Archives de Catégorie: Politique

Aux Etats-Unis, la vie est dure pour les petits partis

Montage Le Cercle de l'Info

Aux États-Unis, l’opposition est traditionnellement concentrée par les Républicains lorsque les Démocrates sont au pouvoir, et inversement. Pourtant, il existe d’autres partis politiques qui tentent de se faire entendre.

Green party, Libertarian party, Democratic Socialists of America… Sans doute ne connaissez-vous pas ces noms de partis politiques. Pourtant, à côté des deux mastodontes républicain et démocrate, ils existent. Ou tentent d’exister. Ces formations ne disposent d’aucun siège ni à la Chambre des Représentants ni au Sénat. Comme en France, l’élection présidentielle est une tribune pour leurs idées.

Pourtant, les mentalités diffèrent entre la France et les États-Unis. Pascal Clément, ancien ministre et auteur de l’ouvrage Partis politiques minoritaires aux États-Unis,  juge que la politique américaine ne doit pas être étudiée « avec un œil français ». Pour lui, ces partis connaissent surtout une existence locale. « Il y a énormément de partis dans les États, qui ne sont pas forcément présents aux élections nationales ». « Ce n’est pas une question de manque d’argent, mais de manque d’adhérents », ajoute Pascal Clément.

Ron Paul, libertaire en 1988, républicain en 2012

L’argent permet toutefois de pouvoir concourir dans les 50 États américains à l’élection présidentielle. C’est même indispensable, selon l’historien Denis Lacorne. « Sans une fortune personnelle considérable, il est impossible d’y prétendre ». L’universitaire rappelle que Barack Obama a dépensé 700 millions de dollars en 2008 pour sa campagne, notamment pour l’achat d’espaces publicitaires.

En 1992, Ross Perot avait réalisé un score honorable (18%) pour un pays marqué par le bipartisme, terminant troisième derrière Bill Clinton et George Bush père. Le milliardaire était alors indépendant. Quatre ans plus tard, pour le Parti réformateur qu’il avait créé, Perot terminait de nouveau troisième, mais avec moins de voix (8%). La complexité des lois américaines l’avait obligé à se présenter comme un indépendant dans certains Etats. Républicains et Démocrates s’étaient par ailleurs arrangés pour qu’il soit exclu des débats présidentiels.

Pour exister politiquement, certains représentants des petits partis n’hésitent pas à concourir sous l’étiquette d’un des deux grands partis, à l’image de Cynthia McKinney, candidate des Verts à la présidence en 2008, rattachée au Parti démocrate au Parlement. Ron Paul, l’actuel candidat à la primaire républicaine, a, pour sa part, été candidat en 1988 pour le Parti libertaire.

« Des partis pas représentatifs »

En France, même les plus américanophiles ne sont guère sensibilisés à la question. « Nos interlocuteurs sont essentiellement issus des deux grands partis », explique Louis Giscard d’Estaing, le président du groupe d’amitié France – États-Unis de l’Assemblée nationale. « Notre rôle n’est pas de rencontrer les partis non représentatifs de la vie politique américaine », confirme le député Patrick Balkany, membre du groupe.

François de Rugy, député Europe Écologie – Les Verts et vice-président du groupe d’amitié, raconte avoir échangé sur les idées écologiques lorsqu’il s’est rendu en Californie. « Ils connaissent des difficultés à obtenir une couverture sur l’ensemble du pays. » Preuve en est la candidate du Green Party en 2008, qui n’a pu se présenter que dans la moitié du pays. Il faut en effet un certain nombre de parrainages dans chaque État pour se porter candidat.

Thibaut Geffrotin et César Armand

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Retrouvez un panorama des élections de 2012 sur le blog Les insoumis, 2012 : un bon coup dans les urnes

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Déclaration de Nicolas Sarkozy sur TF1 : « Un manque d’énergie et de conviction »

Capture écran du site du Président-candidat

Le communicant politique Philippe Moreau-Chevrolet a été « surpris par le ton peu inspiré » du chef de l’Etat hier soir sur TF1. Co-auteur du blog Yes they can sur L’Express.fr avec le journaliste David Medioni, le spin-doctor remarque également que « Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne ».

L’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été dévoilée aujourd’hui. Il est debout regardant vers l’Est, avec en arrière-plan la mer.  Se prend-t-il pour « un capitaine courage tenant fermement le gouvernail » comme l’avait qualifié Laurent Wauquiez après le discours de Toulon de 2008 ?
C’est une affiche mitterrandienne avec ce soleil qui se lève. Cette posture de 3/4 est intéressante. Elle donne une image de majesté, comme la monnaie, avant, à l’effigie des rois et des empereurs. C’est une posture présidentielle. La mer, en revanche, peut évoquer les vacances. Ce n’est pas un choix très approprié, mais elle est également symbole de sérénité et d’apaisement.  En tout cas, Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne.

Nicolas Sarkozy s’est déclaré, hier soir, sur TF1, chaîne propriété de Martin Bouygues. Ne risque-t-il pas de renforcer son image de Président des riches et du Cac 40 ?
TF1 est avant tout la chaîne la plus regardée, où il y a le plus d’audience. La question est de comprendre pourquoi il s’est contenté de cela. Pourquoi il n’a pas fait un véritable évènement ? J’ai été surpris par son ton peu inspiré. Il manquait d’énergie et de convictions. Je n’ai pas compris, non plus, son positionnement sur le fond entre présidentialisation et appel au peuple. C’est difficile d’affirmer les deux en même temps. Peut-être est-ce dû à son impopularité qu’il se sent obligé d’annoncer des référendums ? C’est une manière de déplacer les enjeux, mais cela s’avérera peut-être audacieux.

Dans un article de Martine Delahaye dans Le Monde du 25 octobre 2009 sur Jacques Pilhan, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l’Elysée de 1982 à 1991, raconte que le conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac aimait répéter que « la réalité, c’est le JT de 20h de TF1 ». Rien n’a changé depuis 30 ans ?
La forme qu’avait élaboré Jacques Pilhan a changé. La formule a évolué. Elle n’est plus efficace. Maintenant, il y a une démultiplication des canaux : télé, internet… La caisse de résonance médiatique n’est plus la même. C’est en constante évolution. Il faut toujours inventer de nouveaux concepts. Mais Pilhan avait compris une chose : il faut parler aux gens là où ils sont. C’est au politique de s’adapter. Imposer à l’électeur d’aller à un endroit particulier ne fonctionne pas. Regardez les partis politiques qui ont créé des réseaux sociaux fermés, ils se sont plantés. (Philippe Moreau-Chevrolet fait référence, notamment, aux Créateurs de Possible, ce réseau intra-UMP qui a coûté 500 000 € avant d’être fermé)

Hier soir, au même moment, François Hollande était en meeting avec au premier rang Denis Podalydès qui a justement joué le rôle de Nicolas Sarkozy dans La conquête. Charles Aznavour chantait déjà pour Giscard en 1974.  Pourquoi les candidats s’entourent-ils de célébrités ?
Cela permet de toucher aux émotions des gens, d’essayer de les faire vibrer. Soit vous faites un discours très réussi, comme celui du Bourget, soit vous jouez la proximité avec les stars pour créer du consensus populaire. Ces symboles de la société civile demeurent en effet des vrais relais d’opinion. On ne peut pas seulement gagner parce qu’on est le meilleur, il faut aussi créer de l’émotion.

Nicolas Sarkozy s’est inscrit, hier matin, sur Twitter. Pour le journaliste Marc Fannelli-Isla, auteur de Guide pratique des réseaux sociaux, c’est une « obligation » pour tout homme politique car les ignorer, c’est « ignorer le peuple et les électeurs » Etes-vous d’accord avec cette injonction ?
Oui et non. Non, d’abord, car parler du peuple en tant que cible électorale ne fonctionne pas. Oui, sinon, car c’est essentiel pour le politique de rejoindre les réseaux sociaux. Twitter est nécessaire pour parler aux relais d’opinion journalistiques qui ont besoin, régulièrement, d’informations actualisées. Cela montre, en outre, que le candidat à la présidentielle est à la page. Facebook sert à toucher le grand public. Il faut être partout là où il y a des électeurs. Une voix reste une voix.

César Armand

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Matthieu Lamarre, le MoDem du web

Responsable de la web-campagne de François Bayrou, Matthieu Lamarre a deux passions : la politique et le journalisme.

M.Lamarre répond aux médias après le lancement du nouveau bayrou.fr Crédits : Le Cercle de l'Info

C’est le grand jour au 133 bis, rue de l’Université à Paris. Dans un petit amphithéâtre du siège du Mouvement démocrate, Matthieu Lamarre présente le nouveau site bayrou.fr, mardi 7 février, accompagné de Jean-François Martins, directeur de la communication du candidat Bayrou. Cheveux bruns et courts, jean bleu, tee-shirt et veste noire, Matthieu Lamarre est assis derrière son Mac. Micro en main, il déroule les différentes facettes de la nouvelle plate-forme, qu’il souhaite proche des militants.

Le Rouennais de 23 ans ne quitte pas des yeux ses différents écrans. « Devenez volontaire de la campagne » est le premier message délivré en « une » du site. Des badges colorés s’affichent avec ces inscriptions originales pour un site de campagne présidentielle : « Je fais chauffer le web », « Le web m’anime », « Je maîtrise le web ». Chaque militant-naute qui participe à relayer le message de François Bayrou est ainsi récompensé par des points, et gravit les catégories selon son degré d’engagement. L’objectif ? Attirer les internautes peu habitués à la politique, décrypte Matthieu Lamarre. « Nous voulons décloisonner les portes de la politique. »

« Un poste de contenu »

Pendant la présentation, Jean-François Martins demande de l’aide au jeune homme pour une fonction de son smartphone. Problème réglé en trois secondes. Matthieu Lamarre est à l’aise avec la mini-technologie. Il affiche une vie bien remplie pour ses 23 ans. Un parcours où deux lignes se croisent de manière insistante : la politique et le journalisme. « J’ai toujours hésité entre les deux. » Alors qu’il écrit déjà pour des magazines lycéens, il prend sa carte à l’UDF en 2006, soutient Bayrou à la présidentielle de 2007 et le rejoint ensuite au Modem, quand beaucoup d’autres rallient Nicolas Sarkozy et fondent le Nouveau Centre. « Je pense que François Bayrou est le meilleur pour être président de la République », dit-il tout simplement.

Bac littéraire, licence d’histoire, piges pour le groupe L’Etudiant et le quotidien Le Monde… Matthieu Lamarre s’engage en parallèle de plus en plus au Modem. En 2008, il devient maire-adjoint de la commune de Bures-sur-Yvette (Essonne). Depuis 2009, il est aussi président des Jeunes Démocrates de l’Essonne. Politique et journalisme, Lamarre ne souhaite pas pour le moment abandonner l’un ou l’autre.

« Si Bayrou a un problème avec son Mac, il posera la question lui-même sur un forum »

Au Modem, le Rouennais a trouvé le job idéal. « Je reste sur un poste de contenu. Je gère les rubriques du site, j’ai une véritable équipe rédactionnelle, avec un rapport journalistique. » Matthieu Lamarre l’assure, il n’est pas l’hagiographe de François Bayrou. « Bien sûr, c’est de la com’. Bien sûr, les photos seront belles. Mais nous voulons fournir dans nos textes de l’information brute, plutôt neutre. » Laisser l’internaute juger lui-même pour éviter de provoquer « un effet inverse », c’est la volonté de ces démocra-nautes dirigeants. Un pôle web qui emploie aujourd’hui 6 personnes à temps complet. « C’est un staff évolutif. Nous serons une quinzaine au plus fort de la campagne, début avril. » Une équipe très active sur les réseaux sociaux, Lamarre en tête, avec 1 500 abonnés sur son compte Twitter personnel. Sur le réseau gazouilleur, deux comptes estampillés Bayrou twittent à longueur de journée. L’un est géré par l’équipe de Matthieu Lamarre (@NousBayrou). « Nous y avons un ton décontracté. Ce n’est pas une machine, ni un anonyme qui répondent. »

L’autre est géré par le candidat lui-même. « François Bayrou est très web », juge Matthieu Lamarre. « Il propose autant d’idées que nous. Il a conscience qu’Internet est une vraie révolution culturelle. » Et de poursuivre. « Si François Bayrou a un problème avec son Mac, il ne va pas venir nous voir. Il ira poser la question lui-même sur un forum. »

Avant notre entretien, Matthieu Lamarre prend le temps de répondre à tous les autres journalistes présents, qui le questionnent sur le lancement du site internet. Il dit ne pas vouloir « faire de la politique un métier ». Au parti du centre, il a trouvé son juste milieu. « C’est un poste de conviction. Je me rends et me sens utile ». En quelque sorte, Lamarre est un « salarié militant ». Il parle souvent de « second tour » pour François Bayrou, convaincu que son candidat y arrivera. Preuve de son militantisme, il n’hésite pas à signaler que pour le site bayrou.fr, « les deux prestataires sont basés en France, avec une technologie française ». Produire en France, thème de campagne bayrouiste, jusqu’aux fondements du web.

Thibaut Geffrotin

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Le Parti Socialiste peine à exister à Boulogne-Billancourt

Une partie de l'équipe PS de BB de Pierre Gaborit à Jean-Michel. Crédits : Le Cercle de l'Info

Au marché Escudier de Boulogne-Billancourt, la candidate socialiste aux législatives, Martine Even, et son suppléant, Vincent Guibert, tentent de se faire entendre auprès des habitants. La tâche est rude : le dimanche matin est aussi le terrain de chasse de l’UMP Thierry Solère, actuellement en guerre ouverte contre le parachutage de Claude Guéant.

Le panneau de signalisation municipal affiche -3°C. Il est 10h30 : les socialistes viennent d’arriver au marché Escudier de Boulogne-Billancourt. Sophie, habitante, interpelle Martine Even, la candidate PS aux législatives : « Vous allez les battre quand même ! Qu’est-ce qu’il a fait ici Thierry Solère (ndlr : le candidat dissident de l’UMP)? Les rues sont d’une saleté repoussante ! »

Et voilà justement l’élu de droite qui débarque, interrompant la conversation, et qui embrasse sa collègue du conseil municipal Martine Even. « La question du quotient familial me dérange. Ça mériterait plus d’explications », conclut Sophie. L’élue socialiste s’éloigne avec elle pour expliquer la position de François Hollande.

Une militante : « Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy »

Les militants qui accompagnent la candidate socialiste espèrent la voir gagner en juin prochain. Xavier Duplat, secrétaire de la section de la ville, renvoie dos à dos Thierry Solère et Claude Guéant, qui compte se parachuter à Boulogne : « Ce sont juste des ambitions qui se confrontent. Ils voteraient les mêmes lois s’ils étaient élus tous les deux. »

Chloé Jaillard, qui a remporté 38% des voix aux dernières cantonales face à Thierry Solère, est confiante : « On est bien accueillis. Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy. Les quartiers qui votent à droite et au centre se sont déplacés pour les primaires. Il y a une vraie dynamique ».

