Électricité : le circuit français à court de jus

f
La France perd son indépendance énergétique, en période de grand froid. Crédits photo : © Reuters.

Mardi soir, à 19h, la France a atteint un record de consommation électrique. Pour répondre à ce pic historique, le nucléaire ne suffit pas. La France a même recours a des importations d’électricité de ses voisins européens.

Près de 100 500 Mégawattheures consommés mardi soir à 19h : un taux record d’électricité que la France ne peut produire. Selon le Réseau de transport d’électricité (RTE), la France a dû importer 7 350 MW au plus fort de la demande, soit plus de 7 % de la consommation.  Pas de « black-out » mais un surcoût indéniable de l’électricité. Le pays possède pourtant le premier parc nucléaire d’Europe.

Consommation. Mardi, la Bretagne, le Var et les Alpes-Maritimes étaient en alerte orange Écowatt. Le réseau électrique reste fragile : certaines régions risquent des coupures d’électricité en cas de prolongation de la période de froid. Aujourd’hui, plus de 30% du chauffage domestique français est produit par l’électricité. L’augmentation du nombre de ménage et de l’équipement électronique de chaque foyer accroissent la demande en électricité. Un degré en moins et c’est 2.300 MWh utilisés en plus, environ le double de la consommation d’une ville comme Marseille. En début de semaine, le président d’EDF, Henri Proglio, appelait les habitants à faire preuve de plus de « civisme » et à poursuivre leurs efforts pour réduire leur consommation électrique. Mais par -10°C dehors, difficile de se passer de chauffage.

Nucléaire. Mardi soir, 55 des 58 réacteurs nucléaires étaient en marche, 3 étaient en maintenance. A 19h, le nucléaire français a produit 63% de l’électricité consommée. Mais les centrales ne suffisent pas. L’hydraulique, l’éolien et même le charbon sont mobilisés : des méthodes ancestrales qui ne pèsent pas assez lourd dans la production française. Une solution : importer. Premier pays source de la France ? Le Royaume-Uni, devant l’Allemagne et l’Italie, des pays qui utilisent moins le chauffage électrique que la France et lui préfèrent le gaz.

Surcoût. A 19h mardi, importer un MW du Royaume-Uni a coûté environ 342€ à EDF. L’électricité importée engendre un surcoût : le prix du MW est déterminé heure par heure par l’Epex Spot, la bourse européenne de l’électricité. Plus la demande est forte, plus c’est cher. La France produit une électricité à 42€ le MWh. Depuis fin janvier, le prix moyen du MWh a augmenté de 48%. Un surcoût financé par EDF : les investisseurs craignent une dégradation des marges de l’entreprise.

Le président de la République Nicolas Sarkozy s’est rendu, jeudi, à la centrale de Fessenheim. Il y a défendu, une nouvelle fois, le parti-pris français du nucléaire. Le 25 novembre, à Pierrelatte, le chef de l’État avait vanté « l’indépendance énergétique de la France. »

Apolline Bouchery

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Advertisements
Tagué , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :