Archives de Catégorie: Médias

Les éditions de l’Epure, indépendantes et hardies

Les éditions de l'Epure ont encore de belles années devant elles. Crédts : Lieu-commun.fr

Les éditions de l’Epure ont vingt ans. La petite maison d’édition reste fidèle à sa ligne éditoriale : de la cuisine, du graphisme, de l’insolite, beaucoup d’humour. Grâce à la ténacité de Sabine Bucquet-Grenet, sa fondatrice, les livres de cuisine deviennent des ouvrages.

Connaissez-vous dix façons de cuisiner … la badiane, l’araignée de mer, le Coca-Cola ? les épluchures, le thé matcha, le sang ? Les éditions de l’Epure ont fêté leurs vingt ans en septembre dernier, et leur collection « Dix façons de préparer… » compte désormais deux-cent soixante numéros. Mais Sabine Bucquet-Grenet, fondatrice et chargée de la direction littéraire et artistique des éditions de l’Epure, n’est pas très en forme ce matin.

Elle ne trouve pas le téléphone sonnant avec insistance sur sa base. Les bureaux de la maison d’édition, spécialisée en cuisine, ne sont pourtant pas grands. Deux pièces encombrées de livres et de manuscrits, dans une petite boutique rouge pimpant du 14e arrondissement de Paris. D’habitude, elles sont trois à se partager ce petit espace, à relire les manuscrits, assurer le suivi de fabrication.

« Contrairement aux grandes maisons d’édition, où les postes sont très déterminés, à l’Epure, les éditrices sont chacune leur tour coursière, maquettiste, chargée du contenu éditorial… », détaille Sabine. Mais ce jour-là, vacances de Noël obligent, elle est seule. Et contrairement aux grosses maisons, la période des fêtes est une période d’activité intense pour les éditions indépendantes.

Une journée à l’Epure

La journée commence tôt à l’Epure, à 8h, avec la consultation des mails, et les réponses aux propositions de manuscrits. Sabine s’agace des sollicitations incongrues d’auteurs n’ayant visiblement pas pris la peine de se renseigner sur la production de la maison d’édition : « Les gens font n’importe quoi. C’est une vraie perte de temps. » Car si les éditions de l’Epure sont spécialisés dans la gastronomie, leurs ouvrages vont bien plus loin que le simple livre de cuisine, avec une tendance à la littérature, et une mise en avant du graphisme et de l’humour.

Ce sont de « beaux objets », sur des sujets décalés, à l’image de la collection « Dix façons de préparer… », dont les livres sont façonnés à l’ancienne, avec piqûre de cahier d’écolier. « Ces ouvrages sont le reflet de la personnalité des auteurs, en plus de l’aspect esthétique. Il y a des architectes, des historiens, un médecin… Des gens qui ont une vraie passion pour un produit et qui ont envie de la faire partager  », explique Sabine.

Une boutique-bureau très fréquentée

Les clients toquent à la porte vitrée, attirés par les petits livres colorés qui trônent dans la vitrine illuminée. Ils entrent dans la boutique-bureau, saisissent un des petits livrets, en enfleurent le papier ingre, vergé ou vélin. Sabine a souhaité, quand elle a découvert, il y a six ans, la boutique de la rue de la sablière, renouer avec la tradition de l’éditeur-libraire. « Nous pouvons ainsi proposer la totalité de notre catalogue et avoir un contact direct avec les lecteurs. Ce n’est pas facile à mettre en place. Il s’agit aussi de nos bureaux, et il faut accepter d’être dérangé.»

Une avocate, dont le cabinet est à 50 mètres dans la rue, s’enthousiasme : « Je passe devant la boutique tous les jours, je n’avais jamais eu l’idée de m’arrêter. Au bout de six ans, il était temps. »

Léa Bastie

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Pour plus d’infos sur les Editions de l’Epure, cliquez ici.

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TedxConcorde 2012 ou la nouvelle plate-forme de la diversité

TedxConcorde est la déclinaison parisienne de Tedx, un événement américain annuel où sont présentées des « idées méritant d’être répandues ». Le 28 janvier 2012, à l’Espace Pierre Cardin (Paris VIIIème), « la diversité en soi » s’est fait entendre pendant quatre heures. Compte-rendu.

14h05 : les lumières s’éteignent. Un signal de bug Mac retentit. Un orchestre symphonique joue Beethoven. Sylvain Zimmer, co-organisateur, invite à faire connaissance avec le voisin. Ce sera « la diversité en soi ». Bienvenue au TedxConcorde, un après-midi animé par la journaliste Sonia Devillers, où sont présentées « ideas worth spreading » (« les idées méritant d’être répandues »).

