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Renault à Tanger : « une stratégie bas de gamme » selon Pierre Lellouche

Montage Ratgemini.wordpress.com/Premiere.fr

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a débattu, hier, avec Arnaud Montebourg dans les locaux de L’Expansion sur le protectionnisme et la démondialisation. Les deux hommes se sont trouvé des points de convergence, même si Pierre Lellouche n’a pu s’empêcher d’attaquer son adversaire socialiste.

« On marche sur la tête! », s’exclame Pierre Lellouche, lorsque la journaliste rappelle l’inauguration, aujourd’hui, d’un site de production Renault à Tanger, au Maroc. « Mais c’est vous l’Etat l’actionnaire de ce bazar ! C’est dingue ! », réplique Arnaud Montebourg, sous les applaudissements du public de L’Expansion et de l’Institut de l’Entreprise.

« Cette stratégie de Renault est bas de gamme », confirme le secrétaire d’Etat au commerce extérieur. « La mondialisation mène à l’impasse, elle sous-rémunère le facteur travail. Il faut faire une politique industrielle », plaide le troisième homme de la primaire PS. Plus tôt dans la matinée, Pierre Lellouche lui donnait raison : « Nos problèmes de compétitivité ne sont pas dus à la Chine ou à l’Inde. L’enfer c’est nous-mêmes. La dernière politique industrielle c’était sous de Gaulle et Pompidou. »

Montebourg : « Madame Le Pen veut casser l’Europe »

Chassez le naturel, il revient au galop. Le secrétaire d’Etat accuse Arnaud Montebourg de « revenir aux années 30 » en utilisant le terme « ploutocratie » pour qualifier le système actuel. « Changez de logiciel. Regardez le monde tel qu’il est! », exhorte Pierre Lellouche. « Ces caricatures qui nous font passer pour des fous, je n’en veux pas. Ayons l’intelligence de réfléchir collectivement », répond le président du Conseil général de Saône-et-Loire.

« L’Union Européenne était une union douanière. Elle aurait dû le rester. C’est comme si vous coupiez une jambe et un bras », s’époumone Arnaud Montebourg. « Montebourg, Mélenchon et Le Pen disent la même chose » s’agace Pierre Lellouche. « Ce n’est pas vrai ! Madame Le Pen veut casser l’Europe », le coupe le député. « Travaillons avec la réalité. Arrêtons de nous raconter une histoire. Ca suffit! ». Deux derniers mots également utilisés par François Hollande, mardi soir, pour couper court à la riposte de l’UMP à la suite de la question à l’Assemblée de Serge Letchimy…

César Armand

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Maxime Verner : « Tous les autres candidats à la présidentielle me dépriment »

Une semaine après la présentation de son programme économique et social, l’autoproclamé candidat de la jeunesse à l’élection présidentielle de 2012 revient sur l’actualité et livre ses propositions dans un entretien accordé au Cercle de l’Info.

A 22 ans, Maxime Verner est candidat à l'élection présidentielle de 2012. Crédits : maximeverner.fr

Combien de parrainages affichez-vous pour les élections présidentielles ?

A ce jour, j’ai 250 signatures acquises, et pas mal d’autres en prévision. Je pars fin janvier pour cinq semaines sur le terrain, et j’espère annoncer mes 500 parrainages le 21 février, lors de la présentation de mon programme éthique. Si je ne les ai pas à ce moment-là, je retournerai en campagne. Je suis confiant.

Votre réaction, quelques heures après la perte du Triple A par la France (l’interview a été réalisée le 13 janvier) ?

Vous me l’apprenez. Cela m’inquiète pour mon pays. Les taux d’intérêt vont augmenter. Le foyer de la dette va demeurer le premier le poste de dépenses de la France. C’est un tsunami cette information. Je ne pensais pas qu’ils allaient avoir le cran de faire cela. Cela nous coûtera près de 500 millions d’euros.

Que pensez-vous de la TVA sociale ?

C’est un impôt dépassé avant sa mise en place. Je propose de supprimer la TVA, l’impôt sur les sociétés, les charges patronales et salariales pour les remplacer par ce que j’appelle la CAC, la contribution à la croissance. Cet impôt taxerait toutes les entreprises françaises et étrangères sur leurs ventes en France. Je taxerais à hauteur de 10% sur les ventes de produit et à 18% sur les ventes de service. La plupart des entreprises s’y retrouveraient, seules les très grandes paieraient un peu plus qu’aujourd’hui.

Soutenez-vous l’instauration de la taxe Tobin ? 

Cette taxe ne peut pas être efficace. A la place, je propose une taxe « Robin des Bois ». Il ne faut pas taxer toutes les transactions, mais les banques qui spéculent, avec une taxation dégressive. On ne joue pas avec l’argent des gens.

Eric Cantona est désormais, lui aussi, à la recherche de 500 signatures. Son objectif est de soulever le problème du mal-logement en France… Qu’en pensez-vous?

Je vais lui passer un coup de fil. J’aime ce qu’il fait, il est très sincère. Il a un peu la même démarche que moi. Je suis invité par la fondation Abbé Pierre le 1er février pour ce sujet du mal-logement.

Votre opinion sur le contrat de génération proposé par François Hollande ?

Vincent Peillon, qui s’occupe de ce dossier pour François Hollande, n’a aucune vision de la jeunesse. La jeunesse, ce n’est pas uniquement l’éducation. C’est l’emploi, l’insertion… Il ne faut pas infantiliser la jeunesse. Se consacrer aux apprentis, proposer de grands projets en termes de qualité de vie, d’intergénérationnel. Cela étant, François Hollande est le seul à parler de la jeunesse.

Vous avez publié au début de l’été 2011 un livre intégrant 89 propositions pour la jeunesse. Avez-vous reçu des appels des différents candidats ?

J’ai surtout eu des propositions sur ma personne. Mais je veux qu’on reprenne mes propositions, pas moi. J’entends parler, ici et là, de quelques idées, notamment le permis de conduire gratuit, que je défends. Mais je veux des engagements, de la clarté.

Vous écrivez qu’un chômeur dépenserait 400€ par mois pour trouver un emploi. D’où tirez-vous cette information ?

De Pôle Emploi. Les déplacements, les courriers… la facture monte très vite. Par conséquent, de plus en plus de chômeurs abandonnent au bout de six mois, car ils préfèrent toucher le RSA.

Vous ne parlez quasiment jamais de gauche, de centre ou de droite dans votre livre… Où vous situez-vous ?

Je ne me situe pas. Parfois, j’entends dire que j’ai un discours de droite. A d’autres moments, j’entends que je suis de gauche. C’est assez amusant. Je fonctionne à l’humain.

Vous avez toutefois occupé des fonctions au Nouveau Centre… 

J’avais pour mission de rapprocher les élus des jeunes. Quand j’ai terminé ma mission, je suis parti.

L’unité nationale proposée par François Bayrou, cela devrait vous intéresser ?

C’est intéressant, mais il faut respecter le vote des Français. Je suis pour l’ouverture, mais la feuille de route doit être claire.

Beaucoup de vos propositions prévoient de multiples financements de l’Etat et des entreprises (par exemple, le permis de conduire gratuit). En temps de crise, n’est-ce pas un peu idéaliste ?

Il y a deux logiques en temps de crise : la rigueur ou l’investissement. Nous devons miser sur la jeunesse. Ma politique n’est pas disproportionnée.

Les entreprises vous suivront-elles ?

Oui, car elles seront gagnantes. Sinon, l’Etat peut imposer des choses.

Vous aimeriez que les lycées organisent deux heures par mois de culture républicaine. Le sociologue Edgar Morin avait appelé à instaurer une année obligatoire de culture générale après le Bac. Votre avis ?

La culture générale, plutôt axée sur le côté républicain, doit être présente tout au long de la scolarité des jeunes. Au lieu de voir nos différences, nous devons montrer ce que nous avons en commun.

Vous êtes en faveur du mariage homosexuel… Quid de l’adoption ?

Ce n’est pas à moi de décider cela. Il faudra une enquête parlementaire. Les jeunes sont beaucoup plus ouverts sur ces questions-là.

Dans une de vos propositions, vous vous exprimez en faveur de la reconnaissance du vote blanc et de l’inscription automatique de tous les citoyens sur les listes électorales… Serait-ce une manière de lutter contre l’abstention ?

Je veux dire aux gens : ‘Vous êtes impliqués’. Le vote blanc peut créer une offre politique nouvelle. J’aimerais mieux un autre choix qu’un vote blanc lorsque les Français iront voter, mais il doit être comptabilisé.

Vous voulez que chaque lycée et chaque université élise un ambassadeur de l’Europe. Dans quel but ?

Les Français ne se rendent pas compte qu’ils sont citoyens européens. Je souhaite instaurer plus d’échanges entre les jeunes européens. Nous devons parler d’Europe à nos jeunes, car cela a du sens.

Si vous ne recevez pas vos 500 parrainages pour vous présenter, pour qui voterez-vous le 22 avril 2012, au premier tour de l’élection présidentielle ?

