Archives de Tag: jeunes

Donner une autre image de la jeunesse

A peine lancées dans le métier, les deux « journalistes nomades », Daphné Gastaldi et Leïla Beratto, sont allées rouler leur bosse au Bénin et au Togo à l’assaut des clichés qui ont la peau dure.

Leïla et Daphné lors de leur premier voyage au Bénin. Crédits : Journalistes Nomades

A la fin de sa première année de master de journalisme à l’IFP, Leïla Beratto, globetrotteuse dans l’âme, a profité de la longue période estivale dévolue aux stages pour s’envoler travailler au Bénin. Elle et son amie Daphné Gastaldi, alors diplômée du DU de journalisme de l’IFP, sont parties envahir les ondes de Cap FM, de Radio Télévision Carrefour et de l’ORTB (Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin) de juillet à septembre 2010. Mais pas seulement. Armées de micros et d’appareils photo, elles en ont profité pour aller à la rencontre des jeunes béninois « aux expériences innovantes ». Le but : casser les clichés et restaurer l’image de cette jeunesse qui a de l’ambition à revendre et des idées plein la tête. « On lisait les journaux, on regardait la télévision, on écoutait la radio toute la journée. Dès qu’on entendait parler de quelque chose ou de quelqu’un, on notait et on passait des coups de fil. Puis on s’appelait pour partager nos informations » se souvient Leila.

En trois mois, elles ont rencontré des dizaines de ces personnes qui font avancer leur génération. A leur retour sur le sol français, elles n’ont pas tardé à monter une exposition. Constituée de onze portraits, eux mêmes composés de photographies et d’interview sonores de trois minutes, l’exposition « Couleurs Jeunes Bénin » a fait étapes à Paris, Grenoble et Antibes. Des débats ont été organisés par la même occasion avec des lycéens et des volontaires civiques pour réfléchir à l’image que chacun porte sur la jeunesse et sur l’Afrique. « On s’est dit qu’il y avait un travail important à faire en France», expliquent Leïla et Daphné qui comptent aussi brosser le portrait de jeunes français au futur prometteur.

Succès

Mais avant cela, il fallait qu’elles retournent au Bénin. Elles se sont vite rendu compte que les Béninois dénigraient eux-mêmes leur propre jeunesse. Le 20 mai 2011, elle remporte le 2e prix du concours PIEED (Prix des Initiatives Etudiantes pour l’Education au Développement) qui leur offre une bourse de 3500 euros. Deux jours plus tard elles avaient déjà leurs billets pour Cotonou et essayaient de faire rentrer le matériel de leur exposition dans leurs valises.

Crédits : Journalistes Nomades

Daphné et Leïla ont exposé et organisé des débats à l’université de Cotonou et à la mairie de Bohicon. Leur travail a porté ses fruits : « Les gens se sont rendu compte que nous nous avions compris des choses que eux n’avaient pas compris. Ils ont reconnu qu’ils accordaient très peu de valeur à leur jeunesse ».

L’aventure ne s’est pas arrêtée là. Leur exposition itinérante leur a fait rencontrer des membres d’une association togolaise qui leur a permis de s’envoler cet été pour le Togo, pays voisin du Bénin. Avec le reste de leur bourse, elle se sont retrouvés de nouveau à brosser le portrait sonore et photographique de jeunes togolais dynamiques dans une société qui partagent avec le Bénin des clichés tout aussi tenaces sur la jeunesse

Leur projet final était de monter un site internet qui servirait de plateforme multimédia pour héberger d’autres initiatives journalistes similaires. Un blog a d’abord vu le jour, « la boite à portraits » avant l’inauguration en décembre dernier de « Journalistes nomades, regards sans préjugés »

Aujourd’hui, Daphné et Leïla continuent leur petit bonhomme de chemin. Daphné au micro de Radio Rythme Bleu en Nouvelle Calédonie, et Leïla, sur le point de s’envoler pour l’Algérie en tant que correspondant pour différents médias français. Mais toutes deux continuent de faire vivre les Journalistes Nomades et attendant que de nouveaux projets voient le jour sur leur plateforme.

Elodie Corvée

Les Journalistes Nomades sur France Inter et Africa n°1

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , ,

Les addictions cachent parfois des envies suicidaires

Addictions et suicides, deux phénomènes qui touchent particulièrement les jeunes générations. Alors qu’ils étaient étudiés et traités sur deux plans différents, des récentes études ont démontré qu’addictions rimaient souvent avec risques suicidaires.

Les filles sont les plus touchées par les phénomènes d’addictions et les tentatives suicidaires. Crédits : Europe1

Le suicide est la deuxième cause de mortalité parmi les 15-24 ans après les accidents de la route. Le mal-être psychique, un mal fréquemment répandu parmi les jeunes, en particulier à l’adolescence, est généralement mis en avant pour expliquer et déceler les tendances suicidaires. Mais un autre facteur entre aussi en compte : les addictions.

Toxicomanies, alcoolisme, boulimie, jeu pathologique, conduites de risque, achats compulsifs, excès de dépense physique ou de travail… tout comportement de dépendance peut en effet être un signe avant coureur. La désinhibition qu’entraîne l’usage de produits tels que l’alcool ou le cannabis, particulièrement prisés par les jeunes, favoriserait même le passage à l’acte.