Premier intervenant : Gilles Vernich, professeur de philo, tente de définir la diversité. Image des robots blancs de Star Wars. « Ce n’est pas ça en tout cas ». Rires.  « C’est des schizos, des SDF, des enfants, des voleurs ». Ce n’est pas en tout cas Apple et son slogan « Think different ». « Vous n’êtes pas vraiment différents, vous avez tous un iPhone dans la poche ». Rires jaunes.

Second intervenant : la journaliste de RFI Yasmine Chouaki,  qui raconte que sa mère Micheline a épousé, en pleine guerre d’Algérie, son père Tahar devenu Pierre. « Il faut que tu sois fière d’être algérienne Christine ». Depuis, elle s’appelle Yasmine. Troisième intervenante : Zahia Ziouani, chef d’orchestre, à qui il avait été promis que « les femmes ne dirigent pas ». Elle a continué sa route, et a créé son propre orchestre symphonique.

« Délit de code postal »

Quatrième intervenant : Hanou Bouakkaz, aveugle, arabe et adjoint à la démocratie locale et à la vie associative à la mairie de Paris, comme il l’a écrit dans un livre éponyme. Evoque sa scolarisation. « On était tous bigleux, on oubliait qu’on était arabes. » A été trader. Rêve de TedX qui « connecterait le cerveau et l’œil en wifi ». Sixième intervenant : Yazid Chir, créateur de Nos banlieues ont du talent pour résoudre le problème des jeunes diplômés « en délit de code postal ».

Huitième intervenant : Soumia Malinbaum, qui parle du racisme de patrons. « Je ne veux pas d’Arabes ». Alors elle rebaptise Nordine… Norbert. Il tient quatre jours avant d’avouer. Intermède SAV d’Omar et Fred, spécial diversité, Canal+ filmant les conférences. Dans l’espace « networking » (réseautage), Bernard de la Villardière se confie au Cercle : « Première fois que je viens et je trouve ça intéressant et bien préparé. J’aimerais être invité. A mon âge, j’ai la capacité de parler de tout ».

Retour au théâtre. Onze petits robots dansent en se désarticulant. Leur père, Bruno Maisonnier, présente Nao. Il le pousse par terre. Nao dit « Ouch » puis se relève tout seul. L’objectif : contrecarrer le vieillissement de la population avec une « espèce mécanique au service de l’homme ». Dixième intervenant : Serge Mouangue, franco-camerounais et designer. Il a créé le kimono africain. Saviez-vous d’ailleurs que tout kimono fait 13 mètres de long sur 38 centimètres de large ?

Les mouches, ces « éboueurs qui nous coûtent rien ».

Onzième intervenant : l’artiste JR. Envoyez lui une photo, il vous la retourne et vous la collez où vous voulez. En Tunisie, les affiches officielles de Ben Ali sont ainsi devenues des portraits d’inconnus. Douzième intervenant : Ousmane Sow, sculpteur, qui a saisi Victor Hugo ou Charles de Gaulle. Treizième intervenant : la chanteuse Lola Delon, qui ressemble plus à Fergie qu’à Alain.

Quatorzième intervenant : Edward Vendebaum ou la biodiversité. Saviez-vous que 70 % des médicaments viennent de molécules végétales ? Qu’une espèce sur deux aura disparu d’ici à la fin du XXIème siècle ? Que la science connaît 1,9 millions d’espèces, alors qu’il y en aurait 30 millions ? Que les mouches sont des « éboueurs qui nous coûtent rien ? ».

Quinzième intervenant : l’anthropologue Clair Michalon. «Oui l’Africain est le premier homme à entrer dans l’histoire ». Henri Guaino n’est pas dans la salle, l’attaque tombe à plat. 1427 : les premiers Roms et manouches arrivent en France, après avoir quitté l’Inde au IXème siècle. Le mot « manouche » vient en effet du sanskrit « homme libre ».

19h15 : le rideau tombe, l’après-midi est finie. Croisé au pot final : Romain, étudiant à l’Ecole Centrale de Lille, 22 ans, 2m10. La diversité n’a pas de limites…

César Armand

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Donner une autre image de la jeunesse

A peine lancées dans le métier, les deux « journalistes nomades », Daphné Gastaldi et Leïla Beratto, sont allées rouler leur bosse au Bénin et au Togo à l’assaut des clichés qui ont la peau dure.

Leïla et Daphné lors de leur premier voyage au Bénin. Crédits : Journalistes Nomades

A la fin de sa première année de master de journalisme à l’IFP, Leïla Beratto, globetrotteuse dans l’âme, a profité de la longue période estivale dévolue aux stages pour s’envoler travailler au Bénin. Elle et son amie Daphné Gastaldi, alors diplômée du DU de journalisme de l’IFP, sont parties envahir les ondes de Cap FM, de Radio Télévision Carrefour et de l’ORTB (Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin) de juillet à septembre 2010. Mais pas seulement. Armées de micros et d’appareils photo, elles en ont profité pour aller à la rencontre des jeunes béninois « aux expériences innovantes ». Le but : casser les clichés et restaurer l’image de cette jeunesse qui a de l’ambition à revendre et des idées plein la tête. « On lisait les journaux, on regardait la télévision, on écoutait la radio toute la journée. Dès qu’on entendait parler de quelque chose ou de quelqu’un, on notait et on passait des coups de fil. Puis on s’appelait pour partager nos informations » se souvient Leila.