Je n’en sais rien. Ils me dépriment tous. Je présenterai mon projet, et celui qui fera les meilleures propositions pour la jeunesse obtiendra mon vote. Mon choix ne sera pas à titre personnel, c’est la jeunesse qui compte.

Et au second tour ?

Même réponse. Sauf si Marine Le Pen est au second tour, je n’appellerai pas à voter pour elle.

Même si c’est elle qui reprend le maximum de vos propositions ?

Ce ne sera pas le cas. Elle refuse même de débattre avec moi.

Maxime Verner, ministre dans le prochain gouvernement, est-ce possible ?

Je ne serai pas ministre des Sports ou de l’Industrie. Mais si on me donne les moyens d’appliquer une politique publique de la jeunesse, j’irai. Sinon, je n’irai pas pour la gloire.

Thibaut Geffrotin et César Armand

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Chevènement à Dauphine : Papi fait de la résistance

Le candidat à l'élection présidentielle en plein échange avec la salle. Crédits : Dauphine Discussion Débat

L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a été reçu, mercredi 14 décembre, par l’association Dauphine Discussion Débat dans la salle Raymond Aron de l’université devant une centaine d’auditeurs. Une semaine après le débat avorté avec Marine Le Pen, les étudiants se sont fait mener en bateau par le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen qui n’a pas abordé les points essentiels de son programme électoral.

Dès l’introduction, le ton est donné : Marine Le Pen avait été invitée car selon la devise de l’université Paris Dauphine, « animus in consulendo liber », « l’esprit se rend libre dans la confrontation d’idées ». Pour Jean-Pierre Chevènement, la discussion s’annonce sans concession.

Après avoir fait remarquer son âge à l’invité, né en 1939, pour souligner la longévité de sa carrière, l’association Dauphine Discussion Débat intervertit les vidéos sur lesquelles elle veut faire réagir Jean-Pierre Chevènement. Puis les micros sifflent. « Qu’il s’agisse des vidéos ou des micros, vous avez encore des progrès à faire », ironise le candidat.

Interrogé sur l’appartement de 120 m2 qu’il louerait pour seulement 1 500 € dans le Ve arrondissement de Paris, il renvoie ses interlocuteurs dans leurs cordes : « Quand on se présente à la présidentielle, il faut être prêt à prendre tous les coups, y compris des ignominies », avant de mettre son honnêteté en avant en détaillant ses revenus et le coût réel de son loyer, depuis revalorisé par son bailleur à 1 900 € par mois.

En économie, Jean-Pierre Chevènement est contre la monnaie unique. Critique pour laquelle il revendique une « antériorité » parce qu’il était déjà contre le traité de Maastricht. Nouvelle référence à son âge. Il n’aborde que superficiellement son programme électoral qui ne semble pas encore arrêté et critique mollement les gouvernements de droite auxquels il souhaite succéder. Il souligne « le bilan attristant de 10 ans de gouvernement de droite ».

Au cours du débat, DDD ne parvient pas à faire dire au candidat le fond de sa pensée. Idem pour les auditeurs qui le questionnent à la fin de son intervention. Celui qui se décrit comme un « lion », l’emblème de Belfort dont il est le sénateur, manie si bien la langue de bois qu’il a le dernier mot, Jean-Pierre.

Claire Barrois

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« Le Front National a gardé sa strate d’origine » selon Dominique Reynié

De gauche à droite : Vincent de Coorbyter, Gilbert Merlio, Dominique Reynié, Daniel Vernet. Crédits : Le Cercle de l'Info

Dominique Reynié a participé, mardi soir, à une conférence à la Maison Heinrich Heine sur « Les populismes en Europe », dédiée à son ouvrage Populismes, la pente fatale. L’occasion pour lui d’analyser la nouvelle forme que prend le discours du Front National.

Pour Dominique Reynié, politologue, si le discours du Front National est plus contenu qu’auparavant, la base idéologique du parti est restée la même. L’effet est trompeur : le parti est de plus en plus visible dans les médias. L’universitaire explique que « les médias considèrent maintenant que Marine Le Pen peut être invitée normalement ». Mais selon lui, le Front National ne s’est toujours pas converti à un discours modéré. « J’imagine que Marine Le Pen est sous surveillance et que si elle va trop loin, il y aura des conséquences », spécule-t-il.

