Archives de Catégorie: Société

Électricité : le circuit français à court de jus

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La France perd son indépendance énergétique, en période de grand froid. Crédits photo : © Reuters.

Mardi soir, à 19h, la France a atteint un record de consommation électrique. Pour répondre à ce pic historique, le nucléaire ne suffit pas. La France a même recours a des importations d’électricité de ses voisins européens.

Près de 100 500 Mégawattheures consommés mardi soir à 19h : un taux record d’électricité que la France ne peut produire. Selon le Réseau de transport d’électricité (RTE), la France a dû importer 7 350 MW au plus fort de la demande, soit plus de 7 % de la consommation.  Pas de « black-out » mais un surcoût indéniable de l’électricité. Le pays possède pourtant le premier parc nucléaire d’Europe.

Consommation. Mardi, la Bretagne, le Var et les Alpes-Maritimes étaient en alerte orange Écowatt. Le réseau électrique reste fragile : certaines régions risquent des coupures d’électricité en cas de prolongation de la période de froid. Aujourd’hui, plus de 30% du chauffage domestique français est produit par l’électricité. L’augmentation du nombre de ménage et de l’équipement électronique de chaque foyer accroissent la demande en électricité. Un degré en moins et c’est 2.300 MWh utilisés en plus, environ le double de la consommation d’une ville comme Marseille. En début de semaine, le président d’EDF, Henri Proglio, appelait les habitants à faire preuve de plus de « civisme » et à poursuivre leurs efforts pour réduire leur consommation électrique. Mais par -10°C dehors, difficile de se passer de chauffage.

Nucléaire. Mardi soir, 55 des 58 réacteurs nucléaires étaient en marche, 3 étaient en maintenance. A 19h, le nucléaire français a produit 63% de l’électricité consommée. Mais les centrales ne suffisent pas. L’hydraulique, l’éolien et même le charbon sont mobilisés : des méthodes ancestrales qui ne pèsent pas assez lourd dans la production française. Une solution : importer. Premier pays source de la France ? Le Royaume-Uni, devant l’Allemagne et l’Italie, des pays qui utilisent moins le chauffage électrique que la France et lui préfèrent le gaz.

Surcoût. A 19h mardi, importer un MW du Royaume-Uni a coûté environ 342€ à EDF. L’électricité importée engendre un surcoût : le prix du MW est déterminé heure par heure par l’Epex Spot, la bourse européenne de l’électricité. Plus la demande est forte, plus c’est cher. La France produit une électricité à 42€ le MWh. Depuis fin janvier, le prix moyen du MWh a augmenté de 48%. Un surcoût financé par EDF : les investisseurs craignent une dégradation des marges de l’entreprise.

Le président de la République Nicolas Sarkozy s’est rendu, jeudi, à la centrale de Fessenheim. Il y a défendu, une nouvelle fois, le parti-pris français du nucléaire. Le 25 novembre, à Pierrelatte, le chef de l’État avait vanté « l’indépendance énergétique de la France. »

Apolline Bouchery

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« Bloquer le prix de l’essence reste très compliqué »

Yves-Marie Dalibard est l’ex-dir’com’ de Total. Crédits : Top Com

« Les taxes pétrolières représentent la quatrième recette fiscale de l’État ». Le porte-parole de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), Yves-Marie Dalibard, ne voit pas quel geste pourrait faire l’État en faveur des automobilistes. Le prix à la pompe atteint pourtant des records. Comptez 1€60 pour le litre de sans plomb 98, 1€56 le sans plomb 95 et 1€40 le gazole.

Comment l’essence a-t-elle pu atteindre de tels prix ?

Ce record est avant tout lié au prix du pétrole en hausse pour des raisons géopolitiques. C’est la traduction des tensions qui existent entre l’Union européenne et l’Iran. L’embargo pétrolier de Bruxelles sur Téhéran se traduit sur les prix. La relative faiblesse de l’euro par rapport au dollar est également à l’origine de cette hausse. Actuellement, un euro vaut un dollar et trente cents. Pour acheter les barils en dollars, il faut donc davantage d’euros. Un baril vaut aujourd’hui 89 €. On se rapproche des 91 € le baril, le maximum atteint en 2008.

