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Le 100% numérique, nouvel eldorado pour la presse ?

Alors que France Soir vient de stopper son édition papier pour n’être disponible que sur internet, d’autres quotidiens s’interrogent sur un passage au tout numérique. Mais cette mutation s’avère compliquée dans un marché très concurrentiel sans modèle économique stable. 

France Soir "disparaît des kiosques" mais "l'info continue" grâce au numérique. Crédits : France Info

France Soir papier est mort. Vive France Soir version électronique. Pour survivre à ces difficultés financières, le quotidien n’est lisible que sur internet depuis le 13 décembre. Mais ce pari du tout numérique devra s’accompagner d’une refonte de sa ligne éditoriale. Devenir un pure player n’est pas seulement un changement de support : il faut s’adapter aux spécificités du web-lectorat. De nombreux médias, comme La Tribune, s’interrogent sur l’efficacité de cette mutation vers un contenu 100% en ligne. Le numérique est-t-il vraiment une planche de salut pour la presse française ?

L’obligation d’être innovant sur le web

6,6 millions d’internautes français se connectent quotidiennement pour consulter les informations sur des sites d’actualité. Le chiffre est alléchant lorsqu’on sait que France Soir ne vendait plus que 60000 exemplaires début 2011 selon l’OJD. Mais pour Michel Agnola, consultant en nouveaux médias, le problème n’est pas le support mais le contenu : « Sur internet, ce sont des marchés de niches. Les pure players sont plus innovants car leur rentabilité dépend de leur positionnement. France Soir souffre d’une image vieillotte. Pour réussir sa mutation, il doit parier sur une synergie de diffusion plurimédias avec les applications pour Smartphones, tablettes et des services à valeur ajoutée. » France Soir doit en effet faire face à la concurrence des « poids lourds » de l’information numérique : Mediapart (47000 abonnés), Rue89 (1,8 million de visiteurs uniques en janvier 2011), Le Monde (39000 abonnés numériques) et Le Figaro (10000 abonnés numériques).

Le numérique en quête d’un modèle économique stable

Mais avant toute chose, il faut déterminer un nouveau modèle économique. Les différents médias numériques ne se financent en effet pas de la même manière. Le Monde propose des articles gratuits, mais ses archives et chroniques sont payantes. Rue89 est gratuit, car financé par la publicité. Mediapart ne propose son contenu que sur abonnement. « Les sites internet d’information se cherchent encore un modèle économique », analyse Marie-Christine Lipani Vaissade, sociologue des médias spécialiste de la gratuité de l’information. « Pour l’instant, aucun n’a fait ses preuves. Internet est apparu comme la solution miracle qui sauverait la presse, mais il faut avoir un modèle financier qui permettra de la préserver. » Entre gratuit et payant, les médias numériques n’ont pas tranché. La vraie condition d’une mutation numérique réussie sera de jongler entre un positionnement particulier et un modèle économique efficace.  Le tout est de les trouver.

Anne-Sophie Warmont

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TF1 à Louviers : les habitants entre fierté et timidité

TF1 délocalisera une partie de ses studios à Louviers à l’occasion de la présidentielle. Crédits : Le Cercle de l’Info

La première chaine de télévision organisera, durant la campagne présidentielle, quatre émissions sur le modèle de « J’ai une question à vous poser » de 2007, où un candidat sera face à un panel de lovériens. Il est également prévu un plateau, le soir du premier tour, animé par Jean-Pierre Pernault. Les habitants, qui ont appris l’information par voie de presse, sont ravis de cette arrivée, mais se disent réticents à l’idée d’interroger les politiques les yeux dans les yeux.

« Excellente idée, merci TF1 ! », « très bien ! », « très bonne idée ! », « très bon effet ! », « pas mal du tout » : les superlatifs pleuvent en cette journée nuageuse du côté de l’Eure. Les habitants de Louviers ont hâte que le présentateur du JT des terroirs, Jean-Pierre Pernault, viennent leur rendre visite. « Les gens vont être contents de le voir. Il va leur faire bon effet », pronostique Jérôme, libraire.

Depuis que Catherine Nayl, la directrice adjointe de l’information de TF1, a annoncé, dans les colonnes du Figaro que sa chaîne allait s’implanter dans la ville qui vote « à gauche aux locales, à droite aux nationales », les lovériens sont heureux.  « On avait ras-le-bol que les habitants des petites villes soient oubliées », clame Kamel, fonctionnaire dans l’environnement. « C’est une agréable surprise ! », poursuit-il, pour l’ancien fief de Pierre Mendès-France et de jeunesse d’Olivier Besancenot.

Les habitants pensent aussi que la couverture de leur ville intermédiaire ne peut qu’être une vitrine pour eux. «Cela va enfin mettre en avant ce qui se passe ici », espère M. Chapô, artiste-peintre, quand Timothée, lycéen, prie pour que « cela donne une image assez dynamique». Cela ne modifiera pas pour autant leur distanciation à l’égard de la politique. « Cela ne va pas changer notre vie. Ils parlent, mais ne font rien », regrette Julien, apprenti boulanger.

« Etre à la hauteur »

De la même manière, les autochtones ne s’imaginent pas figurer dans le panel des intervieweurs politiques. Comme l’a expliqué, en son temps, Daniel Gaxie, ils ont tendance à s’auto-exclure du jeu. Ainsi, Cédric, hôtelier, juge qu’«il y a des gens bien plus compétents que lui ». En effet, sur dix-sept personnes rencontrées, seuls deux aimeraient faire partie des élus. Benoit, par exemple, qui « prépare Science-Po », se dit « très intéressé ».

Chez les commerçants, la neutralité est un devoir. Ils s’interdisent de s’exprimer comme les autres, jurent-ils, risquant d’avoir des comptes à rendre à leurs clients… Le boucher-charcutier du centre-ville, M. Coutard, considère que « chacun doit être à sa place » et que « ce n’est pas son métier ». « De toute façon, je suis trop sanguin », précise-t-il. Gérard, horloger, appelle le lovérien à « être à la hauteur », lui-même ne pouvant participer, car demeure le risque d’une « phrase trop mal interprétée ».

A la mairie, en revanche, satisfaction à l’accueil comme au cabinet du maire. Franck Martin, l’édile radical de gauche depuis 1995, remercie TF1 dans Paris-Normandie : « la notoriété de la ville et son image en ressortiront renforcées ». Seule note discordante : Marie-Jeanne, ancienne colistière jusqu’en 1998, qui, elle, « s’en fout » et qui invite à ne pas regarder car « c’est une télévision de droite ».

César Armand

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