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Les éditions de l’Epure, indépendantes et hardies

Les éditions de l'Epure ont encore de belles années devant elles. Crédts : Lieu-commun.fr

Les éditions de l’Epure ont vingt ans. La petite maison d’édition reste fidèle à sa ligne éditoriale : de la cuisine, du graphisme, de l’insolite, beaucoup d’humour. Grâce à la ténacité de Sabine Bucquet-Grenet, sa fondatrice, les livres de cuisine deviennent des ouvrages.

Connaissez-vous dix façons de cuisiner … la badiane, l’araignée de mer, le Coca-Cola ? les épluchures, le thé matcha, le sang ? Les éditions de l’Epure ont fêté leurs vingt ans en septembre dernier, et leur collection « Dix façons de préparer… » compte désormais deux-cent soixante numéros. Mais Sabine Bucquet-Grenet, fondatrice et chargée de la direction littéraire et artistique des éditions de l’Epure, n’est pas très en forme ce matin.

Elle ne trouve pas le téléphone sonnant avec insistance sur sa base. Les bureaux de la maison d’édition, spécialisée en cuisine, ne sont pourtant pas grands. Deux pièces encombrées de livres et de manuscrits, dans une petite boutique rouge pimpant du 14e arrondissement de Paris. D’habitude, elles sont trois à se partager ce petit espace, à relire les manuscrits, assurer le suivi de fabrication.

« Contrairement aux grandes maisons d’édition, où les postes sont très déterminés, à l’Epure, les éditrices sont chacune leur tour coursière, maquettiste, chargée du contenu éditorial… », détaille Sabine. Mais ce jour-là, vacances de Noël obligent, elle est seule. Et contrairement aux grosses maisons, la période des fêtes est une période d’activité intense pour les éditions indépendantes.

Une journée à l’Epure

La journée commence tôt à l’Epure, à 8h, avec la consultation des mails, et les réponses aux propositions de manuscrits. Sabine s’agace des sollicitations incongrues d’auteurs n’ayant visiblement pas pris la peine de se renseigner sur la production de la maison d’édition : « Les gens font n’importe quoi. C’est une vraie perte de temps. » Car si les éditions de l’Epure sont spécialisés dans la gastronomie, leurs ouvrages vont bien plus loin que le simple livre de cuisine, avec une tendance à la littérature, et une mise en avant du graphisme et de l’humour.

Ce sont de « beaux objets », sur des sujets décalés, à l’image de la collection « Dix façons de préparer… », dont les livres sont façonnés à l’ancienne, avec piqûre de cahier d’écolier. « Ces ouvrages sont le reflet de la personnalité des auteurs, en plus de l’aspect esthétique. Il y a des architectes, des historiens, un médecin… Des gens qui ont une vraie passion pour un produit et qui ont envie de la faire partager  », explique Sabine.

Une boutique-bureau très fréquentée

Les clients toquent à la porte vitrée, attirés par les petits livres colorés qui trônent dans la vitrine illuminée. Ils entrent dans la boutique-bureau, saisissent un des petits livrets, en enfleurent le papier ingre, vergé ou vélin. Sabine a souhaité, quand elle a découvert, il y a six ans, la boutique de la rue de la sablière, renouer avec la tradition de l’éditeur-libraire. « Nous pouvons ainsi proposer la totalité de notre catalogue et avoir un contact direct avec les lecteurs. Ce n’est pas facile à mettre en place. Il s’agit aussi de nos bureaux, et il faut accepter d’être dérangé.»

Une avocate, dont le cabinet est à 50 mètres dans la rue, s’enthousiasme : « Je passe devant la boutique tous les jours, je n’avais jamais eu l’idée de m’arrêter. Au bout de six ans, il était temps. »

Léa Bastie

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Pour plus d’infos sur les Editions de l’Epure, cliquez ici.

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Vendre des BD, une histoire d’expérience et de sensibilité

Une passion nommée bande-dessinée . Crédits : le Cercle de l'Info

Au rayon des boutiques un peu particulières, il y a la librairie. Celle façonnée avec amour par des passionnés qui en oublient parfois qu’ils exercent un métier. Exemple au Petit Roi, une boutique parisienne de bandes dessinées.

Au 39 passage Jouffroy à Paris, des bacs en bois remplis de vieux livres d’illustrations incitent les piétons à ralentir un instant. Certains s’arrêtent, regardent, et se décident à franchir le pas de la porte vitrée de la librairie Petit Roi. Il faut les suivre à l’intérieur pour découvrir un univers à part, celui des albums un peu oubliés et des grandes collections de bandes dessinées.

Christian Journé, le patron, a décidé d’ouvrir la boutique en octobre 2009, accompagné de Claire et Louis, les vendeurs. Comme eux, Christian est passé par les Quais de Seine, où il a travaillé comme libraire. Puis son stock s’est agrandi, son expérience et son ambition aussi. Il a décidé de se mettre à son compte. S’il ne s’était pas lancé, ce sexagénaire à la barbe blanche et à l’air un peu rêveur, ancien professeur de mathématiques et de tennis, l’aurait « regretté toute sa vie ».

Une dizaine de clients potentiels entrent au compte-goutte. D’abord intimidés par les hautes étagères en bois de chêne, ceux à la recherche d’un ouvrage particulier viennent se renseigner auprès des vendeurs. D’autres repartent les mains vides. Un jeune homme fouille pendant une heure parmi les quelques 120 000 bandes dessinées soigneusement classées. Il s’en va, l’air comblé, avec trois albums à la main. Pas ceux qu’il était venu chercher.

Au Petit Roi, c’est la passion de la bande dessinée qui parle. On s’intéresse au client et on le conseille selon ses propres goûts, sans forcer. « Ce que nous cherchons, ce n’est pas le billet de banque. L’argent n’est que la concrétisation d’un acte de vente », affirme Christian.

Lui et Louis peuvent s’appuyer sur une longue expérience de la bande dessinée. Tous deux ont commencé leur collection à l’adolescence, et essayent de rassembler des albums transversaux, pour répondre aux goûts des acheteurs. « Quand on choisit les ouvrages que l’on va vendre, on ne peut parier sur rien car il n’y a pas de client identique. On le fait selon notre expérience et notre sensibilité, en sachant qu’ils ne seront peut-être pas tous vendus », explique Louis, positif.

Dans ce métier, il faut savoir rester optimiste. Les ventes sont en baisse, et la crise économique et Internet ne viennent pas faciliter la tâche des petits libraires. Au Petit Roi, on admet que les conditions de travail sont parfois délicates : « Je ne suis pas au sommet de la Tour Eiffel, mais je m’en sors bien», avoue Louis, avec un sourire timide. Christian, lui, vient de remonter le moral à un collègue libraire. « Il est au trente-sixième dessous. C’est difficile de vivre de sa passion, admet le sexagénaire. Moi, je ne gagne même pas un salaire ».

Dans cette « lutte sans merci », il faut parfois se rappeler qu’on est aussi commerçant. « Il ne suffit pas d’aimer, concède Christian. J’ai dû me mettre aux papiers, à la gestion, sinon on coule ». Pourtant, le patron du Petit Roi refuse d’être blasé : « Malgré les difficultés, il faut toujours savoir être content de la rencontre du client, et de la pièce d’art qu’on lui vend ». 

Morgann Jezequel

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Marilou, pour l’amour du twist

"Le rock est fait pour danser", affirme Marilou, jeune chanteuse de 21 ans. Crédits : Le Cercle de l'Info

Depuis près d’un an, Marilou fait danser les bars parisiens, accompagnée de quatre garçons. En janvier, elle enregistre avec son groupe la bande-originale du film d’Eddy Mitchell, Cinéphiles de notre temps.

Il y a Vince, Jules, Val et Jérémy. Mais il y a surtout Marilou. « Marilou et les garçons », c’est un groupe de rockabilly pop’ hyper-dynamique. Marilou et ses garçons. Son groupe, la chanteuse de 21 ans l’a façonné à son image. « J’aime le twist depuis que je suis toute petite », raconte-t-elle.

« J’ai beaucoup écouté les yé-yé, France Gall, Françoise Hardy. Puis, Elvis, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Chuck Berry, Cochran, les Rita Mitsuko… ». Notre twisteuse possède sa propre vision de la musique qu’elle affectionne. « Le rock est fait pour danser. Je m’ennuie quand on joue de longs solos type Johnny Cash ou Led Zep, même si j’aime les écouter ». D’où le mélange de rock ancien et de pop des compositions de Marilou.

« On a gardé la rythmique pour créer notre son. Les morceaux doivent être simples et efficaces ». Son public ne s’y trompe pas, à tel point qu’on aurait presque l’impression, parfois, de s’immerger dans l’ambiance du Golf Drouot des années 50-60. A cette époque, Johnny Hallyday popularisait le rock’n’roll en France. Une réussite qui fait rêver Marilou, qui a vu Johnny pour la première fois au Stade de France en 2009.

Ce soir-là, elle a « compris » le phénomène, dit-elle. « J’aime son énergie, sa musique efficace, tout en restant en français ». La première chanson de Marilou, c’était d’ailleurs La Terre Promise. Ses autres reprises, elle les a maquillées en « chansons de fille ». Une vraie originalité.

« Les paroles des années 60 sont machistes, je les ai transposées au féminin ». La twisteuse niçoise n’a peur de rien et se venge dans sa « recette à l’arsenic », à écouter absolument.

En concert au Lautrec, en novembre. Crédits : Le Cercle de l'Info

« Blousons noirs, bananes et Travolta »

Elle raconte son « coup de foudre musical » avec ses deux guitaristes et son bassiste. « J’ai galéré pendant trois ans pour trouver des musiciens, et tout a été très vite en une semaine. » Marilou, au caractère ambivalent (« à la fois féminin et masculin »), a toujours joué avec des garçons. Depuis février 2011, le groupe – qui a recruté un nouveau batteur tout récemment – carbure et s’est produit une trentaine de fois. « On veut jouer le plus possible. C’est en faisant de la scène qu’on exploitera au maximum notre son ».

Marilou et ses quatre musicos font tous partie d’ATLA, l’école des musiques actuelles de Paris, et répètent ensemble « entre 20 et 25 heures par semaine ». Ce mois de janvier, ils enregistrent la BO de Cinéphiles de notre temps, un film avec Eddy Mitchell. Marilou a un rêve, qui s’apparente à un énorme défi. Faire revivre la mode du rock’n’roll en France.

« C’est les blousons noirs, les cheveux en banane, John Travolta ». C’est désormais, aussi, Marilou et les garçons.

Thibaut Geffrotin

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LIGNE DE VIE. Marilou Chollet, 21 ans. Née à Nice, Parisienne depuis 10 ans après 10 ans passés à Toulouse. Fille d’écrivains, elle quitte l’école à 16 ans, s’essaye au théâtre avant de prendre le micro. Définitivement ?

Les cinq premiers CD de Marilou : Amoureux de Paname, Renaud (1975). L’homme à tête de chou, Serge Gainsbourg (1976). Morrisson hotel, The Doors (1970). Un autre monde, Téléphone (1984). Hot rocks – Best of 1964-71, The Rolling Stones. « Je peux les écouter en boucle », sourit-elle.

MARILOU ET LES GARCONS AU LAUTREC A PARIS

Ecouter aussi le titre « Chérie Chérie » sur le site de Marilou et les Garçons

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Notre-Dame-de-Paris : une dernière pour la route

Les talents des années 1990 reviennent en stars. Crédits : brunopl6.jalbum.net

C’était un concert sur le qui-vive, longtemps évoqué, discuté, repoussé. Pourtant, ils l’ont fait. La comédie musicale Notre-Dame-De-Paris a retrouvé les berges de Seine lors de trois concerts au Palais Omnisports de Paris-Bercy les 16, 17 et 18 décembre derniers.

Quasimodo lui a sonné les cloches de Notre-Dame. Gringoire lui a déclamé ses poèmes. Clopin en a fait sa reine. Frollo en a perdu la raison. Phoebus en a délaissé sa Fleur-de-Lys. Pas de doute, c’était bien Esmeralda qui rôdait dans les coursives de Bercy ce week-end.

Lors de trois représentations uniques, le casting original s’est retrouvé autour d’un concert hommage reprenant les titres phares de la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris. Des retrouvailles d’autant plus belles qu’elles étaient sublimées par les instruments de l’orchestre symphonique qui les accompagnaient.

Treize ans plus tôt, Luc Plamondon et Richard Cocciante avaient remis au goût du jour un genre quelque peu désuet en s’inspirant de l’ouvrage de Victor Hugo. Qui n’a pas gardé en mémoire la mélodie du tube « Belle » interprété par le trio Garou-Lavoie-Fiori ? Qui encore ne s’est pas essayé à l’envolée lyrique du « Temps des Cathédrales » ?

Mise en scène moderne et épurée sur fond de danse contemporaine, la comédie musicale avait touché des millions de spectateurs dans le monde entier. Quant aux chanteurs de la distribution française, ils ont presque tous connu le succès et poursuivi leur carrière en solo.

Défilé de stars

C’est Bruno Pelletier (Gringoire), qui ouvre le bal en nous proposant une version toujours aussi impressionnante vocalement du «  Temps des Cathédrales ». Luck Mervil (Clopin) vient ensuite faire revivre « les Sans-Papiers». Portés par ces deux voix exceptionnelles – et trop peu entendues en France -, le ton est donné. En l’espace de quelques minutes, on voit Patrick Fiori (Phoebus) et Julie Zenatti (Fleur-de-Lys) se conter fleurette suivi d’une Hélène Ségara (Esmeralda) chantant et dansant sur « Bohémienne ». La comédie musicale se redessine sous les yeux des connaisseurs. Peut-être avec un peu moins de facilité pour les curieux venus en néophytes.

Après la reprise triomphale de « Belle » par tout le public, Hélène Ségara signe un « Ave Maria Païen » émouvant. On regrettera que la chorale n’ait pas bénéficié d’une meilleure couverture sonore.

Le premier acte se termine sur le titre « Fatalité » (comme pour la version d’origine) après un peu plus d’une heure de spectacle. La salle retient son souffle. 20 minutes d’entracte.

The End

La seconde partie, plus noire, souffre davantage des raccourcis et du manque de transitions narratives. Un manque largement comblé par la montée en puissance dans l’interprétation de Daniel Lavoie (Frollo), extraordinaire en prêtre obsédé par la chair. Julie Zenatti, qui n’avait que 17 ans lorsqu’elle interprétait à l’époque « La monture », donne une dimension sensuelle à ce titre sur la jalousie et la luxure. Patrick Fiori, quant à lui, enchaîne en réponse les prouesses vocales sur « Je reviens vers toi ».

Technologie aidant, Bruno Pelletier offre un beau moment sur « Lune », tout comme Hélène Ségara sur « Vivre » devant une salle illuminée par les téléphones portables. La fin du second acte traîne un peu jusqu’au final où l’ensemble de la troupe remercie tous les protagonistes de l’aventure. D’une seule voix, le public reprend « Belle » devant des chanteurs devenus spectateurs. Standing ovation. Joli moment.

La salle profite de ces instants qui pourraient bien être les derniers. Les réunir tous sur scène n’aura pas été une mince affaire. Outre des emplois du temps chargés pour des chanteurs devenus célèbres, les sociétés productrices (V-Dest et Gilbert Coullier) ont eu du mal à obtenir l’accord de l’auteur de la comédie musicale Richard Cocciante. Ces trois dates semblent donc bien avoir sonné le glas pour Quasimodo et toute la bande. C’est peu dire qu’il y aura, pour tous les nostalgiques des années 90 qui espéraient une tournée, comme un goût de trop peu.

Marine Deperne

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Choisir entre voyager moins cher ou voyager mieux

L'annonce du prix unique pour le passe Navigo suscite déjà des réserves (copyright : Le Parisien)

L'annonce du prix unique pour le passe Navigo suscite déjà des réserves. Crédits : Le Parisien.fr

Une nouvelle tarification du réseau de transports franciliens devrait voir le jour dès 2013, permettant aux usagers de payer le même prix pour se rendre dans n’importe quelle zone. Mais les associations d’usagers du RER s’interrogent sur son utilité.

Plus on habite loin, plus on paye. C’est le principe de la tarification des transports en commun. Un principe qui vient d’être remis en cause par le groupe d’Europe-Ecologie les Verts au conseil régional d’Ile de France. Vendredi 2 décembre, un accord a été trouvé avec le parti socialiste pour établir un pass navigo à tarif unique : 62 euros par mois pour voyager sur toutes les zones du réseau.

« L’objectif numéro un de cette mesure est de créer plus d’égalité entre les voyageurs, plus de solidarité entre les territoires. Ceux qui habitent loin et disposent de faibles revenus sont pénalisés par la tarification actuelle», explique Philippe Sainsard membre PS de la commission des Transports et Mobilités du conseil régional et administrateur du Stif (syndicat des transports d’Ile de France).

Problème : le Stif a évalué à 90 euros l’abonnement mensuel pour rester à l’équilibre budgétaire. La mise en place du pass navigo reste donc conditionnée à son financement, chiffrée entre 550 millions d’euros par l’opposition UMP et 250 millions les Verts. « Elle ne doit rien couter aux collectivités » assure Philippe de Sainsard.

Les Verts envisagent donc de taxer davantage les entreprises, qui contribuent déjà à plus de 40% du budget du réseau de transports francilien. Jean-Claude Delarue, porte parole de la Fédération des Usagers et Transports et des Services Publics, reste sceptique « On saura si c’est envisageable le jour où on connaîtra les sommes ».

Pour Eva Sheldrick, vice-présidente du Comité des Usagers du RER B en Vallée Chevreuse, « Le pass navigo à tarif unique est une bonne chose dans l’absolu, mais il faut calculer. Partout on dit qu’il n’y a pas d’argent et on a la folie des grandeurs avec le Grand Paris. Et à côté, on a des lignes mal entretenues, des voitures qui ont plus trente ans… ».

Coup de frein à la modernisation

La question se pose : le financement du pass navigo à tarif unique ralentira t-il celui consacré à la modernisation du réseau ? Les associations d’usagers en ont peur. « On craint que cela assèche les offres d’amélioration pour cinq ans ou dix ans » estime Yves Boutris, vice-président de l’Association des Usagers et Transports d’Ile de France. « On a déjà des couts inévitables à supporter dus à l’exploitation et à l’ouverture de nouvelles rames. » « Comment compte-t-on effectivement le financer alors qu’on a un retard important d’investissement à rattraper dans les transports en banlieue ? » s’interroge Frédéric Linarès, président d’ADURERA, association de défense des usagers du RER A.

Pour tous cependant, la tarification doit bien être simplifiée. Yves Boutris se félicite d’ailleurs du principe du complément de parcours. Grâce à ce dispositif, les abonnés détenteurs d’un passe sur les zones 1 et 2 et doivent de rendre en zone 5, n’auront qu’à payer en plus le voyage sur les zones 3, 4 et 5. « A la limite, on aurait pu en rester là ».

Mais établir un tarif unique à bas cout n’est pas la priorité. « Notre priorité, c’est que les trains roulent, qu’ils arrivent à l’heure et que les gens soient moins serrés » répond Jean-Claude Delarue. Le confort passe avant le prix. « On préférait ne pas choisir entre les deux, mais en tout logique, la qualité doit être au rendez-vous, sinon à quoi cela sert-il d’avoir une baisse de coût ? Cherche-t-on à avoir des transports low-cost ? » s’interroge de nouveau Frédéric Linarès.

D’autant que la plupart des pass navigo sont payés pour moitié par les employeurs, rappelle Yves Boutris. Et la tarification unique ne concernerait que les 19% des usagers franciliens qui achètent des abonnements mensuels.

Loin d’être une priorité donc pour les associations d’usagers, cette mesure pourrait même avoir de mauvaises conséquences sur la fluidité du trafic. Car l’idée d’EELV est aussi d’inciter les voyageurs à délaisser leurs voitures pour les transports en commun. « Nous craignons que cela congestionne encore plus les échanges Paris-Banlieue, qui sont ceux qui fonctionnent le moins bien » affirme Frédéric Linarès. « Les lignes sont saturées, confirme Yves Boutris. Il ne faudrait pas que les gens changent leur mode de transport, le trafic ne pourrait pas le supporter. Il faut aller progressivement ». D’abord la modernisation du réseau, ensuite une nouvelle tarification. En d’autres termes : ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Elodie Corvée

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Olivier Giraud, l’humoriste qui monte

Olivier Giraud, le nouveau roi du stand-up. DR.

Un petit frenchie revenu du pays de l’Oncle Sam décide de se lancer dans un one-man-show entièrement en langue anglaise raillant les travers de la vie parisienne…et devient en quelques mois le comique le plus en vue de la capitale.

A Paris, Olivier Giraud est l’humoriste du moment. Chaque soir il fait salle comble sur les planches du petit théâtre de la Main d’Or avec son spectacle « How to become Parisian in one hour ». Souvenez-vous, il y a neuf ans, c’était Stéphane Guillon qui y faisait ses débuts. S’il ne souhaite pas devenir aussi célèbre que son prédécesseur, Olivier Giraud est en passe de détenir un record : depuis sa première représentation, plus de 80000 spectateurs sont venus applaudir ce jeune homme de 33 ans qui a pris le risque d’écrire entièrement son spectacle en anglais. Décliné en leçons de savoir-vivre parisien destinées aux touristes, ce sont pourtant les Français qui s’arrachent les places de son one-man-show.

Des plages de Floride aux planches parisiennes

Pourtant, rien n’était joué d’avance. Il y a cinq ans encore, il était manager d’un restaurant à Palm Beach. Après avoir fait un BTS Hôtellerie-restauration et envisagé la carrière de cuisinier, Olivier jette son dévolu sur le service et part aux Etats-Unis au début des années 2000. A l’époque, les Français ne sont pas les bienvenus sur le sol américain, guerre d’Irak oblige. Il reste pourtant cinq ans au pays de l’Oncle Sam. De retour en France, « ras-le-bol total ». Olivier ne veut plus passer dix heures par jour à demander aux clients si leur entrecôte leur convient. Il est temps de se jeter à l’eau et réaliser son rêve de gamin : faire rire les gens. « J’étais sûr que j’allais faire ça, un pressentiment. Mais tout le monde me disait “ non, tu ne peux pas faire humoriste, tu vas devenir SDF, il y en a trop qui veulent le faire “. Finalement, à l’âge de 28 ans, j’ai tout plaqué pour essayer ».

Un pied de nez à ses détracteurs

Les débuts furent difficiles. Son idée d’un one-man-show écrit dans la langue de Shakespeare ne séduisait pas. Essuyant refus sur refus, Olivier ne s’est pas découragé et a créé sa propre entreprise, « la French Arrogance Production », pour mettre son spectacle sur les rails. Le théâtre de la Main d’Or a été le seul à lui ouvrir ses portes. Pari réussi. Cinq fois par semaine, le spectacle fait salle comble devant des touristes venant des quatre coins du Monde. Après plus de 200 représentations parisiennes, Olivier compte bientôt partir à la conquête du public londonien et new-yorkais. Et il peut maintenant se vanter gentiment de son succès. Une fois le spectacle fini, c’est avec enthousiasme qu’il nous raconte son parcours depuis son retour des Etats-Unis, fier d’avoir donné tort à tous ceux qui ne croyaient pas en lui.

Elodie Corvée

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