Archives de Tag: François Hollande

Déclaration de Nicolas Sarkozy sur TF1 : « Un manque d’énergie et de conviction »

Capture écran du site du Président-candidat

Le communicant politique Philippe Moreau-Chevrolet a été « surpris par le ton peu inspiré » du chef de l’Etat hier soir sur TF1. Co-auteur du blog Yes they can sur L’Express.fr avec le journaliste David Medioni, le spin-doctor remarque également que « Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne ».

L’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été dévoilée aujourd’hui. Il est debout regardant vers l’Est, avec en arrière-plan la mer.  Se prend-t-il pour « un capitaine courage tenant fermement le gouvernail » comme l’avait qualifié Laurent Wauquiez après le discours de Toulon de 2008 ?
C’est une affiche mitterrandienne avec ce soleil qui se lève. Cette posture de 3/4 est intéressante. Elle donne une image de majesté, comme la monnaie, avant, à l’effigie des rois et des empereurs. C’est une posture présidentielle. La mer, en revanche, peut évoquer les vacances. Ce n’est pas un choix très approprié, mais elle est également symbole de sérénité et d’apaisement.  En tout cas, Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne.

Nicolas Sarkozy s’est déclaré, hier soir, sur TF1, chaîne propriété de Martin Bouygues. Ne risque-t-il pas de renforcer son image de Président des riches et du Cac 40 ?
TF1 est avant tout la chaîne la plus regardée, où il y a le plus d’audience. La question est de comprendre pourquoi il s’est contenté de cela. Pourquoi il n’a pas fait un véritable évènement ? J’ai été surpris par son ton peu inspiré. Il manquait d’énergie et de convictions. Je n’ai pas compris, non plus, son positionnement sur le fond entre présidentialisation et appel au peuple. C’est difficile d’affirmer les deux en même temps. Peut-être est-ce dû à son impopularité qu’il se sent obligé d’annoncer des référendums ? C’est une manière de déplacer les enjeux, mais cela s’avérera peut-être audacieux.

Dans un article de Martine Delahaye dans Le Monde du 25 octobre 2009 sur Jacques Pilhan, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l’Elysée de 1982 à 1991, raconte que le conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac aimait répéter que « la réalité, c’est le JT de 20h de TF1 ». Rien n’a changé depuis 30 ans ?
La forme qu’avait élaboré Jacques Pilhan a changé. La formule a évolué. Elle n’est plus efficace. Maintenant, il y a une démultiplication des canaux : télé, internet… La caisse de résonance médiatique n’est plus la même. C’est en constante évolution. Il faut toujours inventer de nouveaux concepts. Mais Pilhan avait compris une chose : il faut parler aux gens là où ils sont. C’est au politique de s’adapter. Imposer à l’électeur d’aller à un endroit particulier ne fonctionne pas. Regardez les partis politiques qui ont créé des réseaux sociaux fermés, ils se sont plantés. (Philippe Moreau-Chevrolet fait référence, notamment, aux Créateurs de Possible, ce réseau intra-UMP qui a coûté 500 000 € avant d’être fermé)

Hier soir, au même moment, François Hollande était en meeting avec au premier rang Denis Podalydès qui a justement joué le rôle de Nicolas Sarkozy dans La conquête. Charles Aznavour chantait déjà pour Giscard en 1974.  Pourquoi les candidats s’entourent-ils de célébrités ?
Cela permet de toucher aux émotions des gens, d’essayer de les faire vibrer. Soit vous faites un discours très réussi, comme celui du Bourget, soit vous jouez la proximité avec les stars pour créer du consensus populaire. Ces symboles de la société civile demeurent en effet des vrais relais d’opinion. On ne peut pas seulement gagner parce qu’on est le meilleur, il faut aussi créer de l’émotion.

Nicolas Sarkozy s’est inscrit, hier matin, sur Twitter. Pour le journaliste Marc Fannelli-Isla, auteur de Guide pratique des réseaux sociaux, c’est une « obligation » pour tout homme politique car les ignorer, c’est « ignorer le peuple et les électeurs » Etes-vous d’accord avec cette injonction ?
Oui et non. Non, d’abord, car parler du peuple en tant que cible électorale ne fonctionne pas. Oui, sinon, car c’est essentiel pour le politique de rejoindre les réseaux sociaux. Twitter est nécessaire pour parler aux relais d’opinion journalistiques qui ont besoin, régulièrement, d’informations actualisées. Cela montre, en outre, que le candidat à la présidentielle est à la page. Facebook sert à toucher le grand public. Il faut être partout là où il y a des électeurs. Une voix reste une voix.

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Le Parti Socialiste peine à exister à Boulogne-Billancourt

Une partie de l'équipe PS de BB de Pierre Gaborit à Jean-Michel. Crédits : Le Cercle de l'Info

Au marché Escudier de Boulogne-Billancourt, la candidate socialiste aux législatives, Martine Even, et son suppléant, Vincent Guibert, tentent de se faire entendre auprès des habitants. La tâche est rude : le dimanche matin est aussi le terrain de chasse de l’UMP Thierry Solère, actuellement en guerre ouverte contre le parachutage de Claude Guéant.

Le panneau de signalisation municipal affiche -3°C. Il est 10h30 : les socialistes viennent d’arriver au marché Escudier de Boulogne-Billancourt. Sophie, habitante, interpelle Martine Even, la candidate PS aux législatives : « Vous allez les battre quand même ! Qu’est-ce qu’il a fait ici Thierry Solère (ndlr : le candidat dissident de l’UMP)? Les rues sont d’une saleté repoussante ! »

Et voilà justement l’élu de droite qui débarque, interrompant la conversation, et qui embrasse sa collègue du conseil municipal Martine Even. « La question du quotient familial me dérange. Ça mériterait plus d’explications », conclut Sophie. L’élue socialiste s’éloigne avec elle pour expliquer la position de François Hollande.

Une militante : « Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy »

Les militants qui accompagnent la candidate socialiste espèrent la voir gagner en juin prochain. Xavier Duplat, secrétaire de la section de la ville, renvoie dos à dos Thierry Solère et Claude Guéant, qui compte se parachuter à Boulogne : « Ce sont juste des ambitions qui se confrontent. Ils voteraient les mêmes lois s’ils étaient élus tous les deux. »

Chloé Jaillard, qui a remporté 38% des voix aux dernières cantonales face à Thierry Solère, est confiante : « On est bien accueillis. Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy. Les quartiers qui votent à droite et au centre se sont déplacés pour les primaires. Il y a une vraie dynamique ».

Martine Even briefant une militante. Crédits : Le Cercle de l'Info

Une habitante : « Solère n’a rien fait pour la ville, mais c’est mon copain »

Les résidents du quartier ne s’arrêtent pas ou peu. « Ils ne sont pas hostiles, mais c’est plus facile à Billancourt », explique la candidate Martine Even. Il ne faut pas désesperer Billancourt donc, mais à Boulogne-Centre, les militants socialistes sont pourtant pris à partie.

L’un d’eux vient se confier à Martine Even et à son suppléant Vincent Guibert : « Il y en a un qui a pris le petit livre et il l’a jeté par terre. Puis, il m’a dit « Ramassez-le, c’est votre boulot! ». Un autre habitant, lunettes rondes sur le nez, gronde une militante : « Avec Hollande, ce sera la ruine! »

Une quinquagénaire en manteau de fourrure illustre, elle, la contradiction de certains : « Il n’a rien fait pour la ville, mais Solère est mon copain, je voterai pour lui au 1er tour. » « Aux présidentielles, oui à François, aux législatives, oui à Thierry! », comme elle le résume.

Solère : « les Boulonnais sont majoritairement de droite »

Croisé également, l’ex-maire Pierre-Mathieu Duhamel ne veut pas prendre position pour l’un ou l’une des candidats : « On est sur le marché. J’aime ce spectacle de la démocratie vivante. » L’homme refuse en effet d’être pris en photo avec Thierry Solère ou Martine Even.

Mais Thierry Solère ne craint pas une victoire de la gauche : « Les Boulonnais sont majoritairement de droite. » Preuve à l’appui : le vice-président du Conseil général du 92 sort son iPhone, et lit un mail de Régis B : « ma mère de gauche va voter pour vous ».

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Lire aussi :
Lettre de Guéant : la candidate PS dénonce « une grosse maladresse » 
Interview d’Antoine de Jerphanion, proche de Thierry Solère, candidat à l’investiture UMP à Boulogne-Billancourt 

Tagué , , , , , , , , , , , ,

Renault à Tanger : « une stratégie bas de gamme » selon Pierre Lellouche

Montage Ratgemini.wordpress.com/Premiere.fr

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a débattu, hier, avec Arnaud Montebourg dans les locaux de L’Expansion sur le protectionnisme et la démondialisation. Les deux hommes se sont trouvé des points de convergence, même si Pierre Lellouche n’a pu s’empêcher d’attaquer son adversaire socialiste.

« On marche sur la tête! », s’exclame Pierre Lellouche, lorsque la journaliste rappelle l’inauguration, aujourd’hui, d’un site de production Renault à Tanger, au Maroc. « Mais c’est vous l’Etat l’actionnaire de ce bazar ! C’est dingue ! », réplique Arnaud Montebourg, sous les applaudissements du public de L’Expansion et de l’Institut de l’Entreprise.

« Cette stratégie de Renault est bas de gamme », confirme le secrétaire d’Etat au commerce extérieur. « La mondialisation mène à l’impasse, elle sous-rémunère le facteur travail. Il faut faire une politique industrielle », plaide le troisième homme de la primaire PS. Plus tôt dans la matinée, Pierre Lellouche lui donnait raison : « Nos problèmes de compétitivité ne sont pas dus à la Chine ou à l’Inde. L’enfer c’est nous-mêmes. La dernière politique industrielle c’était sous de Gaulle et Pompidou. »

Montebourg : « Madame Le Pen veut casser l’Europe »

Chassez le naturel, il revient au galop. Le secrétaire d’Etat accuse Arnaud Montebourg de « revenir aux années 30 » en utilisant le terme « ploutocratie » pour qualifier le système actuel. « Changez de logiciel. Regardez le monde tel qu’il est! », exhorte Pierre Lellouche. « Ces caricatures qui nous font passer pour des fous, je n’en veux pas. Ayons l’intelligence de réfléchir collectivement », répond le président du Conseil général de Saône-et-Loire.

« L’Union Européenne était une union douanière. Elle aurait dû le rester. C’est comme si vous coupiez une jambe et un bras », s’époumone Arnaud Montebourg. « Montebourg, Mélenchon et Le Pen disent la même chose » s’agace Pierre Lellouche. « Ce n’est pas vrai ! Madame Le Pen veut casser l’Europe », le coupe le député. « Travaillons avec la réalité. Arrêtons de nous raconter une histoire. Ca suffit! ». Deux derniers mots également utilisés par François Hollande, mardi soir, pour couper court à la riposte de l’UMP à la suite de la question à l’Assemblée de Serge Letchimy…

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Le Sarkoshow vu de l’UMP

Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer, son parti prépare le terrain. Crédits : U-m-p.org

Le Cercle de l’Info s’est invité, hier soir, à la soirée « live-twitter » des Jeunes Populaires au siège de l’UMP. Les jeunes du parti présidentiel avaient été conviés à réagir en direct sur Twitter à l’interview de Nicolas Sarkozy. Au menu : des pizzas, du rosé, des éclats de rire, des applaudissements, mais aussi des huées, et « l’interdiction de parler aux journalistes ».

Le rendez-vous est pris à 19h30. La salle de l’inter-étage est remplie à 20 %. Des jeunes BCBG d’environ 24 ans branchent leurs iPads et micro-ordinateurs sur les prises prévues à cet effet. Tout doit être prêt pour commencer à tweeter dès 20h10. Peu de femmes dans les travées. Aucune personne de couleur.

« Le hashtag c’est Sarkozy pas Sarkoshow », rappelle un trentenaire, barbe de trois jours et jean-baskets. Pour se connecter au wifi, il faut rejoindre le profil « presse ». Des militants avouent ne pas comprendre. Et le responsable de revenir : « Je vous rappelle que vous avez l’interdiction de parler aux journalistes ».

Les nouvelles têtes d’affiche du parti viennent alors serrer la main des e-volontaires. Les députés Valérie Rosso-Debord, Jérôme Chartier, Franck Riester et Sébastien Huygue sont là, comme le sénateur Roger Karoutchi. L’ancien syndicaliste Bruno Beschizza lance un général « Ca va les djeun’s ? ». Un petit tour et puis s’en va dans une autre salle.

Christian Jacob, le patron des députés UMP à l’Assemblée nationale, monte à la tribune : « Vous êtes chauds ? Ce que vous faites est formidable ! On a besoin de vous ! » Silence. « Les pizzas arrivent ! » Tonnerre d’applaudissements.

Ambiance studieuse

20h10 : le direct de l’Elysée commence. Les adhérents sont sérieux. Pas de bavardages. Les Pizza Hut et les bouteilles de rosé se passent de table en table. Une militante devant traîne sur Facebook. Le jeune qui twitte pour le compte « Jeunes UMP » va sur le site la-conjugaison.fr.

Nicolas Sarkozy tacle François Hollande sans le nommer : « Les Français n’aiment pas qu’on leur propose des rêves bon marché ». Et ses amis de s’exclamer derrière : « Et tac, bien envoyé ! » Le chef de l’Etat n’oublie pas Martine Aubry : « Les 35 heures sont tellement efficaces que personne ne les a oubliées ». La petite phrase fait rire aux éclats l’assistance.

Le journaliste Jean-Marc Sylvestre arrive, lui aussi, à faire sourire les militants. Son « roh bah » est repris en chœur par le public, la bouche en cœur. Les adhérents n’oublient pas non plus d’applaudir le Président lors de ses quelques moments d’humilité : « Le jour où vous pensez que tout est acquis, c’est là où vous perdez » et  » J’ai connu les ravages de l’arrogance ».

La réponse à Alain Madelin : « Je n’adhère pas aux thèses du libéralisme », provoque, en revanche, des huées du côté gauche de la salle. 21h17 : le logo UMP s’incruste sur les écrans. Le spectacle est terminé. Les équipes repartent chez elles, les mines ni défaites ni satisfaites.

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Sarkozy peut compter sur l’UMP de Levallois pour gagner

Portrait de Sophie Deschiens, conseillère régionale UMP d’Ile-de-France depuis mars 2010 et adjointe à l’environnement à la mairie de Levallois (Hauts-de-Seine) depuis mars 2001.

Crédits : ump-iledefrance.fr

« Ce sera dans la douleur, mais je suis persuadée que le Président sera réélu », ainsi va Sophie Deschiens, élue à Levallois, fief de Patrick Balkany, très proche de Nicolas Sarkozy. Pour cette élue des Hauts-de-Seine, terre du Président, « il n’y a pas d’hypothèse Juppé ». Dans son bureau, les photos du Chef de l’Etat ou d’elle accompagnée de son maire valent tous les éléments de langage de l’UMP.

Se livrant sans langue de bois, elle juge « bonne » la stratégie de Nicolas Sarkozy de se déclarer tardivement. Sur le terrain, il y a une « vraie attente », assure-t-elle. « Pendant les cantonales, on se faisait démolir, un véritable enfer, mais depuis la primaire PS, les levalloisiens ne veulent plus partir à l’aventure »,  rapporte-t-elle.

Sophie Deschiens ne craint pas François Hollande. « Au PS, c’est une vraie cacophonie ! », s’exclame-t-elle. La perspective Bayrou troisième homme ne l’effraie pas non plus. « Il va faire pschitt », prédit-elle, et de pointer le décalage entre ses paroles et ses actes : « il vante le made in France et repart en Audi ». Une séquence relevée par Le petit journal de Canal Plus.

Des parkings à Twitter

L’UMP lui a déjà d’ailleurs confié quelques missions en vue de la présidentielle. Elle organisera, bientôt, avec les Jeunes Pop’, des réunions publiques avec des personnalités du gouvernement. Elle a également été désignée « e-volontaire », c’est-à-dire chargée de répondre à la gauche sur Twitter.

Elle est en effet très active sur le réseau social, où elle met le Parti Socialiste face à ses contradictions. « Un moyen percutant » pour faire passer ses idées, ajoute-t-elle. « C’est Valérie Pécresse qui m’y a encouragée pour répondre à l’opposition au Conseil régional », explique l’élue depuis 2010 avant d’avouer que ce site « ne concerne qu’une strate. »

Bien qu’adjointe à l’environnement depuis 2001, elle refuse de se définir comme une professionnelle de la politique. « J’ai eu une vie avant, j’ai travaillé à la Générale des Eaux (ndlr, Vinci), et à la Caisse des Dépôts », détaille-t-elle. « J’étais dans les parkings, pas très sexy j’avoue, mais mes clients étaient les élus », raconte la levalloisienne.

Sa première carte de militante, c’était en 1986 au Parti Républicain pour « enquiquiner » son père, un ami de Michel Debré. Dans sa lignée politique, également un grand-père maire dans l’Isère pendant 25 ans. A défaut d’avoir suivi le cursus traditionnel des dirigeants actuels, Sophie Deschiens vit de et pour la politique, au sens wébérien, qu’elle l’admette ou non.

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter
Tagué , , , , , , , , , , , ,

Maxime Verner : « Tous les autres candidats à la présidentielle me dépriment »

Une semaine après la présentation de son programme économique et social, l’autoproclamé candidat de la jeunesse à l’élection présidentielle de 2012 revient sur l’actualité et livre ses propositions dans un entretien accordé au Cercle de l’Info.

A 22 ans, Maxime Verner est candidat à l'élection présidentielle de 2012. Crédits : maximeverner.fr

Combien de parrainages affichez-vous pour les élections présidentielles ?

A ce jour, j’ai 250 signatures acquises, et pas mal d’autres en prévision. Je pars fin janvier pour cinq semaines sur le terrain, et j’espère annoncer mes 500 parrainages le 21 février, lors de la présentation de mon programme éthique. Si je ne les ai pas à ce moment-là, je retournerai en campagne. Je suis confiant.

Votre réaction, quelques heures après la perte du Triple A par la France (l’interview a été réalisée le 13 janvier) ?

Vous me l’apprenez. Cela m’inquiète pour mon pays. Les taux d’intérêt vont augmenter. Le foyer de la dette va demeurer le premier le poste de dépenses de la France. C’est un tsunami cette information. Je ne pensais pas qu’ils allaient avoir le cran de faire cela. Cela nous coûtera près de 500 millions d’euros.

Que pensez-vous de la TVA sociale ?

C’est un impôt dépassé avant sa mise en place. Je propose de supprimer la TVA, l’impôt sur les sociétés, les charges patronales et salariales pour les remplacer par ce que j’appelle la CAC, la contribution à la croissance. Cet impôt taxerait toutes les entreprises françaises et étrangères sur leurs ventes en France. Je taxerais à hauteur de 10% sur les ventes de produit et à 18% sur les ventes de service. La plupart des entreprises s’y retrouveraient, seules les très grandes paieraient un peu plus qu’aujourd’hui.

Soutenez-vous l’instauration de la taxe Tobin ? 

Cette taxe ne peut pas être efficace. A la place, je propose une taxe « Robin des Bois ». Il ne faut pas taxer toutes les transactions, mais les banques qui spéculent, avec une taxation dégressive. On ne joue pas avec l’argent des gens.

Eric Cantona est désormais, lui aussi, à la recherche de 500 signatures. Son objectif est de soulever le problème du mal-logement en France… Qu’en pensez-vous?

Je vais lui passer un coup de fil. J’aime ce qu’il fait, il est très sincère. Il a un peu la même démarche que moi. Je suis invité par la fondation Abbé Pierre le 1er février pour ce sujet du mal-logement.

Votre opinion sur le contrat de génération proposé par François Hollande ?

Vincent Peillon, qui s’occupe de ce dossier pour François Hollande, n’a aucune vision de la jeunesse. La jeunesse, ce n’est pas uniquement l’éducation. C’est l’emploi, l’insertion… Il ne faut pas infantiliser la jeunesse. Se consacrer aux apprentis, proposer de grands projets en termes de qualité de vie, d’intergénérationnel. Cela étant, François Hollande est le seul à parler de la jeunesse.

Vous avez publié au début de l’été 2011 un livre intégrant 89 propositions pour la jeunesse. Avez-vous reçu des appels des différents candidats ?

J’ai surtout eu des propositions sur ma personne. Mais je veux qu’on reprenne mes propositions, pas moi. J’entends parler, ici et là, de quelques idées, notamment le permis de conduire gratuit, que je défends. Mais je veux des engagements, de la clarté.

Vous écrivez qu’un chômeur dépenserait 400€ par mois pour trouver un emploi. D’où tirez-vous cette information ?

De Pôle Emploi. Les déplacements, les courriers… la facture monte très vite. Par conséquent, de plus en plus de chômeurs abandonnent au bout de six mois, car ils préfèrent toucher le RSA.

Vous ne parlez quasiment jamais de gauche, de centre ou de droite dans votre livre… Où vous situez-vous ?

Je ne me situe pas. Parfois, j’entends dire que j’ai un discours de droite. A d’autres moments, j’entends que je suis de gauche. C’est assez amusant. Je fonctionne à l’humain.

Vous avez toutefois occupé des fonctions au Nouveau Centre… 

J’avais pour mission de rapprocher les élus des jeunes. Quand j’ai terminé ma mission, je suis parti.

L’unité nationale proposée par François Bayrou, cela devrait vous intéresser ?

C’est intéressant, mais il faut respecter le vote des Français. Je suis pour l’ouverture, mais la feuille de route doit être claire.

Beaucoup de vos propositions prévoient de multiples financements de l’Etat et des entreprises (par exemple, le permis de conduire gratuit). En temps de crise, n’est-ce pas un peu idéaliste ?

Il y a deux logiques en temps de crise : la rigueur ou l’investissement. Nous devons miser sur la jeunesse. Ma politique n’est pas disproportionnée.

Les entreprises vous suivront-elles ?

Oui, car elles seront gagnantes. Sinon, l’Etat peut imposer des choses.

Vous aimeriez que les lycées organisent deux heures par mois de culture républicaine. Le sociologue Edgar Morin avait appelé à instaurer une année obligatoire de culture générale après le Bac. Votre avis ?

La culture générale, plutôt axée sur le côté républicain, doit être présente tout au long de la scolarité des jeunes. Au lieu de voir nos différences, nous devons montrer ce que nous avons en commun.

Vous êtes en faveur du mariage homosexuel… Quid de l’adoption ?

Ce n’est pas à moi de décider cela. Il faudra une enquête parlementaire. Les jeunes sont beaucoup plus ouverts sur ces questions-là.

Dans une de vos propositions, vous vous exprimez en faveur de la reconnaissance du vote blanc et de l’inscription automatique de tous les citoyens sur les listes électorales… Serait-ce une manière de lutter contre l’abstention ?

Je veux dire aux gens : ‘Vous êtes impliqués’. Le vote blanc peut créer une offre politique nouvelle. J’aimerais mieux un autre choix qu’un vote blanc lorsque les Français iront voter, mais il doit être comptabilisé.

Vous voulez que chaque lycée et chaque université élise un ambassadeur de l’Europe. Dans quel but ?

Les Français ne se rendent pas compte qu’ils sont citoyens européens. Je souhaite instaurer plus d’échanges entre les jeunes européens. Nous devons parler d’Europe à nos jeunes, car cela a du sens.

Si vous ne recevez pas vos 500 parrainages pour vous présenter, pour qui voterez-vous le 22 avril 2012, au premier tour de l’élection présidentielle ?

Je n’en sais rien. Ils me dépriment tous. Je présenterai mon projet, et celui qui fera les meilleures propositions pour la jeunesse obtiendra mon vote. Mon choix ne sera pas à titre personnel, c’est la jeunesse qui compte.

Et au second tour ?

Même réponse. Sauf si Marine Le Pen est au second tour, je n’appellerai pas à voter pour elle.

Même si c’est elle qui reprend le maximum de vos propositions ?

Ce ne sera pas le cas. Elle refuse même de débattre avec moi.

Maxime Verner, ministre dans le prochain gouvernement, est-ce possible ?

Je ne serai pas ministre des Sports ou de l’Industrie. Mais si on me donne les moyens d’appliquer une politique publique de la jeunesse, j’irai. Sinon, je n’irai pas pour la gloire.

Thibaut Geffrotin et César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Hollande dénonce l’absence de « cohérence » de Sarkozy

François Hollande a dévoilé son slogan hier. Crédits : Le Parisien.fr

A l’occasion de l’inauguration de son QG de campagne avenue de Ségur (Paris 7ème), et au lendemain de ses hésitations sur le quotient familial, le candidat socialiste a fustigé, hier, les promesses non-tenues et intenables du Président.

« Le candidat sortant avait voulu faire de la sécurité un exemple ? Eh bien, c’est un contre-exemple ! », dénonce François Hollande à la tribune. Il tient en effet à préciser que « les violences aux personnes ont augmenté de 20 % depuis 2007 », soit depuis que Nicolas Sarkozy est chef de l’Etat.

Le candidat socialiste ne comprend pas d’ailleurs pourquoi des sommes sont prévues pour les prisons, et non pour l’éducation : « des promesses déjà contestables au plan financier ! » s’exclame-t-il. Pour lui, la solution réside en deux propositions : un meilleur accompagnement des jeunes délinquants et l’ouverture d’établissements pénitentiaires supplémentaires.

La taxe Tobin qui doit être votée ? « Il suffit de faire application d’un texte qui avait déjà été voté », rappelle François Hollande sous les yeux de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin. La défiscalisation des heures supplémentaires qui s’était inscrite dans le slogan et projet du « Travailler plus pour gagner plus » ? Le socialiste n’est pas « favorable à ce que l’on continue ». Au contraire, il veut « renforcer les moyens de Pôle Emploi » afin de lutter efficacement contre le chômage.

Le bouclier fiscal, mesure emblématique du quinquennat du Nicolas Sarkozy, et la réforme de l’ISF en avril 2011, sont également à jeter au trou. « Belle logique où les cadeaux des uns sont payés avec le travail des autres ! », ironise François Hollande, qui juge aussi que « l’injustice a été la marque du président sortant ».

Celui qui aspire au « changement, maintenant », chercherait-il à imiter Lionel Jospin, candidat socialiste en 2002, qui rêvait de « présider autrement » ?

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , ,

A Mérignac, François Hollande lance 2012

François Hollande passe à l’attaque. Crédits : Julien Chabrout

Pour son premier meeting de l’année, François Hollande a choisi de se rendre à Mérignac. A l’offensive, le candidat “du changement” a appelé les socialistes au “combat” et souhaite un large rassemblement derrière lui.

Pas de doute, François Hollande a bien lancé les hostilités en ce début 2012. A plus de 100 jours du premier tour de la présidentielle, le candidat du PS a tenu mercredi soir un meeting de campagne à Mérignac, un bastion socialiste de l’agglomération de Bordeaux.

