Femmes dans les médias : « Tous les quotas du monde ne résoudront pas le problème »

La journaliste Ruth Elkrief expliquant la situation à Robert Namias. Crédits : Le Parisien

Le 7 décembre dernier, la commission sur l’image de la femme dans les médias a rendu un rapport édifiant. Seuls 18% des experts s’exprimant dans les médias sont des femmes. Ce rapport remet au goût du jour le débat sur la place faite à la gent féminine dans le milieu médiatique. Si l’idée de la mise en place de quotas a été soulevée, elle est aujourd’hui abandonnée au profit d’une politique de sensibilisation.

« Les chiffres sont cruels » reconnaît Michèle Reiser, présidente de la commission sur l’image de la femme dans les médias et membre de l’OPFH (Observatoire de la Parité entre les Femmes et les Hommes).  Mais s’ils sont cruels, ils permettent de mettre en lumière le problème de la présence de la femme dans les médias. Pour Brigitte Grésy, interrogée lors de l’émission d’Arrêt sur image du 16 décembre, ces chiffres sont un baromètre : « ils permettent de prendre conscience d’une réalité, qui n’est pas souvent perçue ». Elle explique que lors des auditions de la commission deux médias ont affirmé que les femmes expertes étaient présentes dans leurs médias à 80%. « En réalité, elles étaient présentes à 50%. » La solution serait-t-elle alors la discrimination positive, c’est-à-dire l’imposition de quotas de femmes dans les médias ? « Surtout pas, répond Michèle Reiser, tous les quotas du monde ne résoudront pas le problème. » Le but n’est pas de « faire rentrer les femmes dans des tableaux Exel » confirme Anne-Laure Saugier, rédactrice en chef de Ce soir ou jamais sur le plateau d’Arrêt sur images.

Pour le collectif La Barbe, dont le but est de « rendre visible l’invisibilité des femmes » dans les différents pans de notre société, la parité n’est pas une fin en soi mais un moyen de parvenir à une meilleure représentativité. Le but n’est donc pas de parvenir à un équilibre mais de permettre des avancées. Plutôt que la mise en place de quotas, le collectif préfère compter sur « l’intelligence des journalistes ». Alice Coffin, journaliste média à 20 minutes et militante du mouvement propose ainsi la mise en place d’un fichier d’expertes dans lequel les journalistes pourraient piocher. « Les médias sont un monde d’urgence. Les journalistes se tournent vers les experts qu’ils connaissent bien, qui, pour la plupart, sont des hommes. Ce qu’il faut c’est arriver à trouver de nouvelles têtes » confirme Michèle Reiser.

Plutôt qu’une politique de sanctions, la solution serait donc une politique d’incitation et de sensibilisation. Pour l’OPFH, il faut comprendre que la situation n’est pas due à un positionnement idéologique des responsables des médias. Il y a une vraie volonté de faire changer les choses, « mais c’est un travail de longue haleine ».  Sensibilisation des acteurs du monde médiatique, mais aussi des élèves des écoles de journalisme composées aujourd’hui d’une majorité de femmes. « Ce travail est essentiel. Il faut que les futurs journalistes aient conscience de ce problème, ajoute La Barbe, il n’y a que comme ça que les choses avanceront ». 

Baptistine Philippon

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