Prise en compte tardive

En 2008, la revue Addictions constatait que le rapport entre toxicomanie et suicide avait été encore très peu étudié en France. Françoise Facy, épidémiologue et vice-présidente de l’Union Nationale de la Prévention du Suicide, l’explique par le « tabou » qu’entoure depuis toujours le suicide. « Il a longtemps été condamné. On considérait que celui qui échappe à la vie fuyait ses obligations sociales. Cette condamnation existe encore aujourd’hui » déplore t-elle.

Mais depuis quelques années, les professionnels de santé mentale mènent des actions et des études pour comprendre les facteurs de risques. Les phénomènes d’addiction y ont pris place au même titre que les troubles psychiques.

Les troubles psychiques et compulsifs sont en fait indissociés les uns des autres. « Les Nord Américains appellent ça la co-morbidité« , explique François Façy. « Ce sont deux types de souffrance simultanées.« 

Des profils différents

« Les évènements de la vie, les parcours de chacun font qu’il n’y a pas de schéma unique, bien que les filles et les garçons se démarquent les uns des autres » ajoute Françoise Facy. Le suicide est un phénomène plutôt masculin, tandis que les filles, qui manifestent plus de comportements compulsifs, ne dépassent pas généralement la tentative. « Statistiquement, les risques de tentative de suicide précèdent les abus de drogues et d’alcool chez les filles, précise François Facy, alors que les risques de suicide sont consécutifs aux abus et dépendance aux produits pour les garçons« .

Mais « il est compliqué de déterminer l’antériorité d’un risque par rapport à l’autre« . On considérera plutôt « les successions chronologiques de risques » pour tenter de comprendre les raisons du suicide.

Seule certitude : « la nécessité que les professionnels de santé soient formés sur les phénomènes de co-morbidité » pour non seulement comprendre, mais aussi apporter des solutions thérapeutiques et préventives.

Elodie Corvée

A lire sur Bandes de Jeunes, le site des étudiants de M2 de journalisme de l’IFP

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , ,

A Paris, un seul centre de soins pour les jeunes

L’Espace Santé Jeunes Guy Môquet à Paris est le seul centre dédié aux jeunes et au traitement de leurs maux physiques. Tous les autres s’occupent exclusivement à leur bien être mental.

Le centre traite près de 900 nouveaux dossiers chaque année. Crédits : le Cercle de l'Info

« Avec l’Espace Santé Jeunes, je savais que je répondais à un besoin énorme », explique le Docteur Vernant. A savoir : apporter aux jeunes des services de soins et de traitements dans un centre qui leur est dédié.

Lorsqu’à la fin des années 1990 elle créé un centre de consultations sans rendez-vous à l’Hôtel Dieu, sur le modèle des PASS (permanences d’accès aux soins de santé), ces cellules de prise en charge médico-sociale pour les personnes démunies, elle se rend compte que peu de jeunes font partie de ses patients.

Elle se rend alors dans les collèges et les lycées pour se faire une idée de la santé des jeunes. Elle y consacre deux journées par semaine et examine près de 300 jeunes patients. Elle constate alors « l’état physique lamentable des jeunes ».

Elle soumet son rapport à l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) dans l’idée d’ouvrir son centre exclusivement aux jeunes. La direction de l’hôpital lui déconseille. « On m’a dit que je marchais sur les pieds de Mme Chirac. » L’ancienne première dame de France avait en effet pour projet de créer les Maisons des Adolescents, telle que l’actuelle Maison de Solenn. « Mais cela n’avait rien à voir ! » Alors que Bernadette Chirac se focalisait sur les troubles du comportement, Dinah Vernant désirait créer un centre dédié au traitement des maux purement physiques.

Un service unique

Un projet totalement inédit car les centres consacrés à la santé des jeunes n’offrent que des services d’accueil, d’écoute, d’information et d’orientation. « Nous avons conçu le service comme celui de la protection maternelle et infantile, où les enfants sont suivis médicalement jusqu’à l’âge de six ans. »

Crédits : le Cercle de l'Info

C’est en remportant des appels d’offre qu’elle a pu mettre en place l’Espace Santé Jeunes Guy Môquet. Tous ses patients lui sont adressés par les membres du réseau qu’elle a constitué au fil des années autour du centre : médecins, infirmières et aides scolaires, éducateurs, associations… En dix ans, le nombre de nouvelles consultations a été multiplié par dix, passant de 495 en 2001 à 4.946 en 2011. Chaque année, le centre enregistre plus de 900 nouvelles visites.

Dinah Vernant souhaiterait doter chaque département de ce type de structure. Mais elle n’y parvient pas. Selon elle, peu de médecins sont prêts à s’engager dans « ce type de médecine ».

La jeunesse étant l’un des sujets centraux de la campagne présidentielle, les candidats s’inspireraient bien de cette initiative. François Hollande est même nommément invité par Dinah Verant à venir à la rencontre des jeunes à l’Espace Guy Môquet.

Elodie Corvée

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , ,