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Déclaration de Nicolas Sarkozy sur TF1 : « Un manque d’énergie et de conviction »

Capture écran du site du Président-candidat

Le communicant politique Philippe Moreau-Chevrolet a été « surpris par le ton peu inspiré » du chef de l’Etat hier soir sur TF1. Co-auteur du blog Yes they can sur L’Express.fr avec le journaliste David Medioni, le spin-doctor remarque également que « Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne ».

L’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été dévoilée aujourd’hui. Il est debout regardant vers l’Est, avec en arrière-plan la mer.  Se prend-t-il pour « un capitaine courage tenant fermement le gouvernail » comme l’avait qualifié Laurent Wauquiez après le discours de Toulon de 2008 ?
C’est une affiche mitterrandienne avec ce soleil qui se lève. Cette posture de 3/4 est intéressante. Elle donne une image de majesté, comme la monnaie, avant, à l’effigie des rois et des empereurs. C’est une posture présidentielle. La mer, en revanche, peut évoquer les vacances. Ce n’est pas un choix très approprié, mais elle est également symbole de sérénité et d’apaisement.  En tout cas, Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne.

Nicolas Sarkozy s’est déclaré, hier soir, sur TF1, chaîne propriété de Martin Bouygues. Ne risque-t-il pas de renforcer son image de Président des riches et du Cac 40 ?
TF1 est avant tout la chaîne la plus regardée, où il y a le plus d’audience. La question est de comprendre pourquoi il s’est contenté de cela. Pourquoi il n’a pas fait un véritable évènement ? J’ai été surpris par son ton peu inspiré. Il manquait d’énergie et de convictions. Je n’ai pas compris, non plus, son positionnement sur le fond entre présidentialisation et appel au peuple. C’est difficile d’affirmer les deux en même temps. Peut-être est-ce dû à son impopularité qu’il se sent obligé d’annoncer des référendums ? C’est une manière de déplacer les enjeux, mais cela s’avérera peut-être audacieux.

Dans un article de Martine Delahaye dans Le Monde du 25 octobre 2009 sur Jacques Pilhan, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l’Elysée de 1982 à 1991, raconte que le conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac aimait répéter que « la réalité, c’est le JT de 20h de TF1 ». Rien n’a changé depuis 30 ans ?
La forme qu’avait élaboré Jacques Pilhan a changé. La formule a évolué. Elle n’est plus efficace. Maintenant, il y a une démultiplication des canaux : télé, internet… La caisse de résonance médiatique n’est plus la même. C’est en constante évolution. Il faut toujours inventer de nouveaux concepts. Mais Pilhan avait compris une chose : il faut parler aux gens là où ils sont. C’est au politique de s’adapter. Imposer à l’électeur d’aller à un endroit particulier ne fonctionne pas. Regardez les partis politiques qui ont créé des réseaux sociaux fermés, ils se sont plantés. (Philippe Moreau-Chevrolet fait référence, notamment, aux Créateurs de Possible, ce réseau intra-UMP qui a coûté 500 000 € avant d’être fermé)

Hier soir, au même moment, François Hollande était en meeting avec au premier rang Denis Podalydès qui a justement joué le rôle de Nicolas Sarkozy dans La conquête. Charles Aznavour chantait déjà pour Giscard en 1974.  Pourquoi les candidats s’entourent-ils de célébrités ?
Cela permet de toucher aux émotions des gens, d’essayer de les faire vibrer. Soit vous faites un discours très réussi, comme celui du Bourget, soit vous jouez la proximité avec les stars pour créer du consensus populaire. Ces symboles de la société civile demeurent en effet des vrais relais d’opinion. On ne peut pas seulement gagner parce qu’on est le meilleur, il faut aussi créer de l’émotion.

Nicolas Sarkozy s’est inscrit, hier matin, sur Twitter. Pour le journaliste Marc Fannelli-Isla, auteur de Guide pratique des réseaux sociaux, c’est une « obligation » pour tout homme politique car les ignorer, c’est « ignorer le peuple et les électeurs » Etes-vous d’accord avec cette injonction ?
Oui et non. Non, d’abord, car parler du peuple en tant que cible électorale ne fonctionne pas. Oui, sinon, car c’est essentiel pour le politique de rejoindre les réseaux sociaux. Twitter est nécessaire pour parler aux relais d’opinion journalistiques qui ont besoin, régulièrement, d’informations actualisées. Cela montre, en outre, que le candidat à la présidentielle est à la page. Facebook sert à toucher le grand public. Il faut être partout là où il y a des électeurs. Une voix reste une voix.

César Armand

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Claude Guéant a été « traité de nazi » à l’Assemblée, selon Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez dédicaçant le livre d’or de Dauphine Discussion Débat. Crédits : Le Cercle de l’Info

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche était l’invité, mardi soir, de l’association Dauphine Discussion Débat. Deux mois après le débat avorté avec Marine Le Pen,  Laurent Wauquiez est revenu sur l’affaire Guéant, l’Allemagne et ses attributions ministérielles.

« Est-il criminel de dire que la civilisation athénienne a apporté plus que la civilisation spartiate ? », s’interroge Laurent Wauquiez à l’inévitable question sur Claude Guéant. Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, son collègue de l’Intérieur a été « traité de nazi » cet après-midi par « les tenants du dictionnaire de la bienpensance ». « C’est malsain », ajoute-t-il. Les « relativistes » sont renvoyés dans leur but : « tout lisser est une mauvaise conception de la laicité ». « C’est tourner le dos à ce qui a été construit », détaille-t-il.

Laurent Wauquiez est également sollicité sur l’interview croisée de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel hier soir.  « Pourrait-il y avoir Angela Merkel présidente et Nicolas Sarkozy Premier ministre ? » demande le dauphinois. « Dire que l’Allemagne est un pays pourri est un raisonnement de grand-papa », répond le ministre.

Autre polémique : la différence d’allocations entre Science-Po Paris et Paris-Dauphine. L’institut d’études politiques a touché 68 millions d’euros depuis cinq ans, tandis que le grand établissement a glané 55 sur la même période. Laurent Batsch, le président de Dauphine, assis au premier rang, fait une moue dubitative. « A voir sa tête, il est en désaccord profond avec moi », relève Laurent Wauquiez. Et d’assurer, ensuite, le service-avant-vote de son bilan : « c’est la première fois depuis Georges Pompidou qu’un vrai effort a été mené pour l’enseignement supérieur et la recherche. »

« Le paysage universitaire était délabré en 2007 »

Toujours sur Dauphine, il est diffusé au ministre un extrait de Villepin, qui, à la même tribune universitaire, avait qualifié, en septembre, les locaux de « vétustes ». Laurent Wauquiez n’apprécie pas que le candidat à la présidentielle « donne des leçons a posteriori » : « je n’ai pas vu d’investissement massifs à Paris-Dauphine quand il était Premier ministre ». Dominique de Villepin avait aussi appelé à plus d’infrastructures sportives. « Venez au Puy-en-Velay (ndlr : ville dont il est le maire), on n’aura qu’à transplanter », répond le ministre.

Dans son livre La lutte des classes moyennes, Laurent Wauquiez s’oppose à la hausse des frais d’inscriptions à l’université. Au lieu de répondre sur celle qui a concerné Paris-Dauphine, il rappelle les mesures du quinquennat. « Le paysage universitaire était délabré. La France avait sous-investi depuis 30 ans. Nous voulons amener nos universités à travailler ensemble, à concilier spécialisation et interdisciplinarité, et à mettre des passerelles avec les entreprises », développe le ministre.

Questionné, enfin, par Le Cercle sur Nadia Lavoignat, cette professeure de sciences physiques qui n’a pu passer l’agrégation pour cause de cortège présidentiel bloquant la ville de Dijon, Laurent Wauquiez admet « ne pas avoir vu passer le dossier ». Sa chargée de mission pour les relations parlementaires vient nous demander son nom. Le Cercle a également pris ses coordonnées. Nous vous tiendrons au courant de la suite des événements.

 César Armand

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Le Sarkoshow vu de l’UMP

Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer, son parti prépare le terrain. Crédits : U-m-p.org

Le Cercle de l’Info s’est invité, hier soir, à la soirée « live-twitter » des Jeunes Populaires au siège de l’UMP. Les jeunes du parti présidentiel avaient été conviés à réagir en direct sur Twitter à l’interview de Nicolas Sarkozy. Au menu : des pizzas, du rosé, des éclats de rire, des applaudissements, mais aussi des huées, et « l’interdiction de parler aux journalistes ».

Le rendez-vous est pris à 19h30. La salle de l’inter-étage est remplie à 20 %. Des jeunes BCBG d’environ 24 ans branchent leurs iPads et micro-ordinateurs sur les prises prévues à cet effet. Tout doit être prêt pour commencer à tweeter dès 20h10. Peu de femmes dans les travées. Aucune personne de couleur.

« Le hashtag c’est Sarkozy pas Sarkoshow », rappelle un trentenaire, barbe de trois jours et jean-baskets. Pour se connecter au wifi, il faut rejoindre le profil « presse ». Des militants avouent ne pas comprendre. Et le responsable de revenir : « Je vous rappelle que vous avez l’interdiction de parler aux journalistes ».

Les nouvelles têtes d’affiche du parti viennent alors serrer la main des e-volontaires. Les députés Valérie Rosso-Debord, Jérôme Chartier, Franck Riester et Sébastien Huygue sont là, comme le sénateur Roger Karoutchi. L’ancien syndicaliste Bruno Beschizza lance un général « Ca va les djeun’s ? ». Un petit tour et puis s’en va dans une autre salle.

Christian Jacob, le patron des députés UMP à l’Assemblée nationale, monte à la tribune : « Vous êtes chauds ? Ce que vous faites est formidable ! On a besoin de vous ! » Silence. « Les pizzas arrivent ! » Tonnerre d’applaudissements.

Ambiance studieuse

20h10 : le direct de l’Elysée commence. Les adhérents sont sérieux. Pas de bavardages. Les Pizza Hut et les bouteilles de rosé se passent de table en table. Une militante devant traîne sur Facebook. Le jeune qui twitte pour le compte « Jeunes UMP » va sur le site la-conjugaison.fr.

Nicolas Sarkozy tacle François Hollande sans le nommer : « Les Français n’aiment pas qu’on leur propose des rêves bon marché ». Et ses amis de s’exclamer derrière : « Et tac, bien envoyé ! » Le chef de l’Etat n’oublie pas Martine Aubry : « Les 35 heures sont tellement efficaces que personne ne les a oubliées ». La petite phrase fait rire aux éclats l’assistance.

Le journaliste Jean-Marc Sylvestre arrive, lui aussi, à faire sourire les militants. Son « roh bah » est repris en chœur par le public, la bouche en cœur. Les adhérents n’oublient pas non plus d’applaudir le Président lors de ses quelques moments d’humilité : « Le jour où vous pensez que tout est acquis, c’est là où vous perdez » et  » J’ai connu les ravages de l’arrogance ».

La réponse à Alain Madelin : « Je n’adhère pas aux thèses du libéralisme », provoque, en revanche, des huées du côté gauche de la salle. 21h17 : le logo UMP s’incruste sur les écrans. Le spectacle est terminé. Les équipes repartent chez elles, les mines ni défaites ni satisfaites.

César Armand

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Sarkozy peut compter sur l’UMP de Levallois pour gagner

Portrait de Sophie Deschiens, conseillère régionale UMP d’Ile-de-France depuis mars 2010 et adjointe à l’environnement à la mairie de Levallois (Hauts-de-Seine) depuis mars 2001.

Crédits : ump-iledefrance.fr

« Ce sera dans la douleur, mais je suis persuadée que le Président sera réélu », ainsi va Sophie Deschiens, élue à Levallois, fief de Patrick Balkany, très proche de Nicolas Sarkozy. Pour cette élue des Hauts-de-Seine, terre du Président, « il n’y a pas d’hypothèse Juppé ». Dans son bureau, les photos du Chef de l’Etat ou d’elle accompagnée de son maire valent tous les éléments de langage de l’UMP.

Se livrant sans langue de bois, elle juge « bonne » la stratégie de Nicolas Sarkozy de se déclarer tardivement. Sur le terrain, il y a une « vraie attente », assure-t-elle. « Pendant les cantonales, on se faisait démolir, un véritable enfer, mais depuis la primaire PS, les levalloisiens ne veulent plus partir à l’aventure »,  rapporte-t-elle.

Sophie Deschiens ne craint pas François Hollande. « Au PS, c’est une vraie cacophonie ! », s’exclame-t-elle. La perspective Bayrou troisième homme ne l’effraie pas non plus. « Il va faire pschitt », prédit-elle, et de pointer le décalage entre ses paroles et ses actes : « il vante le made in France et repart en Audi ». Une séquence relevée par Le petit journal de Canal Plus.

Des parkings à Twitter

L’UMP lui a déjà d’ailleurs confié quelques missions en vue de la présidentielle. Elle organisera, bientôt, avec les Jeunes Pop’, des réunions publiques avec des personnalités du gouvernement. Elle a également été désignée « e-volontaire », c’est-à-dire chargée de répondre à la gauche sur Twitter.

Elle est en effet très active sur le réseau social, où elle met le Parti Socialiste face à ses contradictions. « Un moyen percutant » pour faire passer ses idées, ajoute-t-elle. « C’est Valérie Pécresse qui m’y a encouragée pour répondre à l’opposition au Conseil régional », explique l’élue depuis 2010 avant d’avouer que ce site « ne concerne qu’une strate. »

Bien qu’adjointe à l’environnement depuis 2001, elle refuse de se définir comme une professionnelle de la politique. « J’ai eu une vie avant, j’ai travaillé à la Générale des Eaux (ndlr, Vinci), et à la Caisse des Dépôts », détaille-t-elle. « J’étais dans les parkings, pas très sexy j’avoue, mais mes clients étaient les élus », raconte la levalloisienne.

Sa première carte de militante, c’était en 1986 au Parti Républicain pour « enquiquiner » son père, un ami de Michel Debré. Dans sa lignée politique, également un grand-père maire dans l’Isère pendant 25 ans. A défaut d’avoir suivi le cursus traditionnel des dirigeants actuels, Sophie Deschiens vit de et pour la politique, au sens wébérien, qu’elle l’admette ou non.

César Armand

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