Dans la salle du Pin Galant, bien trop petite pour accueillir les près de 3000 personnes, le dirigeant socialiste concluait son déplacement du jour près de Bordeaux sur le thème de l’emploi.

Pour un François Hollande transformé à l’occasion en chef de guerre, l’objectif principal était de lancer la mobilisation générale des troupes socialistes, appelant les militants à convaincre les Français de “changer de plan de bataille, d’Etat-major et de dirigeant suprême.

Appel à un large rassemblement

Pendant plus d’une heure, le candidat a repris les principaux points de sa « lettre aux Français » publiée mardi 3 janvier dans Libération. Se présentant à de nombreuses reprises comme le “candidat du changement”, il s’est érigé en seule alternative possible contre “le président sortant.”

“Qui peut battre la droite ?” a t-il ainsi demandé, se posant comme le candidat du “rassemblement de la gauche”. Rappelant que la présidentielle se “gagne dès le premier tour”, l’élu de la Corrèze a évoqué à dessein le traumatisme qu’a vécu la gauche le 21 avril 2002. Un message adressé à Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly, dont le PS aimerait le ralliement, si possible avant le premier tour.

Dans un numéro d’équilibriste, François Hollande a aussi lancé un appel…aux déçus du sarkozysme. Taclant le positionnement de François Bayrou, “qui refuse avant le second tour de dire pour qui il votera”, il a exhorté les électeurs “au milieu”, “ceux qui ne savent pas quoi faire”, à le rejoindre.

Malgré cet appel à un large rassemblement, le candidat Hollande a mis le cap à gauche à Mérignac avec un objectif: cliver. Alors que Marine Le Pen plafonne autour de 16 % d’intention de vote dans les sondages et que Jean-Luc Mélenchon le menace sur sa gauche, le vainqueur de la primaire entend ramener les électeurs tentés par le vote extrême pour qui “droite et gauche, c’est la même chose”.

A l’offensive, le leader du PS a accusé Nicolas Sarkozy, “le protecteur des riches”, d’avoir déséquilibré les comptes publics depuis 2007. Dans un discours à tonalité Mitterrandienne, il a dénoncé “les puissances de l’argent, le libéralisme et les banques” responsables selon lui de la crise actuelle.

“Redressement, justice et espérance”

Accusé par ses adversaires de ne pas avoir encore de projet et d’entretenir délibérément ”le flou”, François Hollande a de nouveau demandé de la patience. Pour un programme plus précis, il faudra attendre la fin du mois, au minimum. Le candidat du PS a néanmoins insisté sur les “valeurs” et donné le mot d’ordre: “Redressement, justice et espérance.”

Le redressement des finances publiques se fera ainsi par une “grande réforme fiscale” avec la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. François Hollande a en outre réitéré sa proposition de départ à la retraite des salariés qui auront cotisé au moins 41 ans.

Alors que le gouvernement souhaite mettre en place la « TVA sociale », le dirigeant socialiste a qualifié la mesure de “faute économique, sociale et morale” à la veille de la présidentielle, rappelant que cette proposition avait causé la perte de plusieurs sièges à l’UMP dans l’entre deux-tours des Législatives en 2007.

En ces premiers jours de janvier, mois décisif dans la bataille de l’Elysée, François Hollande n’a dévoilé aucune nouvelle mesure. Pour le candidat socialiste, l’objectif était de remobiliser son camp après la difficile gestion de l’entre-deux, cette phase fin 2011 qui a suivie sa victoire à la primaire. A quatre mois du scrutin, il a appelé les militants socialistes à “parler, expliquer et convaincre.” Pour le candidat, Mérignac était bien “le début d’un long chemin”. Jusqu’à la victoire ?

Julien Chabrout

Cet article a été rédigé sur le blog politique des étudiants en journalisme de l’IJBA, Débattre la campagne

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , ,