Dernière note pour les petits labels

Dans l’industrie de la musique, il n’y a pas qu’Universal ou Sony. Il y a aussi tous ces labels indépendants qui ont bien du mal à faire le poids face à la crise du secteur.

Avec la disparition progressive des petits labels, c'est toute la diversité musicale qui est menacée. Crédits : next.liberation.fr

Il n’a jamais été facile pour les petits labels indépendants de se faire une place dans le monde impitoyable de l’industrie musicale. D’ailleurs, eux aussi sont touchés de plein fouet par la crise du disque. Le téléchargement illégal sur Internet et les sites de streaming ont inventé la gratuité de la musique. En conséquence, les labels n’arrivent plus à vendre et doivent se tourner vers la publicité et les produits dérivés pour tirer des sources de revenus suffisantes.

Les petites maisons de production ne disposent pas de ce genre de ressources et ont donc fait le choix de l’auto-financement. Label Bleu, Nocturne, Night and Day, Tripsichord… Tous ont dû mettre la clé sous la porte. La liste n’est pas exhaustive. Et ce ne sont pas les menaces d’Hadopi, souvent non suivies d’effet, qui permettront de colmater la brèche.

Producteurs de l’ombre

Voilà un an que le label de reggae Makasound a fermé ses portes. Il n’a jamais pu, depuis, reprendre le chemin des studios. Son co-fondateur, Romain Germa, avait exprimé sa colère et son désarroi dans une tribune publiée dans le journal Libération. Intitulée « Deezer, Spotify, Youtube et les autres m’ont tué », elle nous rappelle la triste réalité de ces labels qui meurent dans l’indifférence. Il explique : « Cela n’a jamais été facile pour nous. D’une manière générale, la plupart sont en situation de survie. Certains travaillent à côté.»

Le mythe des producteurs pleins aux as correspond plus à un fantasme qu’à la réalité de l’industrie musicale. Ces stars de la production musicale tels que Pascal Nègre appartiennent à une industrie qui ne produit que 5% de la création musicale. Dans l’ombre, il y a tous ces petits producteurs passionnés qui font des paris sur l’avenir.

L’aventure Makasound aura duré neuf ans. Romain Germa et son acolyte Nicolas Maslowski s’occupaient principalement de la vente et de l’exploitation des disques. Mais chaque année, « les ventes baissaient systématiquement ». Découvreur de talents, Makasound avait réussi à s’appuyer sur une poignée d’artistes bankables, tels que le groupe Java ou le chanteur Burkinabé Victor Demé. L’année 2010, moins prolifique, leur a été fatale.

« Après, même s’ils ont du succès, cela ne se transforme plus financièrement pour nous et pour les artistes car la musique est gratuite. On peut toujours se battre… », déplore Romain Germa. Du côté des artistes, la situation n’est pas plus réjouissante : « On cherche des solutions pour eux mais certains projets ne pourront pas sortir », regrette le producteur. Quant à Hadopi, il avoue ne pas savoir si cela sera un outil efficace pour lutter contre le téléchargement illégal : « Hadopi aurait dû être mis en place bien avant. Cela fait dix ans que nous subissons cette situation. »

Elodie Corvée

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