Santé des jeunes : la prévention ne fait pas tout

Les services de santé offerts aux jeunes s’occupent trop de leur bien-être psychologique, en oubliant souvent de prendre en compte leur mal être physique.

Crédits : actumed20.blogspot.com

Pour les jeunes, l’entrée dans la vie adulte se fait souvent aux dépens de la santé. Beaucoup n’ont pas le réflexe d’aller consulter par eux-mêmes. Ni les moyens. Ils sont nombreux à se rendre aux urgences au dernier moment, quand la situation devient critique. Quant aux mineurs, ils doivent obligatoirement passer par le biais de leurs parents. Leur désir d’autonomisation et les tabous liés à la découverte du corps les freinent souvent pour parler et faire les démarches.

En 2008, la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot, a lancé un plan « santé des jeunes » destiné aux 16-25 ans. Mais plutôt que d’améliorer l’accès à proprement parler aux traitements, il vise surtout à inciter les jeunes à prendre soin de leur santé en adoptant les bonnes attitudes. En d’autres termes : la prévention plutôt que le traitement.

Les mesures préconisées se focalisent par ailleurs sur les conduites à risque ou les troubles psychologiques. « La consommation de drogue, les nouvelles formes d’alcoolisation, le taux de suicide important ou encore les troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie, sont de nombreux indicateurs inquiétants chez les jeunes » a expliqué la ministre à la maison des adolescents de l’hôpital d’Avicenne à Bobigny lors de la présentation de ce plan.

Soigner le corps d’abord

Problème : en se focalisant sur ce genre de pathologies, la ministre oublie que les jeunes souffrent eux aussi de maux physiques.

C’est dans l’optique d’offrir de vrais services de médecine que le Dr Dinah Vernant a créé à Paris un Espace Santé Jeune intégré dans le système hospitalier de l’Hôtel Dieu. A la différence des autres centres de santé dédiés aux jeunes, qui n’offrent qu’écoute et information dans le domaine de la santé psychologique, l’Espace Santé Jeune Guy Mocquet se place dans la « prise en charge ».

Au début destiné aux personnes vivant dans la précarité, le centre s’est rapidement tourné exclusivement vers les jeunes.

« Je n’y voyais aucun jeune. Cela voulait-il dire que tout était fait pour eux ? » s’est interrogée le docteur Vernand. En menant sa petite enquête, elle s’est vite rendue compte que tout passait par la pédiatrie, pas vraiment adaptée pour les adolescents et jeunes adultes. En milieu scolaire, les médecins étaient peu nombreux et les infirmières débordées. Résultat : « la santé des jeunes était dans une situation catastrophique ».

L’Espace Jeune de l’Hôtel Dieu offre donc des soins en médecine générale, en ophtalmologie ou encore en gynécologie. Les patients sont redirigés vers l’hospitalisation en cas de situation médicale grave.

Les adultes ne devraient pas se préoccuper exclusivement de la santé psychologique des jeunes, juge le docteur Vernand. « On ne ferait jamais ça à un adulte. On s’occupe d’abord de la santé physique avant de s’attacher aux troubles mentaux. »

Elodie Corvée

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