Martine Even briefant une militante. Crédits : Le Cercle de l'Info

Une habitante : « Solère n’a rien fait pour la ville, mais c’est mon copain »

Les résidents du quartier ne s’arrêtent pas ou peu. « Ils ne sont pas hostiles, mais c’est plus facile à Billancourt », explique la candidate Martine Even. Il ne faut pas désesperer Billancourt donc, mais à Boulogne-Centre, les militants socialistes sont pourtant pris à partie.

L’un d’eux vient se confier à Martine Even et à son suppléant Vincent Guibert : « Il y en a un qui a pris le petit livre et il l’a jeté par terre. Puis, il m’a dit « Ramassez-le, c’est votre boulot! ». Un autre habitant, lunettes rondes sur le nez, gronde une militante : « Avec Hollande, ce sera la ruine! »

Une quinquagénaire en manteau de fourrure illustre, elle, la contradiction de certains : « Il n’a rien fait pour la ville, mais Solère est mon copain, je voterai pour lui au 1er tour. » « Aux présidentielles, oui à François, aux législatives, oui à Thierry! », comme elle le résume.

Solère : « les Boulonnais sont majoritairement de droite »

Croisé également, l’ex-maire Pierre-Mathieu Duhamel ne veut pas prendre position pour l’un ou l’une des candidats : « On est sur le marché. J’aime ce spectacle de la démocratie vivante. » L’homme refuse en effet d’être pris en photo avec Thierry Solère ou Martine Even.

Mais Thierry Solère ne craint pas une victoire de la gauche : « Les Boulonnais sont majoritairement de droite. » Preuve à l’appui : le vice-président du Conseil général du 92 sort son iPhone, et lit un mail de Régis B : « ma mère de gauche va voter pour vous ».

César Armand

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Lire aussi :
Lettre de Guéant : la candidate PS dénonce « une grosse maladresse » 
Interview d’Antoine de Jerphanion, proche de Thierry Solère, candidat à l’investiture UMP à Boulogne-Billancourt 

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Renault à Tanger : « une stratégie bas de gamme » selon Pierre Lellouche

Montage Ratgemini.wordpress.com/Premiere.fr

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a débattu, hier, avec Arnaud Montebourg dans les locaux de L’Expansion sur le protectionnisme et la démondialisation. Les deux hommes se sont trouvé des points de convergence, même si Pierre Lellouche n’a pu s’empêcher d’attaquer son adversaire socialiste.

« On marche sur la tête! », s’exclame Pierre Lellouche, lorsque la journaliste rappelle l’inauguration, aujourd’hui, d’un site de production Renault à Tanger, au Maroc. « Mais c’est vous l’Etat l’actionnaire de ce bazar ! C’est dingue ! », réplique Arnaud Montebourg, sous les applaudissements du public de L’Expansion et de l’Institut de l’Entreprise.

« Cette stratégie de Renault est bas de gamme », confirme le secrétaire d’Etat au commerce extérieur. « La mondialisation mène à l’impasse, elle sous-rémunère le facteur travail. Il faut faire une politique industrielle », plaide le troisième homme de la primaire PS. Plus tôt dans la matinée, Pierre Lellouche lui donnait raison : « Nos problèmes de compétitivité ne sont pas dus à la Chine ou à l’Inde. L’enfer c’est nous-mêmes. La dernière politique industrielle c’était sous de Gaulle et Pompidou. »

Montebourg : « Madame Le Pen veut casser l’Europe »

Chassez le naturel, il revient au galop. Le secrétaire d’Etat accuse Arnaud Montebourg de « revenir aux années 30 » en utilisant le terme « ploutocratie » pour qualifier le système actuel. « Changez de logiciel. Regardez le monde tel qu’il est! », exhorte Pierre Lellouche. « Ces caricatures qui nous font passer pour des fous, je n’en veux pas. Ayons l’intelligence de réfléchir collectivement », répond le président du Conseil général de Saône-et-Loire.

« L’Union Européenne était une union douanière. Elle aurait dû le rester. C’est comme si vous coupiez une jambe et un bras », s’époumone Arnaud Montebourg. « Montebourg, Mélenchon et Le Pen disent la même chose » s’agace Pierre Lellouche. « Ce n’est pas vrai ! Madame Le Pen veut casser l’Europe », le coupe le député. « Travaillons avec la réalité. Arrêtons de nous raconter une histoire. Ca suffit! ». Deux derniers mots également utilisés par François Hollande, mardi soir, pour couper court à la riposte de l’UMP à la suite de la question à l’Assemblée de Serge Letchimy…

César Armand

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Claude Guéant a été « traité de nazi » à l’Assemblée, selon Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez dédicaçant le livre d’or de Dauphine Discussion Débat. Crédits : Le Cercle de l’Info

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche était l’invité, mardi soir, de l’association Dauphine Discussion Débat. Deux mois après le débat avorté avec Marine Le Pen,  Laurent Wauquiez est revenu sur l’affaire Guéant, l’Allemagne et ses attributions ministérielles.