L’arrêt de trois raffineries Petroplus, qui produisaient 400 000 barils par jour, a-t-il eu, aussi, un effet ?

Cette réduction de capacités a joué, en effet, sur les prix. C’est une explication supplémentaire de ce phénomène.

Peut-on bloquer le prix de l’essence, comme l’a demandé le candidat PS François Hollande ?

Bloquer les prix de l’essence reste très compliqué. Le prix vient de la production et des taxes. Notre pays n’a pas la possibilité de bloquer le prix du pétrole. Le marché mondial trouve toujours des acheteurs, il n’a pas besoin de nous. Par ailleurs, l’Etat arbitre les taxes mais il doit jongler entre la préservation du pouvoir d’achat et le maintien de ses ressources. Or les taxes pétrolières représentent la quatrième recette fiscale de l’Etat.

En 1991, Pierre Bérégovoy avait bloqué ces prix. Pourquoi pas en 2012 ?

L’État a arrêté car la mesure a coûté près de 2,5 milliards d’euros. Les gouvernants ne recommenceront pas, car ils ne peuvent se priver de cette ressource fiscale.

En avril dernier, sur Publicsenat.fr, l’économiste de l’énergie, Jean-Marie Chevalier, avait évoqué l’idée d’un « chèque essence ». Qu’en pensez-vous ?

Instituer un « chèque essence » reviendrait à aider certains automobilistes à moins payer. Cela me rappelle les tarifs sociaux mis en place pour l’électricité et le gaz. Le risque est que cela ne profite qu’à trop peu de contribuables et fasse payer les autres.

César Armand

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Nicolas Pinault, la mélodie de l’entrepreneur

Crédits :  Le Cercle de l’Info

Nicolas Pinault, jeune fondateur du label de rock indépendant Zappruder (4ème en partant de la gauche sur la photo), était au Salon des Entrepreneurs avec ses collègues de l’École des Dirigeants et Créateurs d’entreprises (EDC), le 1er février, au Palais des Congrès.

Certains adolescents rêvent de devenir cosmonaute. D’autres de s’engager dans l’humanitaire. Nicolas Pinault, lui, est plus cartésien. A dix-neuf ans, le jeune homme a fait le pari un peu fou de monter son entreprise. Depuis deux ans, il jongle entre ses études de commerce à l’École des Dirigeants et Créateurs d’entreprises (EDC) et son label de musique orienté vers le rock indépendant, Zappruder. Il produit des groupes anglo-saxons, tels que D’Austerlit’z, Breton et Divine Paiste. « Du rock pointu, » détaille-t-il.

Si Nicolas Pinault assume son côté frondeur, il reconnaît que son âge est un frein au développement de son entreprise. Il a surmonté son manque de crédibilité en dégainant un carnet d’adresses bien fourni. « C’est difficile de démarcher des groupes, surtout quand on est jeune et inconnu, car c’est un monde clos. J’ai été introduit par des gens du réseau : une avocate chez Sony, une ancienne directrice de MySpace… » Mais son jeune âge lui permet aussi d’avoir des idées innovantes, comme occuper l’espace numérique pour concurrencer les labels historiques.

Pour Nicolas Pinault, Internet est « the place to be ». Le chef de Zappruder vient d’ailleurs de recruter des webmasters pour refondre son site. « C’est plus facile de contacter des groupes anglais via internet, on communique par mails. C’est moins onéreux que d’organiser des soirées en Angleterre ou aux États-Unis pour les approcher. » Pour séduire les artistes les plus réticents, Nicolas Pinault a un autre argument : une programmation dans Inde’Rock, le festival musical annuel qu’il a créé à Tours en 2006 à l’âge de quinze ans.

Chef d’entreprise actif, Nicolas Pinault poursuit pourtant sa scolarité. A l’EDC, les enseignants sont satisfaits du parcours de leur étudiant. Son école a d’ailleurs participé au financement de son entreprise. « EDC Capital est un fonds d’investissement, une sorte d’incubateur, explique-t-il. Ils ont financé mon projet car ils l’ont trouvé prometteur. » L’école y trouve son compte. Nicolas Pinault a embauché plusieurs de ses camarades comme stagiaires durant les vacances…

Pour l’avenir de son label, le chef d’entreprise voit les choses en grand et à l’international. « Je vais profiter de mes six mois d’Erasmus à l’école pour faire un stage dans un label anglais. Je veux faire de Zappruder une marque internationale. » Il lui reste trois ans de scolarité à l’EDC pour faire ses preuves et transformer son label en acteur majeur de la production musicale française.

Anne-Sophie Warmont

Infos pratiques :
Festival Inde’Rock du 16 au 18 février
Rond point de la Chassetière 37390 Notre Dame d’Oe
http://www.inderock.com/

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Les addictions cachent parfois des envies suicidaires

Addictions et suicides, deux phénomènes qui touchent particulièrement les jeunes générations. Alors qu’ils étaient étudiés et traités sur deux plans différents, des récentes études ont démontré qu’addictions rimaient souvent avec risques suicidaires.

Les filles sont les plus touchées par les phénomènes d’addictions et les tentatives suicidaires. Crédits : Europe1

Le suicide est la deuxième cause de mortalité parmi les 15-24 ans après les accidents de la route. Le mal-être psychique, un mal fréquemment répandu parmi les jeunes, en particulier à l’adolescence, est généralement mis en avant pour expliquer et déceler les tendances suicidaires. Mais un autre facteur entre aussi en compte : les addictions.

Toxicomanies, alcoolisme, boulimie, jeu pathologique, conduites de risque, achats compulsifs, excès de dépense physique ou de travail… tout comportement de dépendance peut en effet être un signe avant coureur. La désinhibition qu’entraîne l’usage de produits tels que l’alcool ou le cannabis, particulièrement prisés par les jeunes, favoriserait même le passage à l’acte.

Prise en compte tardive

En 2008, la revue Addictions constatait que le rapport entre toxicomanie et suicide avait été encore très peu étudié en France. Françoise Facy, épidémiologue et vice-présidente de l’Union Nationale de la Prévention du Suicide, l’explique par le « tabou » qu’entoure depuis toujours le suicide. « Il a longtemps été condamné. On considérait que celui qui échappe à la vie fuyait ses obligations sociales. Cette condamnation existe encore aujourd’hui » déplore t-elle.

Mais depuis quelques années, les professionnels de santé mentale mènent des actions et des études pour comprendre les facteurs de risques. Les phénomènes d’addiction y ont pris place au même titre que les troubles psychiques.

Les troubles psychiques et compulsifs sont en fait indissociés les uns des autres. « Les Nord Américains appellent ça la co-morbidité« , explique François Façy. « Ce sont deux types de souffrance simultanées.« 

Des profils différents

« Les évènements de la vie, les parcours de chacun font qu’il n’y a pas de schéma unique, bien que les filles et les garçons se démarquent les uns des autres » ajoute Françoise Facy. Le suicide est un phénomène plutôt masculin, tandis que les filles, qui manifestent plus de comportements compulsifs, ne dépassent pas généralement la tentative. « Statistiquement, les risques de tentative de suicide précèdent les abus de drogues et d’alcool chez les filles, précise François Facy, alors que les risques de suicide sont consécutifs aux abus et dépendance aux produits pour les garçons« .

Mais « il est compliqué de déterminer l’antériorité d’un risque par rapport à l’autre« . On considérera plutôt « les successions chronologiques de risques » pour tenter de comprendre les raisons du suicide.

Seule certitude : « la nécessité que les professionnels de santé soient formés sur les phénomènes de co-morbidité » pour non seulement comprendre, mais aussi apporter des solutions thérapeutiques et préventives.

Elodie Corvée

A lire sur Bandes de Jeunes, le site des étudiants de M2 de journalisme de l’IFP

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A Paris, un seul centre de soins pour les jeunes

L’Espace Santé Jeunes Guy Môquet à Paris est le seul centre dédié aux jeunes et au traitement de leurs maux physiques. Tous les autres s’occupent exclusivement à leur bien être mental.

Le centre traite près de 900 nouveaux dossiers chaque année. Crédits : le Cercle de l'Info

« Avec l’Espace Santé Jeunes, je savais que je répondais à un besoin énorme », explique le Docteur Vernant. A savoir : apporter aux jeunes des services de soins et de traitements dans un centre qui leur est dédié.

Lorsqu’à la fin des années 1990 elle créé un centre de consultations sans rendez-vous à l’Hôtel Dieu, sur le modèle des PASS (permanences d’accès aux soins de santé), ces cellules de prise en charge médico-sociale pour les personnes démunies, elle se rend compte que peu de jeunes font partie de ses patients.

Elle se rend alors dans les collèges et les lycées pour se faire une idée de la santé des jeunes. Elle y consacre deux journées par semaine et examine près de 300 jeunes patients. Elle constate alors « l’état physique lamentable des jeunes ».

Elle soumet son rapport à l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) dans l’idée d’ouvrir son centre exclusivement aux jeunes. La direction de l’hôpital lui déconseille. « On m’a dit que je marchais sur les pieds de Mme Chirac. » L’ancienne première dame de France avait en effet pour projet de créer les Maisons des Adolescents, telle que l’actuelle Maison de Solenn. « Mais cela n’avait rien à voir ! » Alors que Bernadette Chirac se focalisait sur les troubles du comportement, Dinah Vernant désirait créer un centre dédié au traitement des maux purement physiques.

Un service unique

Un projet totalement inédit car les centres consacrés à la santé des jeunes n’offrent que des services d’accueil, d’écoute, d’information et d’orientation. « Nous avons conçu le service comme celui de la protection maternelle et infantile, où les enfants sont suivis médicalement jusqu’à l’âge de six ans. »

Crédits : le Cercle de l'Info

C’est en remportant des appels d’offre qu’elle a pu mettre en place l’Espace Santé Jeunes Guy Môquet. Tous ses patients lui sont adressés par les membres du réseau qu’elle a constitué au fil des années autour du centre : médecins, infirmières et aides scolaires, éducateurs, associations… En dix ans, le nombre de nouvelles consultations a été multiplié par dix, passant de 495 en 2001 à 4.946 en 2011. Chaque année, le centre enregistre plus de 900 nouvelles visites.

Dinah Vernant souhaiterait doter chaque département de ce type de structure. Mais elle n’y parvient pas. Selon elle, peu de médecins sont prêts à s’engager dans « ce type de médecine ».

La jeunesse étant l’un des sujets centraux de la campagne présidentielle, les candidats s’inspireraient bien de cette initiative. François Hollande est même nommément invité par Dinah Verant à venir à la rencontre des jeunes à l’Espace Guy Môquet.

Elodie Corvée

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Santé des jeunes : la prévention ne fait pas tout

Les services de santé offerts aux jeunes s’occupent trop de leur bien-être psychologique, en oubliant souvent de prendre en compte leur mal être physique.

Crédits : actumed20.blogspot.com

Pour les jeunes, l’entrée dans la vie adulte se fait souvent aux dépens de la santé. Beaucoup n’ont pas le réflexe d’aller consulter par eux-mêmes. Ni les moyens. Ils sont nombreux à se rendre aux urgences au dernier moment, quand la situation devient critique. Quant aux mineurs, ils doivent obligatoirement passer par le biais de leurs parents. Leur désir d’autonomisation et les tabous liés à la découverte du corps les freinent souvent pour parler et faire les démarches.

En 2008, la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot, a lancé un plan « santé des jeunes » destiné aux 16-25 ans. Mais plutôt que d’améliorer l’accès à proprement parler aux traitements, il vise surtout à inciter les jeunes à prendre soin de leur santé en adoptant les bonnes attitudes. En d’autres termes : la prévention plutôt que le traitement.

Les mesures préconisées se focalisent par ailleurs sur les conduites à risque ou les troubles psychologiques. « La consommation de drogue, les nouvelles formes d’alcoolisation, le taux de suicide important ou encore les troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie, sont de nombreux indicateurs inquiétants chez les jeunes » a expliqué la ministre à la maison des adolescents de l’hôpital d’Avicenne à Bobigny lors de la présentation de ce plan.

Soigner le corps d’abord

Problème : en se focalisant sur ce genre de pathologies, la ministre oublie que les jeunes souffrent eux aussi de maux physiques.

C’est dans l’optique d’offrir de vrais services de médecine que le Dr Dinah Vernant a créé à Paris un Espace Santé Jeune intégré dans le système hospitalier de l’Hôtel Dieu. A la différence des autres centres de santé dédiés aux jeunes, qui n’offrent qu’écoute et information dans le domaine de la santé psychologique, l’Espace Santé Jeune Guy Mocquet se place dans la « prise en charge ».

Au début destiné aux personnes vivant dans la précarité, le centre s’est rapidement tourné exclusivement vers les jeunes.

« Je n’y voyais aucun jeune. Cela voulait-il dire que tout était fait pour eux ? » s’est interrogée le docteur Vernand. En menant sa petite enquête, elle s’est vite rendue compte que tout passait par la pédiatrie, pas vraiment adaptée pour les adolescents et jeunes adultes. En milieu scolaire, les médecins étaient peu nombreux et les infirmières débordées. Résultat : « la santé des jeunes était dans une situation catastrophique ».

L’Espace Jeune de l’Hôtel Dieu offre donc des soins en médecine générale, en ophtalmologie ou encore en gynécologie. Les patients sont redirigés vers l’hospitalisation en cas de situation médicale grave.

Les adultes ne devraient pas se préoccuper exclusivement de la santé psychologique des jeunes, juge le docteur Vernand. « On ne ferait jamais ça à un adulte. On s’occupe d’abord de la santé physique avant de s’attacher aux troubles mentaux. »

Elodie Corvée

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Roule, roule galette… jusqu’au Japon

La fève "made in France" est en passe de disparaître. Crédits : Le Cercle de l'info)

Alors que le XXème salon mondial des collectionneurs de fèves se tenait dimanche à Paris, les puristes de la frangipane regrettent la stratégie marketing adoptée par certains pâtissiers pour augmenter leur chiffre d’affaires. Fèves en série, couronne Swarovsky, vente à l’étranger… Tous les moyens sont bons pour ajouter du beurre dans… les galettes.

« La galette est le produit le plus rentable pour un pâtissier » confie Thierry Storme, l’organisateur du Salon. « Que ce soit grâce au gâteau en lui-même ou à la fève, certains ne perdent pas une occasion de se faire de l’argent ». Monique Joannès, fabophile depuis 50 ans (oui, les collectionneurs de fèves portent un nom !) déplore ce phénomène : « Tout a commencé dans les années 90, quand les pâtissiers ont décidé de faire personnaliser leurs fèves. Les figurines à l’effigie des héros de Disney apparaissent à cette époque. Les ventes se multiplient car les amateurs de galette cherchent à obtenir la série complète de leurs personnages préférés. Puis dans les années 2000, la traditionnelle frangipane a dû s’effacer pour laisser place au chocolat, à la pomme ou même à la mangue. Les pâtissiers innovent pour toucher la clientèle la plus large possible ».

« Lacoste vend des fringues, pas de la galette »

Depuis peu, le concept de fève gagnante leur permet d’attirer toujours plus de monde. Cette année par exemple, un pâtissier de Seine-et-Marne a glissé deux fèves en or dans ses galettes, d’une valeur de 200 euros chacune. Alors qu’à Lens, une véritable couronne sertie de cristaux Swarovsky était mise en jeu. Pour M. Storme, cette course à l’originalité « c’est de la foutaise qui ne sert qu’à faire un gros coup de publicité ». A l’instar de Sonia Rykiel qui a créé sa propre galette pour un palace monégasque fin 2011, Lacoste s’est associé avec le célèbre traiteur Lenôtre pour commercialiser cette année la CrocoChoc, une galette des Rois en forme de crocodile, vendue 55 euros pièce. M. Storme s’indigne : « Lacoste vend des fringues, pas de la galette ».

Mais la dernière nouveauté à laquelle doit faire face la traditionnelle galette française est l’émergence du marché japonais. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Nippons deviennent friands du célèbre gâteau, découvert grâce à de grands pâtissiers comme Pierre Hermé qui ont ouvert des boutiques au Japon. On reproche cependant au célèbre chef de ne pas respecter la tradition française en proposant une galette avec un goût différent tous les mois. Les Japonais peuvent ainsi en déguster à n’importe quel moment de l’année et la tradition de l’Épiphanie se perd complètement. Sachiyo Nakahura, une japonaise arrivée spécialement de Tokyo pour le Salon confirme : « Nous mangeons de la galette aussi bien en août qu’au Nouvel An, il nous suffit d’aller chez Paul ou Ladurée pour en acheter une ».

« 95% des fèves proviennent d’Asie »

Cette exportation du savoir-faire français énerve M. Colas, artisan en faïencerie : « C’est révoltant. Les grands pâtissiers qui vantent leur image de luxe et de tradition française à l’étranger pour afficher des prix exorbitants me dégoutent. Ils vendent leurs galettes 50 euros pièce mais par contre jamais ils ne payeront une fève 10 centimes de plus pour qu’elle soit fabriquée en France de façon artisanale. Il faut savoir qu’aujourd’hui, 95% des fèves proviennent d’Asie. Nous ne sommes plus que trois ou quatre artisans dans tout le pays ». Ce faïencier produit 300 000 figurines par an et il estime à 70 millions le nombre de galettes vendues sur la même période, et autant de fèves. Alors qu’il explique son désarroi, au stand voisin, un jeune japonais photographie les fèves une à une. M.Colas soupire.

Eleonore Friess

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TF1 à Louviers : les habitants entre fierté et timidité

TF1 délocalisera une partie de ses studios à Louviers à l’occasion de la présidentielle. Crédits : Le Cercle de l’Info

La première chaine de télévision organisera, durant la campagne présidentielle, quatre émissions sur le modèle de « J’ai une question à vous poser » de 2007, où un candidat sera face à un panel de lovériens. Il est également prévu un plateau, le soir du premier tour, animé par Jean-Pierre Pernault. Les habitants, qui ont appris l’information par voie de presse, sont ravis de cette arrivée, mais se disent réticents à l’idée d’interroger les politiques les yeux dans les yeux.

« Excellente idée, merci TF1 ! », « très bien ! », « très bonne idée ! », « très bon effet ! », « pas mal du tout » : les superlatifs pleuvent en cette journée nuageuse du côté de l’Eure. Les habitants de Louviers ont hâte que le présentateur du JT des terroirs, Jean-Pierre Pernault, viennent leur rendre visite. « Les gens vont être contents de le voir. Il va leur faire bon effet », pronostique Jérôme, libraire.

Depuis que Catherine Nayl, la directrice adjointe de l’information de TF1, a annoncé, dans les colonnes du Figaro que sa chaîne allait s’implanter dans la ville qui vote « à gauche aux locales, à droite aux nationales », les lovériens sont heureux.  « On avait ras-le-bol que les habitants des petites villes soient oubliées », clame Kamel, fonctionnaire dans l’environnement. « C’est une agréable surprise ! », poursuit-il, pour l’ancien fief de Pierre Mendès-France et de jeunesse d’Olivier Besancenot.

Les habitants pensent aussi que la couverture de leur ville intermédiaire ne peut qu’être une vitrine pour eux. «Cela va enfin mettre en avant ce qui se passe ici », espère M. Chapô, artiste-peintre, quand Timothée, lycéen, prie pour que « cela donne une image assez dynamique». Cela ne modifiera pas pour autant leur distanciation à l’égard de la politique. « Cela ne va pas changer notre vie. Ils parlent, mais ne font rien », regrette Julien, apprenti boulanger.

« Etre à la hauteur »

De la même manière, les autochtones ne s’imaginent pas figurer dans le panel des intervieweurs politiques. Comme l’a expliqué, en son temps, Daniel Gaxie, ils ont tendance à s’auto-exclure du jeu. Ainsi, Cédric, hôtelier, juge qu’«il y a des gens bien plus compétents que lui ». En effet, sur dix-sept personnes rencontrées, seuls deux aimeraient faire partie des élus. Benoit, par exemple, qui « prépare Science-Po », se dit « très intéressé ».

Chez les commerçants, la neutralité est un devoir. Ils s’interdisent de s’exprimer comme les autres, jurent-ils, risquant d’avoir des comptes à rendre à leurs clients… Le boucher-charcutier du centre-ville, M. Coutard, considère que « chacun doit être à sa place » et que « ce n’est pas son métier ». « De toute façon, je suis trop sanguin », précise-t-il. Gérard, horloger, appelle le lovérien à « être à la hauteur », lui-même ne pouvant participer, car demeure le risque d’une « phrase trop mal interprétée ».

A la mairie, en revanche, satisfaction à l’accueil comme au cabinet du maire. Franck Martin, l’édile radical de gauche depuis 1995, remercie TF1 dans Paris-Normandie : « la notoriété de la ville et son image en ressortiront renforcées ». Seule note discordante : Marie-Jeanne, ancienne colistière jusqu’en 1998, qui, elle, « s’en fout » et qui invite à ne pas regarder car « c’est une télévision de droite ».

César Armand

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Les secrets d’un Noël économe

Le compte à rebours de Noël a commencé. La course aux cadeaux aussi. Un pull pour le petit frère, un jouet pour la filleule…  Oui, mais à quels prix ?

Difficile de faire des économies quand on s’y prend à la dernière minute. Nous avons testé une bourse aux jouets organisée par l’association Solidarité Roquette (11ème arrondissement de Paris) et Bambin-Troc, un dépôt-vente spécialisé dans les objets de puériculture, dans le 15ème arrondissement de Paris. Qu’on se le dise, le Père Noël low-cost existe.

Un Noël économe, la vidéo ici !

Anne-Sophie Warmont, Baptistine Philippon

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Choisir entre voyager moins cher ou voyager mieux

L'annonce du prix unique pour le passe Navigo suscite déjà des réserves (copyright : Le Parisien)

L'annonce du prix unique pour le passe Navigo suscite déjà des réserves. Crédits : Le Parisien.fr

Une nouvelle tarification du réseau de transports franciliens devrait voir le jour dès 2013, permettant aux usagers de payer le même prix pour se rendre dans n’importe quelle zone. Mais les associations d’usagers du RER s’interrogent sur son utilité.

Plus on habite loin, plus on paye. C’est le principe de la tarification des transports en commun. Un principe qui vient d’être remis en cause par le groupe d’Europe-Ecologie les Verts au conseil régional d’Ile de France. Vendredi 2 décembre, un accord a été trouvé avec le parti socialiste pour établir un pass navigo à tarif unique : 62 euros par mois pour voyager sur toutes les zones du réseau.

« L’objectif numéro un de cette mesure est de créer plus d’égalité entre les voyageurs, plus de solidarité entre les territoires. Ceux qui habitent loin et disposent de faibles revenus sont pénalisés par la tarification actuelle», explique Philippe Sainsard membre PS de la commission des Transports et Mobilités du conseil régional et administrateur du Stif (syndicat des transports d’Ile de France).

Problème : le Stif a évalué à 90 euros l’abonnement mensuel pour rester à l’équilibre budgétaire. La mise en place du pass navigo reste donc conditionnée à son financement, chiffrée entre 550 millions d’euros par l’opposition UMP et 250 millions les Verts. « Elle ne doit rien couter aux collectivités » assure Philippe de Sainsard.

Les Verts envisagent donc de taxer davantage les entreprises, qui contribuent déjà à plus de 40% du budget du réseau de transports francilien. Jean-Claude Delarue, porte parole de la Fédération des Usagers et Transports et des Services Publics, reste sceptique « On saura si c’est envisageable le jour où on connaîtra les sommes ».

Pour Eva Sheldrick, vice-présidente du Comité des Usagers du RER B en Vallée Chevreuse, « Le pass navigo à tarif unique est une bonne chose dans l’absolu, mais il faut calculer. Partout on dit qu’il n’y a pas d’argent et on a la folie des grandeurs avec le Grand Paris. Et à côté, on a des lignes mal entretenues, des voitures qui ont plus trente ans… ».

Coup de frein à la modernisation

La question se pose : le financement du pass navigo à tarif unique ralentira t-il celui consacré à la modernisation du réseau ? Les associations d’usagers en ont peur. « On craint que cela assèche les offres d’amélioration pour cinq ans ou dix ans » estime Yves Boutris, vice-président de l’Association des Usagers et Transports d’Ile de France. « On a déjà des couts inévitables à supporter dus à l’exploitation et à l’ouverture de nouvelles rames. » « Comment compte-t-on effectivement le financer alors qu’on a un retard important d’investissement à rattraper dans les transports en banlieue ? » s’interroge Frédéric Linarès, président d’ADURERA, association de défense des usagers du RER A.

Pour tous cependant, la tarification doit bien être simplifiée. Yves Boutris se félicite d’ailleurs du principe du complément de parcours. Grâce à ce dispositif, les abonnés détenteurs d’un passe sur les zones 1 et 2 et doivent de rendre en zone 5, n’auront qu’à payer en plus le voyage sur les zones 3, 4 et 5. « A la limite, on aurait pu en rester là ».

Mais établir un tarif unique à bas cout n’est pas la priorité. « Notre priorité, c’est que les trains roulent, qu’ils arrivent à l’heure et que les gens soient moins serrés » répond Jean-Claude Delarue. Le confort passe avant le prix. « On préférait ne pas choisir entre les deux, mais en tout logique, la qualité doit être au rendez-vous, sinon à quoi cela sert-il d’avoir une baisse de coût ? Cherche-t-on à avoir des transports low-cost ? » s’interroge de nouveau Frédéric Linarès.

D’autant que la plupart des pass navigo sont payés pour moitié par les employeurs, rappelle Yves Boutris. Et la tarification unique ne concernerait que les 19% des usagers franciliens qui achètent des abonnements mensuels.

Loin d’être une priorité donc pour les associations d’usagers, cette mesure pourrait même avoir de mauvaises conséquences sur la fluidité du trafic. Car l’idée d’EELV est aussi d’inciter les voyageurs à délaisser leurs voitures pour les transports en commun. « Nous craignons que cela congestionne encore plus les échanges Paris-Banlieue, qui sont ceux qui fonctionnent le moins bien » affirme Frédéric Linarès. « Les lignes sont saturées, confirme Yves Boutris. Il ne faudrait pas que les gens changent leur mode de transport, le trafic ne pourrait pas le supporter. Il faut aller progressivement ». D’abord la modernisation du réseau, ensuite une nouvelle tarification. En d’autres termes : ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Elodie Corvée

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