Archives de Tag: Parti Socialiste

Le Parti Socialiste peine à exister à Boulogne-Billancourt

Une partie de l'équipe PS de BB de Pierre Gaborit à Jean-Michel. Crédits : Le Cercle de l'Info

Au marché Escudier de Boulogne-Billancourt, la candidate socialiste aux législatives, Martine Even, et son suppléant, Vincent Guibert, tentent de se faire entendre auprès des habitants. La tâche est rude : le dimanche matin est aussi le terrain de chasse de l’UMP Thierry Solère, actuellement en guerre ouverte contre le parachutage de Claude Guéant.

Le panneau de signalisation municipal affiche -3°C. Il est 10h30 : les socialistes viennent d’arriver au marché Escudier de Boulogne-Billancourt. Sophie, habitante, interpelle Martine Even, la candidate PS aux législatives : « Vous allez les battre quand même ! Qu’est-ce qu’il a fait ici Thierry Solère (ndlr : le candidat dissident de l’UMP)? Les rues sont d’une saleté repoussante ! »

Et voilà justement l’élu de droite qui débarque, interrompant la conversation, et qui embrasse sa collègue du conseil municipal Martine Even. « La question du quotient familial me dérange. Ça mériterait plus d’explications », conclut Sophie. L’élue socialiste s’éloigne avec elle pour expliquer la position de François Hollande.

Une militante : « Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy »

Les militants qui accompagnent la candidate socialiste espèrent la voir gagner en juin prochain. Xavier Duplat, secrétaire de la section de la ville, renvoie dos à dos Thierry Solère et Claude Guéant, qui compte se parachuter à Boulogne : « Ce sont juste des ambitions qui se confrontent. Ils voteraient les mêmes lois s’ils étaient élus tous les deux. »

Chloé Jaillard, qui a remporté 38% des voix aux dernières cantonales face à Thierry Solère, est confiante : « On est bien accueillis. Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy. Les quartiers qui votent à droite et au centre se sont déplacés pour les primaires. Il y a une vraie dynamique ».

Martine Even briefant une militante. Crédits : Le Cercle de l'Info

Une habitante : « Solère n’a rien fait pour la ville, mais c’est mon copain »

Les résidents du quartier ne s’arrêtent pas ou peu. « Ils ne sont pas hostiles, mais c’est plus facile à Billancourt », explique la candidate Martine Even. Il ne faut pas désesperer Billancourt donc, mais à Boulogne-Centre, les militants socialistes sont pourtant pris à partie.

L’un d’eux vient se confier à Martine Even et à son suppléant Vincent Guibert : « Il y en a un qui a pris le petit livre et il l’a jeté par terre. Puis, il m’a dit « Ramassez-le, c’est votre boulot! ». Un autre habitant, lunettes rondes sur le nez, gronde une militante : « Avec Hollande, ce sera la ruine! »

Une quinquagénaire en manteau de fourrure illustre, elle, la contradiction de certains : « Il n’a rien fait pour la ville, mais Solère est mon copain, je voterai pour lui au 1er tour. » « Aux présidentielles, oui à François, aux législatives, oui à Thierry! », comme elle le résume.

Solère : « les Boulonnais sont majoritairement de droite »

Croisé également, l’ex-maire Pierre-Mathieu Duhamel ne veut pas prendre position pour l’un ou l’une des candidats : « On est sur le marché. J’aime ce spectacle de la démocratie vivante. » L’homme refuse en effet d’être pris en photo avec Thierry Solère ou Martine Even.

Mais Thierry Solère ne craint pas une victoire de la gauche : « Les Boulonnais sont majoritairement de droite. » Preuve à l’appui : le vice-président du Conseil général du 92 sort son iPhone, et lit un mail de Régis B : « ma mère de gauche va voter pour vous ».

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Lire aussi :
Lettre de Guéant : la candidate PS dénonce « une grosse maladresse » 
Interview d’Antoine de Jerphanion, proche de Thierry Solère, candidat à l’investiture UMP à Boulogne-Billancourt 

Publicités
Tagué , , , , , , , , , , , ,

Hollande dénonce l’absence de « cohérence » de Sarkozy

François Hollande a dévoilé son slogan hier. Crédits : Le Parisien.fr

A l’occasion de l’inauguration de son QG de campagne avenue de Ségur (Paris 7ème), et au lendemain de ses hésitations sur le quotient familial, le candidat socialiste a fustigé, hier, les promesses non-tenues et intenables du Président.

« Le candidat sortant avait voulu faire de la sécurité un exemple ? Eh bien, c’est un contre-exemple ! », dénonce François Hollande à la tribune. Il tient en effet à préciser que « les violences aux personnes ont augmenté de 20 % depuis 2007 », soit depuis que Nicolas Sarkozy est chef de l’Etat.

Le candidat socialiste ne comprend pas d’ailleurs pourquoi des sommes sont prévues pour les prisons, et non pour l’éducation : « des promesses déjà contestables au plan financier ! » s’exclame-t-il. Pour lui, la solution réside en deux propositions : un meilleur accompagnement des jeunes délinquants et l’ouverture d’établissements pénitentiaires supplémentaires.

La taxe Tobin qui doit être votée ? « Il suffit de faire application d’un texte qui avait déjà été voté », rappelle François Hollande sous les yeux de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin. La défiscalisation des heures supplémentaires qui s’était inscrite dans le slogan et projet du « Travailler plus pour gagner plus » ? Le socialiste n’est pas « favorable à ce que l’on continue ». Au contraire, il veut « renforcer les moyens de Pôle Emploi » afin de lutter efficacement contre le chômage.

Le bouclier fiscal, mesure emblématique du quinquennat du Nicolas Sarkozy, et la réforme de l’ISF en avril 2011, sont également à jeter au trou. « Belle logique où les cadeaux des uns sont payés avec le travail des autres ! », ironise François Hollande, qui juge aussi que « l’injustice a été la marque du président sortant ».

Celui qui aspire au « changement, maintenant », chercherait-il à imiter Lionel Jospin, candidat socialiste en 2002, qui rêvait de « présider autrement » ?

César Armand

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , ,

A Mérignac, François Hollande lance 2012

François Hollande passe à l’attaque. Crédits : Julien Chabrout

Pour son premier meeting de l’année, François Hollande a choisi de se rendre à Mérignac. A l’offensive, le candidat “du changement” a appelé les socialistes au “combat” et souhaite un large rassemblement derrière lui.

Pas de doute, François Hollande a bien lancé les hostilités en ce début 2012. A plus de 100 jours du premier tour de la présidentielle, le candidat du PS a tenu mercredi soir un meeting de campagne à Mérignac, un bastion socialiste de l’agglomération de Bordeaux.

Dans la salle du Pin Galant, bien trop petite pour accueillir les près de 3000 personnes, le dirigeant socialiste concluait son déplacement du jour près de Bordeaux sur le thème de l’emploi.

Pour un François Hollande transformé à l’occasion en chef de guerre, l’objectif principal était de lancer la mobilisation générale des troupes socialistes, appelant les militants à convaincre les Français de “changer de plan de bataille, d’Etat-major et de dirigeant suprême.

Appel à un large rassemblement

Pendant plus d’une heure, le candidat a repris les principaux points de sa « lettre aux Français » publiée mardi 3 janvier dans Libération. Se présentant à de nombreuses reprises comme le “candidat du changement”, il s’est érigé en seule alternative possible contre “le président sortant.”

“Qui peut battre la droite ?” a t-il ainsi demandé, se posant comme le candidat du “rassemblement de la gauche”. Rappelant que la présidentielle se “gagne dès le premier tour”, l’élu de la Corrèze a évoqué à dessein le traumatisme qu’a vécu la gauche le 21 avril 2002. Un message adressé à Jean-Pierre Chevènement et Eva Joly, dont le PS aimerait le ralliement, si possible avant le premier tour.

Dans un numéro d’équilibriste, François Hollande a aussi lancé un appel…aux déçus du sarkozysme. Taclant le positionnement de François Bayrou, “qui refuse avant le second tour de dire pour qui il votera”, il a exhorté les électeurs “au milieu”, “ceux qui ne savent pas quoi faire”, à le rejoindre.

Malgré cet appel à un large rassemblement, le candidat Hollande a mis le cap à gauche à Mérignac avec un objectif: cliver. Alors que Marine Le Pen plafonne autour de 16 % d’intention de vote dans les sondages et que Jean-Luc Mélenchon le menace sur sa gauche, le vainqueur de la primaire entend ramener les électeurs tentés par le vote extrême pour qui “droite et gauche, c’est la même chose”.

A l’offensive, le leader du PS a accusé Nicolas Sarkozy, “le protecteur des riches”, d’avoir déséquilibré les comptes publics depuis 2007. Dans un discours à tonalité Mitterrandienne, il a dénoncé “les puissances de l’argent, le libéralisme et les banques” responsables selon lui de la crise actuelle.

“Redressement, justice et espérance”

Accusé par ses adversaires de ne pas avoir encore de projet et d’entretenir délibérément ”le flou”, François Hollande a de nouveau demandé de la patience. Pour un programme plus précis, il faudra attendre la fin du mois, au minimum. Le candidat du PS a néanmoins insisté sur les “valeurs” et donné le mot d’ordre: “Redressement, justice et espérance.”

Le redressement des finances publiques se fera ainsi par une “grande réforme fiscale” avec la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. François Hollande a en outre réitéré sa proposition de départ à la retraite des salariés qui auront cotisé au moins 41 ans.

Alors que le gouvernement souhaite mettre en place la « TVA sociale », le dirigeant socialiste a qualifié la mesure de “faute économique, sociale et morale” à la veille de la présidentielle, rappelant que cette proposition avait causé la perte de plusieurs sièges à l’UMP dans l’entre deux-tours des Législatives en 2007.

En ces premiers jours de janvier, mois décisif dans la bataille de l’Elysée, François Hollande n’a dévoilé aucune nouvelle mesure. Pour le candidat socialiste, l’objectif était de remobiliser son camp après la difficile gestion de l’entre-deux, cette phase fin 2011 qui a suivie sa victoire à la primaire. A quatre mois du scrutin, il a appelé les militants socialistes à “parler, expliquer et convaincre.” Pour le candidat, Mérignac était bien “le début d’un long chemin”. Jusqu’à la victoire ?

Julien Chabrout

Cet article a été rédigé sur le blog politique des étudiants en journalisme de l’IJBA, Débattre la campagne

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , ,

Choisir entre voyager moins cher ou voyager mieux

L'annonce du prix unique pour le passe Navigo suscite déjà des réserves (copyright : Le Parisien)

L'annonce du prix unique pour le passe Navigo suscite déjà des réserves. Crédits : Le Parisien.fr

Une nouvelle tarification du réseau de transports franciliens devrait voir le jour dès 2013, permettant aux usagers de payer le même prix pour se rendre dans n’importe quelle zone. Mais les associations d’usagers du RER s’interrogent sur son utilité.

Plus on habite loin, plus on paye. C’est le principe de la tarification des transports en commun. Un principe qui vient d’être remis en cause par le groupe d’Europe-Ecologie les Verts au conseil régional d’Ile de France. Vendredi 2 décembre, un accord a été trouvé avec le parti socialiste pour établir un pass navigo à tarif unique : 62 euros par mois pour voyager sur toutes les zones du réseau.

« L’objectif numéro un de cette mesure est de créer plus d’égalité entre les voyageurs, plus de solidarité entre les territoires. Ceux qui habitent loin et disposent de faibles revenus sont pénalisés par la tarification actuelle», explique Philippe Sainsard membre PS de la commission des Transports et Mobilités du conseil régional et administrateur du Stif (syndicat des transports d’Ile de France).

Problème : le Stif a évalué à 90 euros l’abonnement mensuel pour rester à l’équilibre budgétaire. La mise en place du pass navigo reste donc conditionnée à son financement, chiffrée entre 550 millions d’euros par l’opposition UMP et 250 millions les Verts. « Elle ne doit rien couter aux collectivités » assure Philippe de Sainsard.

Les Verts envisagent donc de taxer davantage les entreprises, qui contribuent déjà à plus de 40% du budget du réseau de transports francilien. Jean-Claude Delarue, porte parole de la Fédération des Usagers et Transports et des Services Publics, reste sceptique « On saura si c’est envisageable le jour où on connaîtra les sommes ».

Pour Eva Sheldrick, vice-présidente du Comité des Usagers du RER B en Vallée Chevreuse, « Le pass navigo à tarif unique est une bonne chose dans l’absolu, mais il faut calculer. Partout on dit qu’il n’y a pas d’argent et on a la folie des grandeurs avec le Grand Paris. Et à côté, on a des lignes mal entretenues, des voitures qui ont plus trente ans… ».

Coup de frein à la modernisation

La question se pose : le financement du pass navigo à tarif unique ralentira t-il celui consacré à la modernisation du réseau ? Les associations d’usagers en ont peur. « On craint que cela assèche les offres d’amélioration pour cinq ans ou dix ans » estime Yves Boutris, vice-président de l’Association des Usagers et Transports d’Ile de France. « On a déjà des couts inévitables à supporter dus à l’exploitation et à l’ouverture de nouvelles rames. » « Comment compte-t-on effectivement le financer alors qu’on a un retard important d’investissement à rattraper dans les transports en banlieue ? » s’interroge Frédéric Linarès, président d’ADURERA, association de défense des usagers du RER A.

Pour tous cependant, la tarification doit bien être simplifiée. Yves Boutris se félicite d’ailleurs du principe du complément de parcours. Grâce à ce dispositif, les abonnés détenteurs d’un passe sur les zones 1 et 2 et doivent de rendre en zone 5, n’auront qu’à payer en plus le voyage sur les zones 3, 4 et 5. « A la limite, on aurait pu en rester là ».

Mais établir un tarif unique à bas cout n’est pas la priorité. « Notre priorité, c’est que les trains roulent, qu’ils arrivent à l’heure et que les gens soient moins serrés » répond Jean-Claude Delarue. Le confort passe avant le prix. « On préférait ne pas choisir entre les deux, mais en tout logique, la qualité doit être au rendez-vous, sinon à quoi cela sert-il d’avoir une baisse de coût ? Cherche-t-on à avoir des transports low-cost ? » s’interroge de nouveau Frédéric Linarès.

D’autant que la plupart des pass navigo sont payés pour moitié par les employeurs, rappelle Yves Boutris. Et la tarification unique ne concernerait que les 19% des usagers franciliens qui achètent des abonnements mensuels.

Loin d’être une priorité donc pour les associations d’usagers, cette mesure pourrait même avoir de mauvaises conséquences sur la fluidité du trafic. Car l’idée d’EELV est aussi d’inciter les voyageurs à délaisser leurs voitures pour les transports en commun. « Nous craignons que cela congestionne encore plus les échanges Paris-Banlieue, qui sont ceux qui fonctionnent le moins bien » affirme Frédéric Linarès. « Les lignes sont saturées, confirme Yves Boutris. Il ne faudrait pas que les gens changent leur mode de transport, le trafic ne pourrait pas le supporter. Il faut aller progressivement ». D’abord la modernisation du réseau, ensuite une nouvelle tarification. En d’autres termes : ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Elodie Corvée

Suivez-nous sur Facebook et sur Twitter

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,