Ce qui donne une image plus acceptable au Front National est un fait tout à fait inédit selon lui: « les partis populistes se socialisent, c’est du jamais vu ». Et cela vaut aussi pour le parti de Marine Le Pen. Depuis peu, l’extrême- droite défend l’égalité entre hommes et femmes, la laïcité, la liberté sexuelle ou la liberté d’opinion. « Cette transformation spectaculaire a des effets électoraux, puisqu’elle mobilise les classes populaires fragilisées », constate Dominique Reynié.

Un habile mélange entre communication et médias

La crédibilité gagnée par le Front National est entretenue par les médias. En effet, Dominique Reynié distingue « une complicité entre le discours de l’outrance et l’économie médiatique ». L’accueil médiatique donne presque au parti une crédibilité. Cette crédibilité est d’autant plus accrue car le discours de la dérision épargne les populistes. « Le discours est déjà si caricatural qu’il semble impossible d’en faire la caricature » remarque-t-il. Et si une place est toujours libre pour le Front National, il devient presque un bon client des journalistes.

Pendant du journalisme, la communication est, pour Dominique Reynié, un atout majeur du Front National. Bien que chaque parti soit doté d’un puissant pôle de communication, il souligne  que « toute une strate des adhérents du parti populiste est liée aux métiers du marketing ». Il cite les Démocrates Suédois qui ont été, dans les premiers, parmi les partis d’extrême-droite à manier les symboles. Dans cette vidéo, est filmée une course entre des femmes en burqa poussant des landaus et une femme âgée suédoise vers un guichet d’allocations. Le slogan final est sans équivoque: « La politique, c’est une question de priorités. C’est à vous de choisir ».

Sur la communication du Front National, Dominique Reynié relève la visite à Jérusalem de Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen et vice-président du Front National. Une visite au cours de laquelle il en a profité pour affirmer que « Le FN n’a pas eu de passé antisémite ». A bon entendeur.

Coralie Lemke

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Marine Le Pen à Dauphine annulée dans le bruit et la fureur

Mardi 6 décembre, dans l’après-midi, la présidente du Front National, Marine Le Pen, était l’invitée de Dauphine Discussion Débat. Indignée, l’Union des Etudiants Juifs de France avait appelé à manifester devant l’amphithéâtre, rejointe par la Confédération Etudiante, le NPA, l’UNEF et SOS Racisme. Le débat a été finalement annulé après quelques débordements. Témoignages vidéos des principaux protagonistes de la journée.

Tout est parti d’une invitation, comme tous les mois, de l’association Dauphine Discussion Débat à venir débattre avec une personnalité publique au cœur de l’actualité politique. Après Dominique de Villepin en octobre dernier, l’association de débats a invité Marine Le Pen. Cette initiative n’a pas plu à la section dauphinoise de l’Union des Etudiants Juifs de France. L’association étudiante a reproché, dans un communiqué, ce matin, à DDD d’organiser « une tribune » et « un meeting de campagne » pour la présidente du FN.

Ecoutez et regardez sa co-présidente, Valentine Arditti.

Du côté de Dauphine Discussion Débat, il n’y aucun problème. Leur initiative est simple : soutenir la vie démocratique en invitant les candidats à l’élection présidentielle.

Ecoutez et regardez son président, Grégoire de Rugy.

Un quart d’heure avant l’événement, les manifestants, issus des partis d’extrême-gauche et des syndicats étudiants, se sont approprié la salle de la réunion.

Ecoutez et regardez Guillaume Chiche, représentant de l’UNEF à Dauphine.

Devant la salle, des enseignants de l’université ont distribué des tracts, appelant à boycotter cet événement. L’inviter à « présenter son projet économique » selon les mots de DDD, c’est la « légitimer » selon eux. Ils récusent également l’idée de débat public : « l’université n’est tenue par aucune règle de représentativité des différentes forces politiques. »

Ecoutez et regardez Philippe Chanial, maître de conférences en sociologie.

Dans les couloirs, les bousculades deviennent des bagarres. Un membre de l’association dauphinoise reçoit un coup et du matériel prévu pour l’enregistrement est cassé. Marine Le Pen est finalement contactée et priée de ne pas se déplacer. Le président de l’université, Laurent Batsch, vient en effet d’annuler la réunion.

Ecoutez et regardez la réaction de Grégoire de Rugy, le président de Dauphine Discussion Débat.

Ce soir, Marine Le Pen a demandé « aux responsables de gauche, y compris au candidat à la présidentielle, M. Hollande, de condamner formellement et solennellement ces violences et ces procédés ».

Le Front National, par la voix de son vice-président Louis Aliot, avait condamné plus tôt dans la soirée« avec la plus extrême vigueur le comportement de haine antimarine manifesté ».

César Armand, Thibaut Geffrotin, Thomas de Saint Leger

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