« Est-il criminel de dire que la civilisation athénienne a apporté plus que la civilisation spartiate ? », s’interroge Laurent Wauquiez à l’inévitable question sur Claude Guéant. Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, son collègue de l’Intérieur a été « traité de nazi » cet après-midi par « les tenants du dictionnaire de la bienpensance ». « C’est malsain », ajoute-t-il. Les « relativistes » sont renvoyés dans leur but : « tout lisser est une mauvaise conception de la laicité ». « C’est tourner le dos à ce qui a été construit », détaille-t-il.

Laurent Wauquiez est également sollicité sur l’interview croisée de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel hier soir.  « Pourrait-il y avoir Angela Merkel présidente et Nicolas Sarkozy Premier ministre ? » demande le dauphinois. « Dire que l’Allemagne est un pays pourri est un raisonnement de grand-papa », répond le ministre.

Autre polémique : la différence d’allocations entre Science-Po Paris et Paris-Dauphine. L’institut d’études politiques a touché 68 millions d’euros depuis cinq ans, tandis que le grand établissement a glané 55 sur la même période. Laurent Batsch, le président de Dauphine, assis au premier rang, fait une moue dubitative. « A voir sa tête, il est en désaccord profond avec moi », relève Laurent Wauquiez. Et d’assurer, ensuite, le service-avant-vote de son bilan : « c’est la première fois depuis Georges Pompidou qu’un vrai effort a été mené pour l’enseignement supérieur et la recherche. »

« Le paysage universitaire était délabré en 2007 »

Toujours sur Dauphine, il est diffusé au ministre un extrait de Villepin, qui, à la même tribune universitaire, avait qualifié, en septembre, les locaux de « vétustes ». Laurent Wauquiez n’apprécie pas que le candidat à la présidentielle « donne des leçons a posteriori » : « je n’ai pas vu d’investissement massifs à Paris-Dauphine quand il était Premier ministre ». Dominique de Villepin avait aussi appelé à plus d’infrastructures sportives. « Venez au Puy-en-Velay (ndlr : ville dont il est le maire), on n’aura qu’à transplanter », répond le ministre.

Dans son livre La lutte des classes moyennes, Laurent Wauquiez s’oppose à la hausse des frais d’inscriptions à l’université. Au lieu de répondre sur celle qui a concerné Paris-Dauphine, il rappelle les mesures du quinquennat. « Le paysage universitaire était délabré. La France avait sous-investi depuis 30 ans. Nous voulons amener nos universités à travailler ensemble, à concilier spécialisation et interdisciplinarité, et à mettre des passerelles avec les entreprises », développe le ministre.

Questionné, enfin, par Le Cercle sur Nadia Lavoignat, cette professeure de sciences physiques qui n’a pu passer l’agrégation pour cause de cortège présidentiel bloquant la ville de Dijon, Laurent Wauquiez admet « ne pas avoir vu passer le dossier ». Sa chargée de mission pour les relations parlementaires vient nous demander son nom. Le Cercle a également pris ses coordonnées. Nous vous tiendrons au courant de la suite des événements.

 César Armand

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Le Sarkoshow vu de l’UMP

Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer, son parti prépare le terrain. Crédits : U-m-p.org

Le Cercle de l’Info s’est invité, hier soir, à la soirée « live-twitter » des Jeunes Populaires au siège de l’UMP. Les jeunes du parti présidentiel avaient été conviés à réagir en direct sur Twitter à l’interview de Nicolas Sarkozy. Au menu : des pizzas, du rosé, des éclats de rire, des applaudissements, mais aussi des huées, et « l’interdiction de parler aux journalistes ».

Le rendez-vous est pris à 19h30. La salle de l’inter-étage est remplie à 20 %. Des jeunes BCBG d’environ 24 ans branchent leurs iPads et micro-ordinateurs sur les prises prévues à cet effet. Tout doit être prêt pour commencer à tweeter dès 20h10. Peu de femmes dans les travées. Aucune personne de couleur.

« Le hashtag c’est Sarkozy pas Sarkoshow », rappelle un trentenaire, barbe de trois jours et jean-baskets. Pour se connecter au wifi, il faut rejoindre le profil « presse ». Des militants avouent ne pas comprendre. Et le responsable de revenir : « Je vous rappelle que vous avez l’interdiction de parler aux journalistes ».

Les nouvelles têtes d’affiche du parti viennent alors serrer la main des e-volontaires. Les députés Valérie Rosso-Debord, Jérôme Chartier, Franck Riester et Sébastien Huygue sont là, comme le sénateur Roger Karoutchi. L’ancien syndicaliste Bruno Beschizza lance un général « Ca va les djeun’s ? ». Un petit tour et puis s’en va dans une autre salle.

Christian Jacob, le patron des députés UMP à l’Assemblée nationale, monte à la tribune : « Vous êtes chauds ? Ce que vous faites est formidable ! On a besoin de vous ! » Silence. « Les pizzas arrivent ! » Tonnerre d’applaudissements.

