Time Out : Du temps perdu

Le réalisateur de "Bienvenue à Gattaca" part d'une bonne idée mais la sous-exploite. Crédits : Nicolinux.fr

Quand le temps remplace l’argent, comment survivre ? Telle est la question que se pose le scénariste Andrew Niccol dans son film d’anticipation Time Out. Si le scénario est bon, il est mal exploité. Les questions éthico-philosophiques sont remplacées par des scènes d’action moyennes. A voir seulement en possession d’une carte de cinéma illimité.

Dans le futur proche de Time Out, les hommes sont génétiquement modifiés pour cesser de vieillir à 25 ans. Ils ne sont pourtant pas éternels. En effet, l’argent n’existe plus, il a été remplacé par du temps. On paye son loyer, sa nourriture et ses trajets avec des minutes et des heures. Le temps qu’il reste à chacun est inscrit sur une montre digitale incrustée sur l’avant-bras. Pour les pauvres, le crédit est de 24 heures : soit ils économisent leur temps, soit ils meurent.

Will Salas (Justin Timberlake) fait partie de ces nécessiteux en manque de temps. Un soir, il sauve la vie d’un homme riche d’une centaine d’années, qui le remercie en lui donnant l’intégralité de son temps. Will Salas décide de rejoindre les quartiers prospères. Il y rencontre Sylvia, la fille d’un richissime banquier temporel. Mais les gardiens du temps soupçonnent le jeune homme d’avoir dépouillé son bienfaiteur et le traquent. Il s’enfuie et prend Sylvia en otage. Lors de leur cavale, ils tombent amoureux. Dégoûtés par les injustices de leur monde, ils dévalisent des banques et distribuent du temps aux pauvres.

Les premières minutes du film sont réjouissantes. Le portrait dressé de cette société capitaliste fondée sur le temps est un parallèle direct avec les marchés de notre propre système. Mais Andrew Niccol n’exploite pas son scénario. Il s’enlise dans des scènes de poursuite entre les gardiens du temps et Will Salas. Son histoire d’amour est banale, attendue. Le personnage de Sylvia, joué par Amanda Seyfried, est d’ailleurs de trop. La fille à papa gâtée qui décide de passer du côté des rebelles pour donner aux pauvres est un poncif qu’Andrew Niccol aurait dû nous épargner.

Le problème de Time Out c’est que le sentiment de révolte n’y est pas. Le héros connaît les injustices de sa société et veut y remédier, mais nous ne sommes pas entraînés par cette fausse course contre la montre. Will et Sylvia passent les trois quarts du film à vider leur compteur de temps, le remplir à nouveau, être à deux secondes de mourir, etc. C’est ennuyeux et c’est dommage. Andrew Niccol avait l’expérience, et le temps, pour faire un bon film d’anticipation mais c’est raté. Comme le temps c’est de l’argent, gardez le(s) vôtre(s) en évitant ce film.

Anne-Sophie Warmont

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Une réflexion sur “Time Out : Du temps perdu

  1. Mchan dit :

    Je n’ai pas trouvé que c’était ennuyeux en fait j’ai bien aimé ce côté répétitif (si on veut) du fait de recharger son compteur de temps parceque ça donne un côté réaliste justement. Le fait qu’il n’y ait pas de révolte aussi j’ai trouvé ça rafraichissant parceque les révoltes sont aussi faites par des gens qui au départ n’étaient pas concernés (le monde n’est pas fait que de gens qui sont révoltés par les injustices loin de la soit par manque d’intérêt soit par manque de temps parcequ’ils cherchent plus à survivre).
    C’est un peu comme dans « I am legend » dans le livre de Matheson le « héros » est un personnage normal comme vous et moi qui survit alors que le film en fait un super baraqué.

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