant. Cela fait dix ans que nous subissons cette situation. »

Elodie Corvée

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Debout dans la campagne de Nicolas Dupont-Aignan

Olivia Sanchez à gauche de son maître à penser Nicolas Dupont-Aignan (copyright : DR)

Nicolas Dupont-Aignan et à sa gauche Olivia Giorgio. DR.

Depuis que Nicolas Dupont-Aignan, chef du parti Debout la République, se présente aux élections présidentielles, Olivia Giorgio, jeune militante, met sa vie privée de côté pour servir son parti.

Dans les couloirs dorés du théâtre du Gymnase à Paris, elle court, monte les marches quatre à quatre du haut de ses talons, distribue conseils et sourires, prend un jeune homme par la main, en salue un autre, et disparaît dans les loges. Olivia Giorgio, militante de 23 ans, s’est engagée corps et âme dans la campagne de Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l’élection présidentielle de 2012 et chef du parti Debout la République. Dimanche 22 janvier 2012, elle assiste au lancement de sa campagne.

Derrière sa frange brune, ses yeux bleus sont perçants. « Je n’ai plus de vie privée, s’esclaffe-t-elle. Je n’ai plus le temps de sortir avec mes amis. » Son rythme de vie est intense depuis qu’elle est vice-présidente en charge de l’événementiel et de la communication de Debout les jeunes, la branche jeune de Debout la République.

« Ce qui me plaît dans cette campagne, c’est de vivre à trois mille kilomètres heure. J’adore cette adrénaline » avoue-t-elle. Pendant trois mois, elle a appelé les maires de France pour récolter les 500 signatures qui permettront à Nicolas Dupont-Aignan d’être candidat à l’élection présidentielle.

Pour le lancement de campagne, Olivia a travaillé son discours jusqu’à cinq heures du matin. « A 10 heures, pour préparer le meeting, j’étais fatiguée et à cran. C’est une pression énorme. Mais je ne pouvais pas me permettre de le montrer » raconte-t-elle.

Participer à cette campagne est un vrai plaisir. Tout sourire, elle explique que son équipe est formidable, que les militants sont « tous sur la même longueur d’onde », que la sincérité est la première qualité de Debout la République. Les militants se soutiennent les uns les autres. Tous sont très sympathiques.

Elle a choisi Debout la République pour son côté humain. « Nicolas Dupont-Aignan ne veut pas laisser les Français dépérir et le chômage augmenter, contrairement à l’UMP ou au PS » précise-t-elle. Selon elle, le candidat est « le seul homme politique courageux qui ose dire non dans l’intérêt des Français ». Idéalisme ou discours formel, aucun nuage ne semble entacher sa vision du parti.

La jeune militante veut rencontrer des gens, convaincre les indécis et se battre pour ses idées. « Mon but principal est de transmettre mes convictions à un public » assène-t-elle. Afin de servir son objectif et son candidat, elle sera bientôt actrice de la campagne à plein temps. Dès le mois de mars, elle deviendra stagiaire en communication du parti. Pour en tirer les ficelles?

Sophie-Amélie Simonnet

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Santé des jeunes : la prévention ne fait pas tout

Les services de santé offerts aux jeunes s’occupent trop de leur bien-être psychologique, en oubliant souvent de prendre en compte leur mal être physique.

Crédits : actumed20.blogspot.com

Pour les jeunes, l’entrée dans la vie adulte se fait souvent aux dépens de la santé. Beaucoup n’ont pas le réflexe d’aller consulter par eux-mêmes. Ni les moyens. Ils sont nombreux à se rendre aux urgences au dernier moment, quand la situation devient critique. Quant aux mineurs, ils doivent obligatoirement passer par le biais de leurs parents. Leur désir d’autonomisation et les tabous liés à la découverte du corps les freinent souvent pour parler et faire les démarches.

En 2008, la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot, a lancé un plan « santé des jeunes » destiné aux 16-25 ans. Mais plutôt que d’améliorer l’accès à proprement parler aux traitements, il vise surtout à inciter les jeunes à prendre soin de leur santé en adoptant les bonnes attitudes. En d’autres termes : la prévention plutôt que le traitement.

Les mesures préconisées se focalisent par ailleurs sur les conduites à risque ou les troubles psychologiques. « La consommation de drogue, les nouvelles formes d’alcoolisation, le taux de suicide important ou encore les troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie, sont de nombreux indicateurs inquiétants chez les jeunes » a expliqué la ministre à la maison des adolescents de l’hôpital d’Avicenne à Bobigny lors de la présentation de ce plan.

Soigner le corps d’abord

Problème : en se focalisant sur ce genre de pathologies, la ministre oublie que les jeunes souffrent eux aussi de maux physiques.

C’est dans l’optique d’offrir de vrais services de médecine que le Dr Dinah Vernant a créé à Paris un Espace Santé Jeune intégré dans le système hospitalier de l’Hôtel Dieu. A la différence des autres centres de santé dédiés aux jeunes, qui n’offrent qu’écoute et information dans le domaine de la santé psychologique, l’Espace Santé Jeune Guy Mocquet se place dans la « prise en charge ».

Au début destiné aux personnes vivant dans la précarité, le centre s’est rapidement tourné exclusivement vers les jeunes.

« Je n’y voyais aucun jeune. Cela voulait-il dire que tout était fait pour eux ? » s’est interrogée le docteur Vernand. En menant sa petite enquête, elle s’est vite rendue compte que tout passait par la pédiatrie, pas vraiment adaptée pour les adolescents et jeunes adultes. En milieu scolaire, les médecins étaient peu nombreux et les infirmières débordées. Résultat : « la santé des jeunes était dans une situation catastrophique ».

L’Espace Jeune de l’Hôtel Dieu offre donc des soins en médecine générale, en ophtalmologie ou encore en gynécologie. Les patients sont redirigés vers l’hospitalisation en cas de situation médicale grave.

Les adultes ne devraient pas se préoccuper exclusivement de la santé psychologique des jeunes, juge le docteur Vernand. « On ne ferait jamais ça à un adulte. On s’occupe d’abord de la santé physique avant de s’attacher aux troubles mentaux. »

Elodie Corvée

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Les contraintes du journalisme d’investigation, selon Gérard Davet et Elizabeth Fleury

Gérard Davet. Crédits : La Dépêche.fr

Invités par le Réseau des Anciens d’IPJ, les journalistes d’investigation Elizabeth Fleury et Gérard Davet ont évoqué, mercredi 11 janvier, les limites de leur métier. Au menu : l’honnêteté intellectuelle, la hiérarchie, la concurrence et le « danger » d’Internet.

« Le risque pour moi, c’est de faire mal aux gens, d’écrire des conneries, ou d’être pris à défaut », explique Gérard Davet. Pour le journaliste du Monde, l’investigation journalistique est d’abord une affaire d’honnêteté intellectuelle. Le reporter n’a pas le droit à l’erreur et engage tout le journal : « Si on se plante, on entraîne toute la réputation du Monde », argumente-t-il.

L’enquêteur doit en effet composer avec ses supérieurs pour faire son travail correctement.  L’affrontement est pourtant aussi dur qu’avec soi-même, selon Elizabeth Fleury du Parisien. Soit les directeurs de rédaction survalorisent sa rubrique quand cela ne s’y prête pas : « il y a toujours des chefs de rubrique pour survendre l’information. »  Soit ils n’y font guère attention : « toute une partie est délaissée pour des raisons commerciales ».

Dans la série « l’enfer c’est les autres », le journaliste est en concurrence avec ses confrères. Elizabeth Fleury relève qu’il existe « toujours un risque qu’ils sortent les premiers l’info » si bien qu’elle est « sans arrêt en train de regarder derrière elle »« On passe notre temps à se tirer la bourre », confirme Gérard Davet.

Dernière menace : le journalisme web qui, en imposant l’instantanéité, risque de tuer l’enquête. Pour le journaliste du Monde, « il y a un grand danger sur Twitter et dans les blogs. Il faut traiter l’info avec rigueur et se donner du temps ». « C’est de plus en plus tendu. Disposer de dix jours est devenu un luxe », ajoute Elizabeth Fleury.

César Armand

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Sarkozy peut compter sur l’UMP de Levallois pour gagner

Portrait de Sophie Deschiens, conseillère régionale UMP d’Ile-de-France depuis mars 2010 et adjointe à l’environnement à la mairie de Levallois (Hauts-de-Seine) depuis mars 2001.

Crédits : ump-iledefrance.fr

« Ce sera dans la douleur, mais je suis persuadée que le Président sera réélu », ainsi va Sophie Deschiens, élue à Levallois, fief de Patrick Balkany, très proche de Nicolas Sarkozy. Pour cette élue des Hauts-de-Seine, terre du Président, « il n’y a pas d’hypothèse Juppé ». Dans son bureau, les photos du Chef de l’Etat ou d’elle accompagnée de son maire valent tous les éléments de langage de l’UMP.

Se livrant sans langue de bois, elle juge « bonne » la stratégie de Nicolas Sarkozy de se déclarer tardivement. Sur le terrain, il y a une « vraie attente », assure-t-elle. « Pendant les cantonales, on se faisait démolir, un véritable enfer, mais depuis la primaire PS, les levalloisiens ne veulent plus partir à l’aventure »,  rapporte-t-elle.

