Le « mec le plus beau de la Douma » doit encore s’affiner

A 31 ans et après avoir rangé les raquettes de tennis au vestiaire, Marat Safin a été élu à la chambre basse du parlement russe à l’issue des élections législatives du 4 décembre. Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, a misé sur la notoriété de l’ancien international qui a conscience de la particularité de son nouveau métier.

L'ancien sportif va devoir troquer le short contre le costume. Crédits : starok.com

Avec Marat Safin, le parlement russe n’a jamais été aussi sexy. Le jeune retraité de 31 ans, ancien numéro un mondial, vainqueur de l’US Open en 2000 et de l’Open d’Australie en 2005, a été élu le 4 décembre  à la Douma, dans la région de Novgorod (500 km à l’est de Moscou), pour une durée de cinq ans. « Je pourrais être le mec le plus beau du Parlement, mais c’est juste parce que tous les autres ont plus de 60 ans » a-t-il plaisanté avant d’être lucide sur son nouveau métier : « C’est une nouvelle vie, une nouvelle façon de penser, d’agir, qui n’a aucun rapport avec le tennis ou le sport en général ».

Safin préfère mettre en avant sa volonté. « Je pense que je suis un garçon intelligent et que j’ai beaucoup à apporter, j’ai beaucoup d’idées sur ce qu’il faut faire. Je me sens très investi ». Il évite de considérer qu’il possède des dispositions innées, tirées de sa première carrière. Il se démarque ainsi des autres sportifs qu’il rejoindra sur les bancs de la Douma : Anton Sikharulidze (patinage artistique), Svetlana Zhurova (patinage de vitesse), Alina Kabaeva et Svetlana Khorkina (gymnastique), ainsi que le boxeur Nikolai Valuez, champion du monde des poids lourds en 2005.

Malgré lui, il finit par tomber dans ce travers. Le sport et la politique auraient « quelque chose en commun, c’est que vous devez avoir du caractère. Vous devez être fort et vous devez savoir où vous allez. Ces cinq prochaines années je vais devoir travailler jour après jour […], me battre une fois encore comme je me suis battu sur le court ». Ce fameux « esprit de compétition », que reprennent certains sportifs comme Carl Lewis ou David Douillet, n’est qu’un pur fantasme. Pour Igor Martinache, du Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (Ceraps, Lille 2), « la rareté de reconversions réussies de sportifs en politique relativise l’hypothèse de dispositions développées au sein de ces deux activités ».

Safin n’a pas compris que ne devient pas élu celui qui en éprouve seulement l’ambition, la vocation ou la volonté. Une carrière politique nécessite des qualités, des ressources, des aptitudes et des compétences qui s’acquièrent avec le temps. Si le tennisman veut renouveler son mandat, il devra intégrer tardivement et rapidement les codes de la vie politique. Et un jour son ami américain, Pete Sampras, aura peut être raison en disant que « dans 20 ans, il sera président de la Russie ! »

Antoine Delcourt

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