Ambiance studieuse

20h10 : le direct de l’Elysée commence. Les adhérents sont sérieux. Pas de bavardages. Les Pizza Hut et les bouteilles de rosé se passent de table en table. Une militante devant traîne sur Facebook. Le jeune qui twitte pour le compte « Jeunes UMP » va sur le site la-conjugaison.fr.

Nicolas Sarkozy tacle François Hollande sans le nommer : « Les Français n’aiment pas qu’on leur propose des rêves bon marché ». Et ses amis de s’exclamer derrière : « Et tac, bien envoyé ! » Le chef de l’Etat n’oublie pas Martine Aubry : « Les 35 heures sont tellement efficaces que personne ne les a oubliées ». La petite phrase fait rire aux éclats l’assistance.

Le journaliste Jean-Marc Sylvestre arrive, lui aussi, à faire sourire les militants. Son « roh bah » est repris en chœur par le public, la bouche en cœur. Les adhérents n’oublient pas non plus d’applaudir le Président lors de ses quelques moments d’humilité : « Le jour où vous pensez que tout est acquis, c’est là où vous perdez » et  » J’ai connu les ravages de l’arrogance ».

La réponse à Alain Madelin : « Je n’adhère pas aux thèses du libéralisme », provoque, en revanche, des huées du côté gauche de la salle. 21h17 : le logo UMP s’incruste sur les écrans. Le spectacle est terminé. Les équipes repartent chez elles, les mines ni défaites ni satisfaites.

César Armand

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Debout dans la campagne de Nicolas Dupont-Aignan

Olivia Sanchez à gauche de son maître à penser Nicolas Dupont-Aignan (copyright : DR)

Nicolas Dupont-Aignan et à sa gauche Olivia Giorgio. DR.

Depuis que Nicolas Dupont-Aignan, chef du parti Debout la République, se présente aux élections présidentielles, Olivia Giorgio, jeune militante, met sa vie privée de côté pour servir son parti.

Dans les couloirs dorés du théâtre du Gymnase à Paris, elle court, monte les marches quatre à quatre du haut de ses talons, distribue conseils et sourires, prend un jeune homme par la main, en salue un autre, et disparaît dans les loges. Olivia Giorgio, militante de 23 ans, s’est engagée corps et âme dans la campagne de Nicolas Dupont-Aignan, candidat à l’élection présidentielle de 2012 et chef du parti Debout la République. Dimanche 22 janvier 2012, elle assiste au lancement de sa campagne.

Derrière sa frange brune, ses yeux bleus sont perçants. « Je n’ai plus de vie privée, s’esclaffe-t-elle. Je n’ai plus le temps de sortir avec mes amis. » Son rythme de vie est intense depuis qu’elle est vice-présidente en charge de l’événementiel et de la communication de Debout les jeunes, la branche jeune de Debout la République.

« Ce qui me plaît dans cette campagne, c’est de vivre à trois mille kilomètres heure. J’adore cette adrénaline » avoue-t-elle. Pendant trois mois, elle a appelé les maires de France pour récolter les 500 signatures qui permettront à Nicolas Dupont-Aignan d’être candidat à l’élection présidentielle.

Pour le lancement de campagne, Olivia a travaillé son discours jusqu’à cinq heures du matin. « A 10 heures, pour préparer le meeting, j’étais fatiguée et à cran. C’est une pression énorme. Mais je ne pouvais pas me permettre de le montrer » raconte-t-elle.

Participer à cette campagne est un vrai plaisir. Tout sourire, elle explique que son équipe est formidable, que les militants sont « tous sur la même longueur d’onde », que la sincérité est la première qualité de Debout la République. Les militants se soutiennent les uns les autres. Tous sont très sympathiques.

Elle a choisi Debout la République pour son côté humain. « Nicolas Dupont-Aignan ne veut pas laisser les Français dépérir et le chômage augmenter, contrairement à l’UMP ou au PS » précise-t-elle. Selon elle, le candidat est « le seul homme politique courageux qui ose dire non dans l’intérêt des Français ». Idéalisme ou discours formel, aucun nuage ne semble entacher sa vision du parti.

La jeune militante veut rencontrer des gens, convaincre les indécis et se battre pour ses idées. « Mon but principal est de transmettre mes convictions à un public » assène-t-elle. Afin de servir son objectif et son candidat, elle sera bientôt actrice de la campagne à plein temps. Dès le mois de mars, elle deviendra stagiaire en communication du parti. Pour en tirer les ficelles?

Sophie-Amélie Simonnet

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Sarkozy peut compter sur l’UMP de Levallois pour gagner

Portrait de Sophie Deschiens, conseillère régionale UMP d’Ile-de-France depuis mars 2010 et adjointe à l’environnement à la mairie de Levallois (Hauts-de-Seine) depuis mars 2001.

Crédits : ump-iledefrance.fr

« Ce sera dans la douleur, mais je suis persuadée que le Président sera réélu », ainsi va Sophie Deschiens, élue à Levallois, fief de Patrick Balkany, très proche de Nicolas Sarkozy. Pour cette élue des Hauts-de-Seine, terre du Président, « il n’y a pas d’hypothèse Juppé ». Dans son bureau, les photos du Chef de l’Etat ou d’elle accompagnée de son maire valent tous les éléments de langage de l’UMP.

Se livrant sans langue de bois, elle juge « bonne » la stratégie de Nicolas Sarkozy de se déclarer tardivement. Sur le terrain, il y a une « vraie attente », assure-t-elle. « Pendant les cantonales, on se faisait démolir, un véritable enfer, mais depuis la primaire PS, les levalloisiens ne veulent plus partir à l’aventure »,  rapporte-t-elle.

Sophie Deschiens ne craint pas François Hollande. « Au PS, c’est une vraie cacophonie ! », s’exclame-t-elle. La perspective Bayrou troisième homme ne l’effraie pas non plus. « Il va faire pschitt », prédit-elle, et de pointer le décalage entre ses paroles et ses actes : « il vante le made in France et repart en Audi ». Une séquence relevée par Le petit journal de Canal Plus.

Des parkings à Twitter

L’UMP lui a déjà d’ailleurs confié quelques missions en vue de la présidentielle. Elle organisera, bientôt, avec les Jeunes Pop’, des réunions publiques avec des personnalités du gouvernement. Elle a également été désignée « e-volontaire », c’est-à-dire chargée de répondre à la gauche sur Twitter.

Elle est en effet très active sur le réseau social, où elle met le Parti Socialiste face à ses contradictions. « Un moyen percutant » pour faire passer ses idées, ajoute-t-elle. « C’est Valérie Pécresse qui m’y a encouragée pour répondre à l’opposition au Conseil régional », explique l’élue depuis 2010 avant d’avouer que ce site « ne concerne qu’une strate. »

Bien qu’adjointe à l’environnement depuis 2001, elle refuse de se définir comme une professionnelle de la politique. « J’ai eu une vie avant, j’ai travaillé à la Générale des Eaux (ndlr, Vinci), et à la Caisse des Dépôts », détaille-t-elle. « J’étais dans les parkings, pas très sexy j’avoue, mais mes clients étaient les élus », raconte la levalloisienne.

Sa première carte de militante, c’était en 1986 au Parti Républicain pour « enquiquiner » son père, un ami de Michel Debré. Dans sa lignée politique, également un grand-père maire dans l’Isère pendant 25 ans. A défaut d’avoir suivi le cursus traditionnel des dirigeants actuels, Sophie Deschiens vit de et pour la politique, au sens wébérien, qu’elle l’admette ou non.

César Armand

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Maxime Verner : « Tous les autres candidats à la présidentielle me dépriment »

Une semaine après la présentation de son programme économique et social, l’autoproclamé candidat de la jeunesse à l’élection présidentielle de 2012 revient sur l’actualité et livre ses propositions dans un entretien accordé au Cercle de l’Info.

A 22 ans, Maxime Verner est candidat à l'élection présidentielle de 2012. Crédits : maximeverner.fr

Combien de parrainages affichez-vous pour les élections présidentielles ?

A ce jour, j’ai 250 signatures acquises, et pas mal d’autres en prévision. Je pars fin janvier pour cinq semaines sur le terrain, et j’espère annoncer mes 500 parrainages le 21 février, lors de la présentation de mon programme éthique. Si je ne les ai pas à ce moment-là, je retournerai en campagne. Je suis confiant.

Votre réaction, quelques heures après la perte du Triple A par la France (l’interview a été réalisée le 13 janvier) ?

Vous me l’apprenez. Cela m’inquiète pour mon pays. Les taux d’intérêt vont augmenter. Le foyer de la dette va demeurer le premier le poste de dépenses de la France. C’est un tsunami cette information. Je ne pensais pas qu’ils allaient avoir le cran de faire cela. Cela nous coûtera près de 500 millions d’euros.

Que pensez-vous de la TVA sociale ?

C’est un impôt dépassé avant sa mise en place. Je propose de supprimer la TVA, l’impôt sur les sociétés, les charges patronales et salariales pour les remplacer par ce que j’appelle la CAC, la contribution à la croissance. Cet impôt taxerait toutes les entreprises françaises et étrangères sur leurs ventes en France. Je taxerais à hauteur de 10% sur les ventes de produit et à 18% sur les ventes de service. La plupart des entreprises s’y retrouveraient, seules les très grandes paieraient un peu plus qu’aujourd’hui.

Soutenez-vous l’instauration de la taxe Tobin ? 

Cette taxe ne peut pas être efficace. A la place, je propose une taxe « Robin des Bois ». Il ne faut pas taxer toutes les transactions, mais les banques qui spéculent, avec une taxation dégressive. On ne joue pas avec l’argent des gens.

Eric Cantona est désormais, lui aussi, à la recherche de 500 signatures. Son objectif est de soulever le problème du mal-logement en France… Qu’en pensez-vous?

Je vais lui passer un coup de fil. J’aime ce qu’il fait, il est très sincère. Il a un peu la même démarche que moi. Je suis invité par la fondation Abbé Pierre le 1er février pour ce sujet du mal-logement.

Votre opinion sur le contrat de génération proposé par François Hollande ?

Vincent Peillon, qui s’occupe de ce dossier pour François Hollande, n’a aucune vision de la jeunesse. La jeunesse, ce n’est pas uniquement l’éducation. C’est l’emploi, l’insertion… Il ne faut pas infantiliser la jeunesse. Se consacrer aux apprentis, proposer de grands projets en termes de qualité de vie, d’intergénérationnel. Cela étant, François Hollande est le seul à parler de la jeunesse.

Vous avez publié au début de l’été 2011 un livre intégrant 89 propositions pour la jeunesse. Avez-vous reçu des appels des différents candidats ?

J’ai surtout eu des propositions sur ma personne. Mais je veux qu’on reprenne mes propositions, pas moi. J’entends parler, ici et là, de quelques idées, notamment le permis de conduire gratuit, que je défends. Mais je veux des engagements, de la clarté.

Vous écrivez qu’un chômeur dépenserait 400€ par mois pour trouver un emploi. D’où tirez-vous cette information ?

De Pôle Emploi. Les déplacements, les courriers… la facture monte très vite. Par conséquent, de plus en plus de chômeurs abandonnent au bout de six mois, car ils préfèrent toucher le RSA.

Vous ne parlez quasiment jamais de gauche, de centre ou de droite dans votre livre… Où vous situez-vous ?

Je ne me situe pas. Parfois, j’entends dire que j’ai un discours de droite. A d’autres moments, j’entends que je suis de gauche. C’est assez amusant. Je fonctionne à l’humain.

Vous avez toutefois occupé des fonctions au Nouveau Centre… 

J’avais pour mission de rapprocher les élus des jeunes. Quand j’ai terminé ma mission, je suis parti.

L’unité nationale proposée par François Bayrou, cela devrait vous intéresser ?

C’est intéressant, mais il faut respecter le vote des Français. Je suis pour l’ouverture, mais la feuille de route doit être claire.

Beaucoup de vos propositions prévoient de multiples financements de l’Etat et des entreprises (par exemple, le permis de conduire gratuit). En temps de crise, n’est-ce pas un peu idéaliste ?

Il y a deux logiques en temps de crise : la rigueur ou l’investissement. Nous devons miser sur la jeunesse. Ma politique n’est pas disproportionnée.

Les entreprises vous suivront-elles ?

Oui, car elles seront gagnantes. Sinon, l’Etat peut imposer des choses.

Vous aimeriez que les lycées organisent deux heures par mois de culture républicaine. Le sociologue Edgar Morin avait appelé à instaurer une année obligatoire de culture générale après le Bac. Votre avis ?

La culture générale, plutôt axée sur le côté républicain, doit être présente tout au long de la scolarité des jeunes. Au lieu de voir nos différences, nous devons montrer ce que nous avons en commun.

Vous êtes en faveur du mariage homosexuel… Quid de l’adoption ?

Ce n’est pas à moi de décider cela. Il faudra une enquête parlementaire. Les jeunes sont beaucoup plus ouverts sur ces questions-là.

Dans une de vos propositions, vous vous exprimez en faveur de la reconnaissance du vote blanc et de l’inscription automatique de tous les citoyens sur les listes électorales… Serait-ce une manière de lutter contre l’abstention ?

Je veux dire aux gens : ‘Vous êtes impliqués’. Le vote blanc peut créer une offre politique nouvelle. J’aimerais mieux un autre choix qu’un vote blanc lorsque les Français iront voter, mais il doit être comptabilisé.

Vous voulez que chaque lycée et chaque université élise un ambassadeur de l’Europe. Dans quel but ?

Les Français ne se rendent pas compte qu’ils sont citoyens européens. Je souhaite instaurer plus d’échanges entre les jeunes européens. Nous devons parler d’Europe à nos jeunes, car cela a du sens.

Si vous ne recevez pas vos 500 parrainages pour vous présenter, pour qui voterez-vous le 22 avril 2012, au premier tour de l’élection présidentielle ?

Je n’en sais rien. Ils me dépriment tous. Je présenterai mon projet, et celui qui fera les meilleures propositions pour la jeunesse obtiendra mon vote. Mon choix ne sera pas à titre personnel, c’est la jeunesse qui compte.

Et au second tour ?

Même réponse. Sauf si Marine Le Pen est au second tour, je n’appellerai pas à voter pour elle.

Même si c’est elle qui reprend le maximum de vos propositions ?

Ce ne sera pas le cas. Elle refuse même de débattre avec moi.

Maxime Verner, ministre dans le prochain gouvernement, est-ce possible ?

Je ne serai pas ministre des Sports ou de l’Industrie. Mais si on me donne les moyens d’appliquer une politique publique de la jeunesse, j’irai. Sinon, je n’irai pas pour la gloire.

Thibaut Geffrotin et César Armand

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