Sophie Deschiens ne craint pas François Hollande. « Au PS, c’est une vraie cacophonie ! », s’exclame-t-elle. La perspective Bayrou troisième homme ne l’effraie pas non plus. « Il va faire pschitt », prédit-elle, et de pointer le décalage entre ses paroles et ses actes : « il vante le made in France et repart en Audi ». Une séquence relevée par Le petit journal de Canal Plus.

Des parkings à Twitter

L’UMP lui a déjà d’ailleurs confié quelques missions en vue de la présidentielle. Elle organisera, bientôt, avec les Jeunes Pop’, des réunions publiques avec des personnalités du gouvernement. Elle a également été désignée « e-volontaire », c’est-à-dire chargée de répondre à la gauche sur Twitter.

Elle est en effet très active sur le réseau social, où elle met le Parti Socialiste face à ses contradictions. « Un moyen percutant » pour faire passer ses idées, ajoute-t-elle. « C’est Valérie Pécresse qui m’y a encouragée pour répondre à l’opposition au Conseil régional », explique l’élue depuis 2010 avant d’avouer que ce site « ne concerne qu’une strate. »

Bien qu’adjointe à l’environnement depuis 2001, elle refuse de se définir comme une professionnelle de la politique. « J’ai eu une vie avant, j’ai travaillé à la Générale des Eaux (ndlr, Vinci), et à la Caisse des Dépôts », détaille-t-elle. « J’étais dans les parkings, pas très sexy j’avoue, mais mes clients étaient les élus », raconte la levalloisienne.

Sa première carte de militante, c’était en 1986 au Parti Républicain pour « enquiquiner » son père, un ami de Michel Debré. Dans sa lignée politique, également un grand-père maire dans l’Isère pendant 25 ans. A défaut d’avoir suivi le cursus traditionnel des dirigeants actuels, Sophie Deschiens vit de et pour la politique, au sens wébérien, qu’elle l’admette ou non.

César Armand

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Longue aventure pour un court métrage

A 28 ans, Dominique Rocher est le lauréat des Audi Talent Awards 2011 pour son court-métrage « La Vitesse du Passé ». Le film de 15 minutes raconte l’histoire d’un couple séparé par le temps après un accident. L’homme reste figé dans l’instant alors que sa femme vieillit à ses cotés. Après la diffusion du 18 au 22 décembre sur le site Audi, Dominique Rocher présente maintenant son court-métrage aux festivals du monde entier.

Dominique Rocher a de nouveau séduit le jury des Audi Talent Awards avec son court-métrage "La Vitesse du Passé". Crédits : kidclap

Comment avez-vous su allier les contraintes des consignes du concours à votre imagination?

Cette année il s’agissait de présenter un scénario à un jury et de défendre mon projet devant eux. Le thème imposé était la temporalité. J’avais déjà pensé longuement à un scénario où un couple est séparé par le temps. Elle continue de vieillir et lui reste toujours jeune. C’était tout à fait un hasard! Je me suis dit que ca correspondait bien à l’impératif donné. Et comme je connaissais bien mon scénario, j’ai su le défendre devant le jury.

Gagner un prix, est-ce indispensable pour un jeune réalisateur?

C’est en tout cas une aide considérable. Audi a plein de partenaires. Une fois mon scénario validé, ils m’ont donné les moyens de mettre mon film sur pied. J’ai bénéficié d’une excellent équipe. Les rôles principaux sont joués par Mélanie Thierry et Alban Lenoir. La musique a été composée par Etienne Forget, qui a le même âge que moi. Nous avons déjà travaillé ensemble pour plusieurs projets.

La diffusion sur le site Audi s’est terminée le 22 décembre. Que va-t-il advenir du film maintenant?

La prochaine étape pour « La vitesse du passé » est d’être vendu à une chaîne de télévision. Nous avons des accords qui sont en cours de signature avec Canal Plus, qui est le plus gros acheteur mondial de courts-métrages. En ce moment, nous sélectionnons aussi les festivals auxquels le film sera présenté. Berlin, New-York et Cannes sont trois candidatures certaines. Nous privilégions les festivals qui mènent aux Oscar. Sans être imbus de nous mêmes, nous visons simplement au plus haut, afin de faire au mieux.

Quel message souhaitez-vous faire passer avec ce court métrage?

Beaucoup de personnes m’ont dit que cela leur faisait penser à une métaphore du coma. Je pense que c’est beaucoup une réflexion sur le temps qui passe. Mes proches m’ont dit qu’ils me trouvaient un peu obsédé par ça. Je me dis que c’est très important de profiter du temps que l’on a.

Quelles ont été vos sources d’inspirations pour cette histoire fantastique?

Pour ce court métrage je me suis inspiré de la poésie et de la science. Il y a eu en Suisse en 2007 la mise en marche d’un accélérateur de particules. A ce moment là, les horloges atomiques aux alentours se sont ralenties. Je me suis alors imaginé que le temps puisse séparer deux personnes. La femme est bloquée dans le temps qui attend son amoureux alors que pour lui cela ne dure que quelques secondes. On pourrait rapprocher cela du livre « Le Grand Secret de Barjavel », qui parle d’un virus qui rend les gens immortels. Mais à part ca, je m’inspire beaucoup de films fantastiques comme « The Eternal Sunshine Of The Spotless Mind » ou « Dans la Peau de John Malkovitch ».

Souhaitez-vous rester dans le monde des courts-métrages?

Non, à terme, je voudrais me lancer dans les longs-métrages. Mais cela n’est pas facile. Pour un jeune réalisateur, le but est de créer plusieurs courts-métrages. Après avoir écrit un scénario, il faut environ deux ans pour trouver des financements solides auprès de la région et du Centre National de la Cinématographie. Avec 80 000, on peut envisager de commencer à tourner. Après avoir fait quelques films de ce type, c’est un peu comme si on obtenait un passeport pour pouvoir faire de longs-métrages.

Coralie Lemke

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Femmes dans les médias : « Tous les quotas du monde ne résoudront pas le problème »

La journaliste Ruth Elkrief expliquant la situation à Robert Namias. Crédits : Le Parisien

Le 7 décembre dernier, la commission sur l’image de la femme dans les médias a rendu un rapport édifiant. Seuls 18% des experts s’exprimant dans les médias sont des femmes. Ce rapport remet au goût du jour le débat sur la place faite à la gent féminine dans le milieu médiatique. Si l’idée de la mise en place de quotas a été soulevée, elle est aujourd’hui abandonnée au profit d’une politique de sensibilisation.

« Les chiffres sont cruels » reconnaît Michèle Reiser, présidente de la commission sur l’image de la femme dans les médias et membre de l’OPFH (Observatoire de la Parité entre les Femmes et les Hommes).  Mais s’ils sont cruels, ils permettent de mettre en lumière le problème de la présence de la femme dans les médias. Pour Brigitte Grésy, interrogée lors de l’émission d’Arrêt sur image du 16 décembre, ces chiffres sont un baromètre : « ils permettent de prendre conscience d’une réalité, qui n’est pas souvent perçue ». Elle explique que lors des auditions de la commission deux médias ont affirmé que les femmes expertes étaient présentes dans leurs médias à 80%. « En réalité, elles étaient présentes à 50%. » La solution serait-t-elle alors la discrimination positive, c’est-à-dire l’imposition de quotas de femmes dans les médias ? « Surtout pas, répond Michèle Reiser, tous les quotas du monde ne résoudront pas le problème. » Le but n’est pas de « faire rentrer les femmes dans des tableaux Exel » confirme Anne-Laure Saugier, rédactrice en chef de Ce soir ou jamais sur le plateau d’Arrêt sur images.

Pour le collectif La Barbe, dont le but est de « rendre visible l’invisibilité des femmes » dans les différents pans de notre société, la parité n’est pas une fin en soi mais un moyen de parvenir à une meilleure représentativité. Le but n’est donc pas de parvenir à un équilibre mais de permettre des avancées. Plutôt que la mise en place de quotas, le collectif préfère compter sur « l’intelligence des journalistes ». Alice Coffin, journaliste média à 20 minutes et militante du mouvement propose ainsi la mise en place d’un fichier d’expertes dans lequel les journalistes pourraient piocher. « Les médias sont un monde d’urgence. Les journalistes se tournent vers les experts qu’ils connaissent bien, qui, pour la plupart, sont des hommes. Ce qu’il faut c’est arriver à trouver de nouvelles têtes » confirme Michèle Reiser.

Plutôt qu’une politique de sanctions, la solution serait donc une politique d’incitation et de sensibilisation. Pour l’OPFH, il faut comprendre que la situation n’est pas due à un positionnement idéologique des responsables des médias. Il y a une vraie volonté de faire changer les choses, « mais c’est un travail de longue haleine ».  Sensibilisation des acteurs du monde médiatique, mais aussi des élèves des écoles de journalisme composées aujourd’hui d’une majorité de femmes. « Ce travail est essentiel. Il faut que les futurs journalistes aient conscience de ce problème, ajoute La Barbe, il n’y a que comme ça que les choses avanceront ». 

Baptistine Philippon

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