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Scorsese, horloger du 7ème art

Le cinéaste américain rompt complètement avec ses précédents films et renoue avec le cinéma d'antan. Crédits : Allociné.fr

Avec Hugo Cabret, son dernier film, le cinéaste Martin Scorsese invite les spectateurs dans un voyage au coeur du cinéma et de l’homme. Un film puissant et tout public qui vous clouera à vos fauteuils. A voir – pour une fois – en 3D.

« Si un jour tu te demandes où sont fabriqués les rêves, chuchote Georges Méliès, c’est ici ».
Derrière ce barbu déguisé en homard, une sirène à l’épaisse chevelure scintille et un dragon de bois crache des étincelles. Des mélomanes perdent leurs têtes, des squelettes disparaissent dans une épaisse fumée et une lune reçoit une fusée en plein œil. Nous sommes à Paris, aux balbutiements du cinéma. En ce début du XXe siècle, les spectateurs hurlent d’effroi en voyant sur l’écran un train arriver en gare. Les réalisateurs sont alors des bricoleurs, des horlogers bidouillant un art nouveau. Mais après la première guerre mondiale, Méliès, génie du cinéma, ne parvient plus séduire son public, traumatisé par les images cauchemardesques des tranchées. Fou de désespoir, le magicien brûle ses décors, anéantit ses bobines et tombe dans la dépression. Une tristesse dans laquelle refuse de le voir sombrer Brian Selznick, auteur du livre L’invention d’Hugo Cabret (2007), et dont Martin Scorsese nous livre son adaptation.

Hugo Cabret est plus qu’un conte de Noël sauce Hollywoodisney. C’est une ode au cinéma, aux mains dans le cambouis et à la tête dans les étoiles. L’histoire d’un petit homme, tout juste orphelin, qui vit dans une gare où se croisent des gardes estropiés, des vieux amoureux canins, une jolie fleuriste et une passionnée de romanesque. Un garçon qui veut réparer un automate et qui, avec l’aide d’une clé en cœur, réparera un vieillard blessé par la déception. Pas de larmes inutiles, pas de fausses notes : aucune émotion n’est de trop, un peu comme « une pièce dans une machine » dirait Hugo en fixant la caméra de ses yeux ciel. Un film pudique et magique sur la quête de soi, l’évasion artistique et la persévérance, qui fera remonter en vous l’envie d’imaginer et de créer.

Mais la plus grande réussite de Scorsese, c’est la réalisation d’une extraordinaire machine à voyager dans le temps. Des vieilles images du pionnier des trucages sont transposées en 3D, une technique qui prend -enfin- tout son sens. Elle fera tomber des flocons de neige sur le bout de votre nez, surgir des trains fous et pleurer des lunes blessées au-dessus de vos têtes. Méliès avait le goût des décors en relief; d’un coup de baguette, Scorsese les fait renaître de leurs cendres et sortir des écrans. Deux époques, deux passionnés, rassemblés en un seul film au nom du septième art. Alors, ne vous fiez pas à l’affiche et à la bande-annonce très commerciales, plongez dans un voyage à couper le souffle en plein coeur du cinéma et rêvez.

Julie Reynié

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Cendrillon à la sauce Hollywoodienne

Le conte du XVIIème à l'heure du cinéma du XXème. Crédits : Danzaballet.com

L’histoire de Cendrillon n’a plus de secret pour personne. Et pourtant, transposée à l’univers du cinéma hollywoodien des années 1930, le grand classique de Charles Perrault prend une autre allure. Nous étions le 9 décembre à la première du ballet de Rudolph Noureev à l’Opéra Bastille. Le résultat :  une version décalée, plutôt réussie.

19h30 tapantes, vendredi 9 décembre, à l’Opéra Bastille. Le rideau se lève. Un salon bourgeois est dévoilé. Au fond de l’impressionnant décor, une statue de la Liberté trône fièrement. Première intrigue. Pourtant, c’est bien le bon ballet. A droite de la scène, cachée dans le creux d’une grande cheminée, vêtue de guenilles, Cendrillon balaie, narguée par ses sœurs qui se disputent un bout de tissu.

Un homme fait alors son entrée. Ce n’est pas leur père, ni un quelconque membre de la famille royale. Qui peut-il bien être ? Deuxième indice que ce Cendrillon là n’est pas celui de Charles Perrault.

Les spectateurs sont partagés. Les uns, avertis, restent de marbre. Les autres, ignorants, affichent une certaine perplexité. Discrètement, ils interrogent leur voisin. Rapide coup d’œil sur le programme et la distribution des rôles. Le mystérieux personnage est un producteur.

A partir de ce moment, tout s’enchaine. Cendrillon s’éloigne à bord d’un cabriolet et brille au cinéma entourée de starlettes, tahitiennes et bouges chinois, partageant même la scène avec un King Kong grandeur nature.

Plonger ce grand classique au temps du cinéma hollywoodien des années 30, un pari osé mais brillamment relevé par Rudolph Noureev. Les costumes féeriques et les décors spectaculaires, font oublier les quelques longueurs des duos.

Mentions spéciales à Cendrillon, incarnée par l’étoile Agnès Letestu et à la marâtre, jouée par un homme, Stéphane Phavorin.

Maxime Buathier

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