En trois mois, elles ont rencontré des dizaines de ces personnes qui font avancer leur génération. A leur retour sur le sol français, elles n’ont pas tardé à monter une exposition. Constituée de onze portraits, eux mêmes composés de photographies et d’interview sonores de trois minutes, l’exposition « Couleurs Jeunes Bénin » a fait étapes à Paris, Grenoble et Antibes. Des débats ont été organisés par la même occasion avec des lycéens et des volontaires civiques pour réfléchir à l’image que chacun porte sur la jeunesse et sur l’Afrique. « On s’est dit qu’il y avait un travail important à faire en France», expliquent Leïla et Daphné qui comptent aussi brosser le portrait de jeunes français au futur prometteur.

Succès

Mais avant cela, il fallait qu’elles retournent au Bénin. Elles se sont vite rendu compte que les Béninois dénigraient eux-mêmes leur propre jeunesse. Le 20 mai 2011, elle remporte le 2e prix du concours PIEED (Prix des Initiatives Etudiantes pour l’Education au Développement) qui leur offre une bourse de 3500 euros. Deux jours plus tard elles avaient déjà leurs billets pour Cotonou et essayaient de faire rentrer le matériel de leur exposition dans leurs valises.

Crédits : Journalistes Nomades

Daphné et Leïla ont exposé et organisé des débats à l’université de Cotonou et à la mairie de Bohicon. Leur travail a porté ses fruits : « Les gens se sont rendu compte que nous nous avions compris des choses que eux n’avaient pas compris. Ils ont reconnu qu’ils accordaient très peu de valeur à leur jeunesse ».

L’aventure ne s’est pas arrêtée là. Leur exposition itinérante leur a fait rencontrer des membres d’une association togolaise qui leur a permis de s’envoler cet été pour le Togo, pays voisin du Bénin. Avec le reste de leur bourse, elle se sont retrouvés de nouveau à brosser le portrait sonore et photographique de jeunes togolais dynamiques dans une société qui partagent avec le Bénin des clichés tout aussi tenaces sur la jeunesse

Leur projet final était de monter un site internet qui servirait de plateforme multimédia pour héberger d’autres initiatives journalistes similaires. Un blog a d’abord vu le jour, « la boite à portraits » avant l’inauguration en décembre dernier de « Journalistes nomades, regards sans préjugés »

Aujourd’hui, Daphné et Leïla continuent leur petit bonhomme de chemin. Daphné au micro de Radio Rythme Bleu en Nouvelle Calédonie, et Leïla, sur le point de s’envoler pour l’Algérie en tant que correspondant pour différents médias français. Mais toutes deux continuent de faire vivre les Journalistes Nomades et attendant que de nouveaux projets voient le jour sur leur plateforme.

Elodie Corvée

Les Journalistes Nomades sur France Inter et Africa n°1

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Les contraintes du journalisme d’investigation, selon Gérard Davet et Elizabeth Fleury

Gérard Davet. Crédits : La Dépêche.fr

Invités par le Réseau des Anciens d’IPJ, les journalistes d’investigation Elizabeth Fleury et Gérard Davet ont évoqué, mercredi 11 janvier, les limites de leur métier. Au menu : l’honnêteté intellectuelle, la hiérarchie, la concurrence et le « danger » d’Internet.

« Le risque pour moi, c’est de faire mal aux gens, d’écrire des conneries, ou d’être pris à défaut », explique Gérard Davet. Pour le journaliste du Monde, l’investigation journalistique est d’abord une affaire d’honnêteté intellectuelle. Le reporter n’a pas le droit à l’erreur et engage tout le journal : « Si on se plante, on entraîne toute la réputation du Monde », argumente-t-il.

L’enquêteur doit en effet composer avec ses supérieurs pour faire son travail correctement.  L’affrontement est pourtant aussi dur qu’avec soi-même, selon Elizabeth Fleury du Parisien. Soit les directeurs de rédaction survalorisent sa rubrique quand cela ne s’y prête pas : « il y a toujours des chefs de rubrique pour survendre l’information. »  Soit ils n’y font guère attention : « toute une partie est délaissée pour des raisons commerciales ».

Dans la série « l’enfer c’est les autres », le journaliste est en concurrence avec ses confrères. Elizabeth Fleury relève qu’il existe « toujours un risque qu’ils sortent les premiers l’info » si bien qu’elle est « sans arrêt en train de regarder derrière elle »« On passe notre temps à se tirer la bourre », confirme Gérard Davet.

Dernière menace : le journalisme web qui, en imposant l’instantanéité, risque de tuer l’enquête. Pour le journaliste du Monde, « il y a un grand danger sur Twitter et dans les blogs. Il faut traiter l’info avec rigueur et se donner du temps ». « C’est de plus en plus tendu. Disposer de dix jours est devenu un luxe », ajoute Elizabeth Fleury.

César Armand

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Femmes dans les médias : « Tous les quotas du monde ne résoudront pas le problème »

La journaliste Ruth Elkrief expliquant la situation à Robert Namias. Crédits : Le Parisien

Le 7 décembre dernier, la commission sur l’image de la femme dans les médias a rendu un rapport édifiant. Seuls 18% des experts s’exprimant dans les médias sont des femmes. Ce rapport remet au goût du jour le débat sur la place faite à la gent féminine dans le milieu médiatique. Si l’idée de la mise en place de quotas a été soulevée, elle est aujourd’hui abandonnée au profit d’une politique de sensibilisation.

« Les chiffres sont cruels » reconnaît Michèle Reiser, présidente de la commission sur l’image de la femme dans les médias et membre de l’OPFH (Observatoire de la Parité entre les Femmes et les Hommes).  Mais s’ils sont cruels, ils permettent de mettre en lumière le problème de la présence de la femme dans les médias. Pour Brigitte Grésy, interrogée lors de l’émission d’Arrêt sur image du 16 décembre, ces chiffres sont un baromètre : « ils permettent de prendre conscience d’une réalité, qui n’est pas souvent perçue ». Elle explique que lors des auditions de la commission deux médias ont affirmé que les femmes expertes étaient présentes dans leurs médias à 80%. « En réalité, elles étaient présentes à 50%. » La solution serait-t-elle alors la discrimination positive, c’est-à-dire l’imposition de quotas de femmes dans les médias ? « Surtout pas, répond Michèle Reiser, tous les quotas du monde ne résoudront pas le problème. » Le but n’est pas de « faire rentrer les femmes dans des tableaux Exel » confirme Anne-Laure Saugier, rédactrice en chef de Ce soir ou jamais sur le plateau d’Arrêt sur images.

Pour le collectif La Barbe, dont le but est de « rendre visible l’invisibilité des femmes » dans les différents pans de notre société, la parité n’est pas une fin en soi mais un moyen de parvenir à une meilleure représentativité. Le but n’est donc pas de parvenir à un équilibre mais de permettre des avancées. Plutôt que la mise en place de quotas, le collectif préfère compter sur « l’intelligence des journalistes ». Alice Coffin, journaliste média à 20 minutes et militante du mouvement propose ainsi la mise en place d’un fichier d’expertes dans lequel les journalistes pourraient piocher. « Les médias sont un monde d’urgence. Les journalistes se tournent vers les experts qu’ils connaissent bien, qui, pour la plupart, sont des hommes. Ce qu’il faut c’est arriver à trouver de nouvelles têtes » confirme Michèle Reiser.

Plutôt qu’une politique de sanctions, la solution serait donc une politique d’incitation et de sensibilisation. Pour l’OPFH, il faut comprendre que la situation n’est pas due à un positionnement idéologique des responsables des médias. Il y a une vraie volonté de faire changer les choses, « mais c’est un travail de longue haleine ».  Sensibilisation des acteurs du monde médiatique, mais aussi des élèves des écoles de journalisme composées aujourd’hui d’une majorité de femmes. « Ce travail est essentiel. Il faut que les futurs journalistes aient conscience de ce problème, ajoute La Barbe, il n’y a que comme ça que les choses avanceront ». 

Baptistine Philippon

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Le 100% numérique, nouvel eldorado pour la presse ?

Alors que France Soir vient de stopper son édition papier pour n’être disponible que sur internet, d’autres quotidiens s’interrogent sur un passage au tout numérique. Mais cette mutation s’avère compliquée dans un marché très concurrentiel sans modèle économique stable. 

France Soir "disparaît des kiosques" mais "l'info continue" grâce au numérique. Crédits : France Info

France Soir papier est mort. Vive France Soir version électronique. Pour survivre à ces difficultés financières, le quotidien n’est lisible que sur internet depuis le 13 décembre. Mais ce pari du tout numérique devra s’accompagner d’une refonte de sa ligne éditoriale. Devenir un pure player n’est pas seulement un changement de support : il faut s’adapter aux spécificités du web-lectorat. De nombreux médias, comme La Tribune, s’interrogent sur l’efficacité de cette mutation vers un contenu 100% en ligne. Le numérique est-t-il vraiment une planche de salut pour la presse française ?

L’obligation d’être innovant sur le web

6,6 millions d’internautes français se connectent quotidiennement pour consulter les informations sur des sites d’actualité. Le chiffre est alléchant lorsqu’on sait que France Soir ne vendait plus que 60000 exemplaires début 2011 selon l’OJD. Mais pour Michel Agnola, consultant en nouveaux médias, le problème n’est pas le support mais le contenu : « Sur internet, ce sont des marchés de niches. Les pure players sont plus innovants car leur rentabilité dépend de leur positionnement. France Soir souffre d’une image vieillotte. Pour réussir sa mutation, il doit parier sur une synergie de diffusion plurimédias avec les applications pour Smartphones, tablettes et des services à valeur ajoutée. » France Soir doit en effet faire face à la concurrence des « poids lourds » de l’information numérique : Mediapart (47000 abonnés), Rue89 (1,8 million de visiteurs uniques en janvier 2011), Le Monde (39000 abonnés numériques) et Le Figaro (10000 abonnés numériques).

Le numérique en quête d’un modèle économique stable

Mais avant toute chose, il faut déterminer un nouveau modèle économique. Les différents médias numériques ne se financent en effet pas de la même manière. Le Monde propose des articles gratuits, mais ses archives et chroniques sont payantes. Rue89 est gratuit, car financé par la publicité. Mediapart ne propose son contenu que sur abonnement. « Les sites internet d’information se cherchent encore un modèle économique », analyse Marie-Christine Lipani Vaissade, sociologue des médias spécialiste de la gratuité de l’information. « Pour l’instant, aucun n’a fait ses preuves. Internet est apparu comme la solution miracle qui sauverait la presse, mais il faut avoir un modèle financier qui permettra de la préserver. » Entre gratuit et payant, les médias numériques n’ont pas tranché. La vraie condition d’une mutation numérique réussie sera de jongler entre un positionnement particulier et un modèle économique efficace.  Le tout est de les trouver.

Anne-Sophie Warmont

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TNT : MCE TV veut saisir sa chance

MCE alterne JT, talk shows, séries et chroniques sur les thématiques de la vie étudiante et de l'insertion professionnelle. Créditst : MCETV

Mardi, les candidats pour la diffusion de six nouvelles chaînes sur la Télévision Numérique Terrestre ont déposé leur dossier auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Face à la pression des groupes historiques, plusieurs petites chaînes ont abandonné. Une des dernières en lice, Ma Chaîne Etudiante TV, est déterminée à jouer le jeu jusqu’au bout.

C’est un peu l’histoire de David contre Goliath. Ma Chaîne Etudiante TV, petite chaîne destinée aux 16-30 ans et fondée en 2009, s’est portée  candidate mardi pour passer sur la TNT aux côtés des groupes historiques TF1, NRJ ou Canal+. Les chances de ce média, présent uniquement sur les bouquets ADSL et CanalSat, sont minces. Les grandes chaînes agissent en coulisses pour limiter les nouveaux entrants. Ludovic Place, directeur de la rédaction, reste enthousiaste : « Sur les six canaux proposés par le CSA, quatre ou cinq sont verrouillés, mais il y a une place pour un outsider ». Seule condition pour espérer être un candidat sérieux : répondre aux attentes du CSA, qui sera seul juge et délivrera ses autorisations en mai 2012.

Le petit poucet du PAF espère séduire grâce à son positionnement original. « La chaîne s’adresse aux étudiants et jeunes actifs. Elle possède une quasi-exclusivité sur ce secteur, assure Ludovic Place. Aujourd’hui tous les hommes politiques veulent s’adresser à la jeunesse et parler de leurs problèmes. C’est ce que nous faisons ». La chaîne alterne journaux télé, émissions, chroniques et séries, autour de trois axes : information, orientation et divertissement. Autre élément indispensable : « La chaîne est faite par des journalistes aguerris et non des étudiants, il faut éviter la confusion », précise Ludovic Place.

Dans la guerre féroce de la TNT, MCETV doit prouver qu’elle a les reins solides. « Laspect économique sera placé au même niveau d’importance que le projet d’éditorial », estimait récemment une source proche du CSA dans Les Echos. Les frais de diffusion, estimés à 10 millions d’euros, n’ont pas refroidi les ardeurs du fondateur et seul investisseur de MCETV, Pierre Azoulay, ancien directeur du groupe Paris Graduate School of Management. « Nous constituons un dossier avec de nouveaux investisseurs et des partenariats pour que la chaîne puisse se mettre en route et durer dans le temps, assure Olivier Decard, président du cabinet de conseil Galaxy et proche du président de la chaîne.

Dans l’ombre du champ de bataille, la chaîne active ses réseaux et travaille dur pour se montrer convaincante au moment des auditions des candidats par le CSA. « C’est là que tout se joue, évoque Olivier Décard, « coach » de la chaîne sur ce dossier. Il faudra montrer que MCETV ne sera pas une chaîne perdue parmi 25 autres ». Une étape que plusieurs petits candidats ont déjà oubliée. Warm Up Interactive annonçait récemment l’abandon de la candidature de sa chaîne dédiée au public masculin, Men’s Up, face à l’ampleur des difficultés. La combativité de MCETV fera-t-elle la différence ? « Pierre Azoulay veut faire vivre sa chaîne et fera tout pour y arriver », garantit Ludovic Place.

Gaëlle Coursel

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Al Jazeera bouscule Canal + sur le marché des droits du sport

En espérant que la bataille ne vire pas à la bagarre générale comme en Ligue des Champions asiatique. Crédits : Reuters

Al Jazeera a raflé début décembre les droits pour la diffusion en France de 133 matchs de la Ligue des Champions de football par saison sur la période 2012 – 2015, grâce à une offre mirobolante de 61 millions d’euros. En acquérant ces droits historiquement détenus par Canal +, la chaîne qatarie a un peu plus affiché son ambition : concurrencer la chaine cryptée sur un de ses terrains de prédilection, le sport. Et, si l’optimisme est de rigueur à Canal +, l’affirmation de ce nouvel acteur risque de changer la donne.

L’annonce de l’obtention par Al-Jazeera d’une part importante des droits TV français de la Ligue des Champions a provoqué un petit séisme dans la sphère médiatico-footballistique.

Il faut dire que l’offre de la chaîne qatarie a bouleversé un système établi depuis des années : TF1 diffusait l’affiche de son choix de chaque journée de Ligue des Champions, ainsi que la finale, et Canal + détenait les droits de tous les autres matchs. A compter de la saison prochaine, et jusqu’en 2015, c’est l’antenne sport du groupe qatari qui disposera de l’offre de la chaîne cryptée, obligée de se rabattre sur le lot de TF1. En clair, il n’y aura que 13 matchs de C1 par saison sur Canal +, contre 133 actuellement, aucun sur TF1.

Une vraie révolution pour les habitués des joutes européennes, mais un verdict que les dirigeants des deux chaînes ont accueilli sans sourciller: TF1 a déclaré ne pas regretter un produit peu rentable et Canal + s’est félicité du lot obtenu. Contacté, son PDG Bertrand Méheut se justifie : « Ce n’est pas un coup dur parce que nous avions anticipé l’offensive d’Al Jazeera sur nos droits. En concentrant nos efforts sur le dernier lot, nous avons perdu en volume, mais gagné en valeur puisque nous proposerons la plus belle affiche de chaque journée ».    

Canal + a tout de même sensiblement amélioré son offre (50 millions d’euros contre 31 auparavant) pour décrocher ce lot. Un investissement vital face à l’offensive qatarie, car si la chaîne sport d’Al Jazeera n’émet toujours pas en France, ses dirigeants semblent déjà décidés à marcher sur les plates-bandes du groupe Canal.

La menace fantôme

D’Al Jazeera Sport – le nom n’est pas définitif – on ne sait pas encore grand chose, si ce n’est qu’elle devrait être lancée au printemps 2012 en France, autour de l’ancien patron du service des sports de Canal +, Charles Biétry. Surtout, elle bénéficiera des moyens quasi-illimités de son propriétaire, le richissime Émir du Qatar. Parce que ses abonnements dépendent en partie de son offre sportive, Canal + devra donc composer avec les milliardaires qataris sur tous les terrains de sport.

Là encore, Bertrand Méheut se veut plutôt optimiste : « Nous ne pouvons pas dépenser sans compter, donc nous perdrons des droits mineurs, d’autres championnats européens, par exemple. Mais, avec la Ligue 1, le Top 14 ou encore le Tennis, notre offre en sport reste la plus large et la meilleure ».

Pour le moment du moins, car l’appétit des qataris semble sans limites. S’ils n’ont obtenu l’été dernier qu’une part minime des matchs du championnat de Ligue 1 pour la période 2012 – 2016, rien ne semble pouvoir les empêcher d’attaquer le produit phare de la chaîne cryptée lors du prochain appel d’offre.

Une perspective lointaine qu’on ne préfère pas encore évoquer du coté Canal +, alors que plusieurs journalistes auraient déjà quitté le navire pour rejoindre le nouveau concurrent…

Thomas de Saint Léger

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TF1 à Louviers : les habitants entre fierté et timidité

TF1 délocalisera une partie de ses studios à Louviers à l’occasion de la présidentielle. Crédits : Le Cercle de l’Info

La première chaine de télévision organisera, durant la campagne présidentielle, quatre émissions sur le modèle de « J’ai une question à vous poser » de 2007, où un candidat sera face à un panel de lovériens. Il est également prévu un plateau, le soir du premier tour, animé par Jean-Pierre Pernault. Les habitants, qui ont appris l’information par voie de presse, sont ravis de cette arrivée, mais se disent réticents à l’idée d’interroger les politiques les yeux dans les yeux.

« Excellente idée, merci TF1 ! », « très bien ! », « très bonne idée ! », « très bon effet ! », « pas mal du tout » : les superlatifs pleuvent en cette journée nuageuse du côté de l’Eure. Les habitants de Louviers ont hâte que le présentateur du JT des terroirs, Jean-Pierre Pernault, viennent leur rendre visite. « Les gens vont être contents de le voir. Il va leur faire bon effet », pronostique Jérôme, libraire.

Depuis que Catherine Nayl, la directrice adjointe de l’information de TF1, a annoncé, dans les colonnes du Figaro que sa chaîne allait s’implanter dans la ville qui vote « à gauche aux locales, à droite aux nationales », les lovériens sont heureux.  « On avait ras-le-bol que les habitants des petites villes soient oubliées », clame Kamel, fonctionnaire dans l’environnement. « C’est une agréable surprise ! », poursuit-il, pour l’ancien fief de Pierre Mendès-France et de jeunesse d’Olivier Besancenot.

Les habitants pensent aussi que la couverture de leur ville intermédiaire ne peut qu’être une vitrine pour eux. «Cela va enfin mettre en avant ce qui se passe ici », espère M. Chapô, artiste-peintre, quand Timothée, lycéen, prie pour que « cela donne une image assez dynamique». Cela ne modifiera pas pour autant leur distanciation à l’égard de la politique. « Cela ne va pas changer notre vie. Ils parlent, mais ne font rien », regrette Julien, apprenti boulanger.

« Etre à la hauteur »

De la même manière, les autochtones ne s’imaginent pas figurer dans le panel des intervieweurs politiques. Comme l’a expliqué, en son temps, Daniel Gaxie, ils ont tendance à s’auto-exclure du jeu. Ainsi, Cédric, hôtelier, juge qu’«il y a des gens bien plus compétents que lui ». En effet, sur dix-sept personnes rencontrées, seuls deux aimeraient faire partie des élus. Benoit, par exemple, qui « prépare Science-Po », se dit « très intéressé ».

Chez les commerçants, la neutralité est un devoir. Ils s’interdisent de s’exprimer comme les autres, jurent-ils, risquant d’avoir des comptes à rendre à leurs clients… Le boucher-charcutier du centre-ville, M. Coutard, considère que « chacun doit être à sa place » et que « ce n’est pas son métier ». « De toute façon, je suis trop sanguin », précise-t-il. Gérard, horloger, appelle le lovérien à « être à la hauteur », lui-même ne pouvant participer, car demeure le risque d’une « phrase trop mal interprétée ».

A la mairie, en revanche, satisfaction à l’accueil comme au cabinet du maire. Franck Martin, l’édile radical de gauche depuis 1995, remercie TF1 dans Paris-Normandie : « la notoriété de la ville et son image en ressortiront renforcées ». Seule note discordante : Marie-Jeanne, ancienne colistière jusqu’en 1998, qui, elle, « s’en fout » et qui invite à ne pas regarder car « c’est une télévision de droite ».

César Armand

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Papier de prestige

Un format de qualité pour une presse de qualité - quand le fond rencontre la forme Crédits : Direct Matin

Les revues de prestige, la solution pour le renouveau du support papier ? Face à une information courte, rapide et gratuite, diffusée sur Internet, l’imprimé semble lui s’imposer peu à peu comme le repère de la qualité journalistique. Focus sur ces nouvelles publications, appelées Mooks*, alliant reportage et création artistique, et qui proposent une information de qualité pour laquelle le lecteur est davantage prêt à payer.

La scène se déroule en novembre dernier, à Poitiers. Le théâtre de la ville accueille la cinquième édition des Assises Internationales du Journalisme, qui réunissent pour trois jours tout ce que le pays compte comme personnalités influentes, des néophytes, des hommes de presse ou des politiques. Y était organisée une rencontre entre Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche et candidat déclaré à la présidentielle 2012, et Nicolas Demorand, jeune rédacteur en chef du quotidien Libération et ancienne gloire matinale de France Inter. Mission leur était demandée de débattre pendant une heure, et sous les yeux de la profession, de la situation de la presse, de journalisme et de son rapport au politique. Une occasion trop belle pour la laisser filer : dans une envolée d’une dizaine de minutes, Nicolas Demorand a proposé à l’auditoire un avenir pour la presse papier. Cette dernière, il est vrai, en manque un peu depuis quelques années.

« Il n’y a pas en France une crise de l’information mais une crise de la presse papier. Il faut se faire à l’idée que le support papier devient maintenant un objet de prestige, des publications luxueuses, qui donnent le temps aux journalistes pour proposer des sujets longs ». Applaudissements soutenus.

Le pavé a été jeté. Pourquoi s’obstiner à faire vivre un modèle de presse écrite qui ne trouve plus son public ? Ne vaudrait-il pas mieux repenser ce support pour proposer une nouvelle offre, efficace et viable ? L’analyse de Nicolas Demorand n’est pas une nouveauté dans le monde de la presse écrite : ces dernières années, le succès insolent de certaines revues imprimées semble lui donner raison.

Adieu consommateur, bonjour lecteur !

Pionnière dans le domaine, la revue XXI a été fondée en 2008 par Patrick de Saint-Exupéry. « Ce fût surtout une occasion de créer. Nous sommes noyés sous un flot d’informations et ne prenons plus le temps de nous arrêter. La revue XXI, c’est un désir de revenir au réel, un besoin de se détacher des aiguillages, de se concentrer sur les éléments de vie. » Cette revue trimestrielle comporte un peu plus de 200 pages. Des planches de bandes dessinées, des croquis et de la photographie y alternent avec de grands reportages, des articles longs et des débats d’opinion. Le tout dans un graphisme très efficace, véritable empreinte de la publication. Le succès est indéniable : XXI se vend aujourd’hui à 45 000 exemplaires.

Patrick de Saint-Exupéry se souvient de l’audace du lancement de la revue en 2008. « Nous ne visons pas de public précis, nous nous adressons à un lecteur, qui peut avoir 10 ans comme 65 ans. Nous ne sommes donc pas dans le monde du consommateur, qui fonctionne avec ce concept aberrant de cible. Nous avons fait exactement le contraire de ce que voudrait la logique économique : nous avons d’abord pensé XXI, et elle a ensuite trouvé son public. »

Une revue trimestrielle, « écrite par des auteurs et non des journalistes », pour prendre le contre-pied de flux d’information trop rapides et trop denses. : « On est tellement vers le lecteur qu’on n’est pas vendu dans le kiosque mais dans la librairie, donc l’endroit où vient le lecteur par essence même. »

Selon Jean-Marie Charon, chercheur au CNRS et sociologue des Médias, le succès de ces revues s’explique par un long cheminement de la presse française. « La presse magazine est très développée en France. C’est aussi une presse qui a conçu des manières d’aborder le lectorat sous des angles et des récits très différents. C’est compréhensible que ces publications, apparaissent en France parce que la presse magazine y est très vivante et diversifiée. La France a une histoire du magazine, avec beaucoup de recherche. »

Le prix de la qualité

Avoir en main un numéro de ces revues amène rapidement à se rendre compte qu’il s’agit d’un bel objet, qu’il faut lire, garder et ressortir dans quelques années. Un bel objet qui additionne les exigences dans les domaines journalistique, artistique et littéraire, pour proposer une offre nouvelle.

« Au regard de l’évolution de la presse écrite en France, on va être obligé de réfléchir à de nouvelles formes de récit, beaucoup plus littéraires, sinon le lecteur n’aura plus de raisons suffisantes pour privilégier l’imprimé sur d’autres supports. On a donc dans ces revues une recherche en train de se faire. On a un laboratoire pour repenser l’avenir de ce que seront les récits journalistiques sur le support imprimé de demain », commente Jean-Marie Charon.

L’originalité de ce support tient aussi dans le fait qu’il est entièrement dépourvu de publicité, « pour laisser au lecteur la liberté de son esprit » explique Patrick de Saint-Exupéry. La revue XXI ne tourne donc que sur les fonds générés par la vente de ses numéros, proposés à 15€. « La logique est de rémunérer le juste travail des auteurs, et le lecteur prend conscience que c’est lui, en achetant, qui rémunère celui qui a écrit le papier qu’il va lire », poursuit M. de Saint-Exupéry, «et jamais un lecteur ne s’est plaint du prix de la revue ».

L’information de qualité sur un support luxueux pourrait être alors la voie du renouveau pour le papier. Une hypothèse que soutient Jean-Marie Charon. « Si vous voulez faire payer une information, il faut qu’elle soit d’une qualité indiscutable. On est aujourd’hui dans la période des gratuits, alors on en vient à se demander si ces revues sont trop chères, mais le problème n’est pas là. Si l’information et la forme qu’on lui donne, son mode de traitement et son récit sont d’une qualité évidente, à ce moment là, la question du prix se pose moins. Nous sommes dans un laboratoire de l’imprimé : le papier n’existera demain que là où les lecteurs auront le sentiment qu’il n’y a pas d’équivalents sur d’autres supports. »

Timothée Brisson

*Mooks : néologisme basé sur les mots anglais « magazine » et « books ». Exemples de Mooks :  XXI, 6 Mois, Usbek & Rica

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