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Déclaration de Nicolas Sarkozy sur TF1 : « Un manque d’énergie et de conviction »

Capture écran du site du Président-candidat

Le communicant politique Philippe Moreau-Chevrolet a été « surpris par le ton peu inspiré » du chef de l’Etat hier soir sur TF1. Co-auteur du blog Yes they can sur L’Express.fr avec le journaliste David Medioni, le spin-doctor remarque également que « Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne ».

L’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy a été dévoilée aujourd’hui. Il est debout regardant vers l’Est, avec en arrière-plan la mer.  Se prend-t-il pour « un capitaine courage tenant fermement le gouvernail » comme l’avait qualifié Laurent Wauquiez après le discours de Toulon de 2008 ?
C’est une affiche mitterrandienne avec ce soleil qui se lève. Cette posture de 3/4 est intéressante. Elle donne une image de majesté, comme la monnaie, avant, à l’effigie des rois et des empereurs. C’est une posture présidentielle. La mer, en revanche, peut évoquer les vacances. Ce n’est pas un choix très approprié, mais elle est également symbole de sérénité et d’apaisement.  En tout cas, Nicolas Sarkozy et François Hollande se disputent l’imagerie mitterrandienne.

Nicolas Sarkozy s’est déclaré, hier soir, sur TF1, chaîne propriété de Martin Bouygues. Ne risque-t-il pas de renforcer son image de Président des riches et du Cac 40 ?
TF1 est avant tout la chaîne la plus regardée, où il y a le plus d’audience. La question est de comprendre pourquoi il s’est contenté de cela. Pourquoi il n’a pas fait un véritable évènement ? J’ai été surpris par son ton peu inspiré. Il manquait d’énergie et de convictions. Je n’ai pas compris, non plus, son positionnement sur le fond entre présidentialisation et appel au peuple. C’est difficile d’affirmer les deux en même temps. Peut-être est-ce dû à son impopularité qu’il se sent obligé d’annoncer des référendums ? C’est une manière de déplacer les enjeux, mais cela s’avérera peut-être audacieux.

Dans un article de Martine Delahaye dans Le Monde du 25 octobre 2009 sur Jacques Pilhan, Jean-Louis Bianco, secrétaire général de l’Elysée de 1982 à 1991, raconte que le conseiller de François Mitterrand et de Jacques Chirac aimait répéter que « la réalité, c’est le JT de 20h de TF1 ». Rien n’a changé depuis 30 ans ?
La forme qu’avait élaboré Jacques Pilhan a changé. La formule a évolué. Elle n’est plus efficace. Maintenant, il y a une démultiplication des canaux : télé, internet… La caisse de résonance médiatique n’est plus la même. C’est en constante évolution. Il faut toujours inventer de nouveaux concepts. Mais Pilhan avait compris une chose : il faut parler aux gens là où ils sont. C’est au politique de s’adapter. Imposer à l’électeur d’aller à un endroit particulier ne fonctionne pas. Regardez les partis politiques qui ont créé des réseaux sociaux fermés, ils se sont plantés. (Philippe Moreau-Chevrolet fait référence, notamment, aux Créateurs de Possible, ce réseau intra-UMP qui a coûté 500 000 € avant d’être fermé)

Hier soir, au même moment, François Hollande était en meeting avec au premier rang Denis Podalydès qui a justement joué le rôle de Nicolas Sarkozy dans La conquête. Charles Aznavour chantait déjà pour Giscard en 1974.  Pourquoi les candidats s’entourent-ils de célébrités ?
Cela permet de toucher aux émotions des gens, d’essayer de les faire vibrer. Soit vous faites un discours très réussi, comme celui du Bourget, soit vous jouez la proximité avec les stars pour créer du consensus populaire. Ces symboles de la société civile demeurent en effet des vrais relais d’opinion. On ne peut pas seulement gagner parce qu’on est le meilleur, il faut aussi créer de l’émotion.

Nicolas Sarkozy s’est inscrit, hier matin, sur Twitter. Pour le journaliste Marc Fannelli-Isla, auteur de Guide pratique des réseaux sociaux, c’est une « obligation » pour tout homme politique car les ignorer, c’est « ignorer le peuple et les électeurs » Etes-vous d’accord avec cette injonction ?
Oui et non. Non, d’abord, car parler du peuple en tant que cible électorale ne fonctionne pas. Oui, sinon, car c’est essentiel pour le politique de rejoindre les réseaux sociaux. Twitter est nécessaire pour parler aux relais d’opinion journalistiques qui ont besoin, régulièrement, d’informations actualisées. Cela montre, en outre, que le candidat à la présidentielle est à la page. Facebook sert à toucher le grand public. Il faut être partout là où il y a des électeurs. Une voix reste une voix.

César Armand

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Le Parti Socialiste peine à exister à Boulogne-Billancourt

Une partie de l'équipe PS de BB de Pierre Gaborit à Jean-Michel. Crédits : Le Cercle de l'Info

Au marché Escudier de Boulogne-Billancourt, la candidate socialiste aux législatives, Martine Even, et son suppléant, Vincent Guibert, tentent de se faire entendre auprès des habitants. La tâche est rude : le dimanche matin est aussi le terrain de chasse de l’UMP Thierry Solère, actuellement en guerre ouverte contre le parachutage de Claude Guéant.

Le panneau de signalisation municipal affiche -3°C. Il est 10h30 : les socialistes viennent d’arriver au marché Escudier de Boulogne-Billancourt. Sophie, habitante, interpelle Martine Even, la candidate PS aux législatives : « Vous allez les battre quand même ! Qu’est-ce qu’il a fait ici Thierry Solère (ndlr : le candidat dissident de l’UMP)? Les rues sont d’une saleté repoussante ! »

Et voilà justement l’élu de droite qui débarque, interrompant la conversation, et qui embrasse sa collègue du conseil municipal Martine Even. « La question du quotient familial me dérange. Ça mériterait plus d’explications », conclut Sophie. L’élue socialiste s’éloigne avec elle pour expliquer la position de François Hollande.

Une militante : « Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy »

Les militants qui accompagnent la candidate socialiste espèrent la voir gagner en juin prochain. Xavier Duplat, secrétaire de la section de la ville, renvoie dos à dos Thierry Solère et Claude Guéant, qui compte se parachuter à Boulogne : « Ce sont juste des ambitions qui se confrontent. Ils voteraient les mêmes lois s’ils étaient élus tous les deux. »

Chloé Jaillard, qui a remporté 38% des voix aux dernières cantonales face à Thierry Solère, est confiante : « On est bien accueillis. Il y a un vrai rejet de la droite Sarkozy. Les quartiers qui votent à droite et au centre se sont déplacés pour les primaires. Il y a une vraie dynamique ».

Martine Even briefant une militante. Crédits : Le Cercle de l'Info

Une habitante : « Solère n’a rien fait pour la ville, mais c’est mon copain »

Les résidents du quartier ne s’arrêtent pas ou peu. « Ils ne sont pas hostiles, mais c’est plus facile à Billancourt », explique la candidate Martine Even. Il ne faut pas désesperer Billancourt donc, mais à Boulogne-Centre, les militants socialistes sont pourtant pris à partie.

L’un d’eux vient se confier à Martine Even et à son suppléant Vincent Guibert : « Il y en a un qui a pris le petit livre et il l’a jeté par terre. Puis, il m’a dit « Ramassez-le, c’est votre boulot! ». Un autre habitant, lunettes rondes sur le nez, gronde une militante : « Avec Hollande, ce sera la ruine! »

Une quinquagénaire en manteau de fourrure illustre, elle, la contradiction de certains : « Il n’a rien fait pour la ville, mais Solère est mon copain, je voterai pour lui au 1er tour. » « Aux présidentielles, oui à François, aux législatives, oui à Thierry! », comme elle le résume.

Solère : « les Boulonnais sont majoritairement de droite »

Croisé également, l’ex-maire Pierre-Mathieu Duhamel ne veut pas prendre position pour l’un ou l’une des candidats : « On est sur le marché. J’aime ce spectacle de la démocratie vivante. » L’homme refuse en effet d’être pris en photo avec Thierry Solère ou Martine Even.

Mais Thierry Solère ne craint pas une victoire de la gauche : « Les Boulonnais sont majoritairement de droite. » Preuve à l’appui : le vice-président du Conseil général du 92 sort son iPhone, et lit un mail de Régis B : « ma mère de gauche va voter pour vous ».

César Armand

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Lire aussi :
Lettre de Guéant : la candidate PS dénonce « une grosse maladresse » 
Interview d’Antoine de Jerphanion, proche de Thierry Solère, candidat à l’investiture UMP à Boulogne-Billancourt 

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Renault à Tanger : « une stratégie bas de gamme » selon Pierre Lellouche

Montage Ratgemini.wordpress.com/Premiere.fr

Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a débattu, hier, avec Arnaud Montebourg dans les locaux de L’Expansion sur le protectionnisme et la démondialisation. Les deux hommes se sont trouvé des points de convergence, même si Pierre Lellouche n’a pu s’empêcher d’attaquer son adversaire socialiste.

« On marche sur la tête! », s’exclame Pierre Lellouche, lorsque la journaliste rappelle l’inauguration, aujourd’hui, d’un site de production Renault à Tanger, au Maroc. « Mais c’est vous l’Etat l’actionnaire de ce bazar ! C’est dingue ! », réplique Arnaud Montebourg, sous les applaudissements du public de L’Expansion et de l’Institut de l’Entreprise.

« Cette stratégie de Renault est bas de gamme », confirme le secrétaire d’Etat au commerce extérieur. « La mondialisation mène à l’impasse, elle sous-rémunère le facteur travail. Il faut faire une politique industrielle », plaide le troisième homme de la primaire PS. Plus tôt dans la matinée, Pierre Lellouche lui donnait raison : « Nos problèmes de compétitivité ne sont pas dus à la Chine ou à l’Inde. L’enfer c’est nous-mêmes. La dernière politique industrielle c’était sous de Gaulle et Pompidou. »

Montebourg : « Madame Le Pen veut casser l’Europe »

Chassez le naturel, il revient au galop. Le secrétaire d’Etat accuse Arnaud Montebourg de « revenir aux années 30 » en utilisant le terme « ploutocratie » pour qualifier le système actuel. « Changez de logiciel. Regardez le monde tel qu’il est! », exhorte Pierre Lellouche. « Ces caricatures qui nous font passer pour des fous, je n’en veux pas. Ayons l’intelligence de réfléchir collectivement », répond le président du Conseil général de Saône-et-Loire.

« L’Union Européenne était une union douanière. Elle aurait dû le rester. C’est comme si vous coupiez une jambe et un bras », s’époumone Arnaud Montebourg. « Montebourg, Mélenchon et Le Pen disent la même chose » s’agace Pierre Lellouche. « Ce n’est pas vrai ! Madame Le Pen veut casser l’Europe », le coupe le député. « Travaillons avec la réalité. Arrêtons de nous raconter une histoire. Ca suffit! ». Deux derniers mots également utilisés par François Hollande, mardi soir, pour couper court à la riposte de l’UMP à la suite de la question à l’Assemblée de Serge Letchimy…

César Armand

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Le Sarkoshow vu de l’UMP

Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer, son parti prépare le terrain. Crédits : U-m-p.org

Le Cercle de l’Info s’est invité, hier soir, à la soirée « live-twitter » des Jeunes Populaires au siège de l’UMP. Les jeunes du parti présidentiel avaient été conviés à réagir en direct sur Twitter à l’interview de Nicolas Sarkozy. Au menu : des pizzas, du rosé, des éclats de rire, des applaudissements, mais aussi des huées, et « l’interdiction de parler aux journalistes ».

Le rendez-vous est pris à 19h30. La salle de l’inter-étage est remplie à 20 %. Des jeunes BCBG d’environ 24 ans branchent leurs iPads et micro-ordinateurs sur les prises prévues à cet effet. Tout doit être prêt pour commencer à tweeter dès 20h10. Peu de femmes dans les travées. Aucune personne de couleur.

« Le hashtag c’est Sarkozy pas Sarkoshow », rappelle un trentenaire, barbe de trois jours et jean-baskets. Pour se connecter au wifi, il faut rejoindre le profil « presse ». Des militants avouent ne pas comprendre. Et le responsable de revenir : « Je vous rappelle que vous avez l’interdiction de parler aux journalistes ».

Les nouvelles têtes d’affiche du parti viennent alors serrer la main des e-volontaires. Les députés Valérie Rosso-Debord, Jérôme Chartier, Franck Riester et Sébastien Huygue sont là, comme le sénateur Roger Karoutchi. L’ancien syndicaliste Bruno Beschizza lance un général « Ca va les djeun’s ? ». Un petit tour et puis s’en va dans une autre salle.

Christian Jacob, le patron des députés UMP à l’Assemblée nationale, monte à la tribune : « Vous êtes chauds ? Ce que vous faites est formidable ! On a besoin de vous ! » Silence. « Les pizzas arrivent ! » Tonnerre d’applaudissements.

Ambiance studieuse

20h10 : le direct de l’Elysée commence. Les adhérents sont sérieux. Pas de bavardages. Les Pizza Hut et les bouteilles de rosé se passent de table en table. Une militante devant traîne sur Facebook. Le jeune qui twitte pour le compte « Jeunes UMP » va sur le site la-conjugaison.fr.

Nicolas Sarkozy tacle François Hollande sans le nommer : « Les Français n’aiment pas qu’on leur propose des rêves bon marché ». Et ses amis de s’exclamer derrière : « Et tac, bien envoyé ! » Le chef de l’Etat n’oublie pas Martine Aubry : « Les 35 heures sont tellement efficaces que personne ne les a oubliées ». La petite phrase fait rire aux éclats l’assistance.

Le journaliste Jean-Marc Sylvestre arrive, lui aussi, à faire sourire les militants. Son « roh bah » est repris en chœur par le public, la bouche en cœur. Les adhérents n’oublient pas non plus d’applaudir le Président lors de ses quelques moments d’humilité : « Le jour où vous pensez que tout est acquis, c’est là où vous perdez » et  » J’ai connu les ravages de l’arrogance ».

La réponse à Alain Madelin : « Je n’adhère pas aux thèses du libéralisme », provoque, en revanche, des huées du côté gauche de la salle. 21h17 : le logo UMP s’incruste sur les écrans. Le spectacle est terminé. Les équipes repartent chez elles, les mines ni défaites ni satisfaites.

César Armand

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Lettre de Guéant à Boulogne : la candidate PS dénonce « une grosse maladresse »

Martine Even, l’élue boulonnaise d’opposition, qui défiera l’UMP aux législatives, se dit « capable » de battre la droite. Crédits : Le JDD

L’arrivée du ministre de l’Intérieur à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) se complique de jour en jour. Le député-maire de la ville, Pierre-Christophe Baguet, a envoyé une lettre aux habitants les informant qu’il renonçait aux législatives. En pièce jointe, l’élu a glissé une lettre de Claude Guéant, signée sur papier-en-tête du ministère de l’Intérieur, annonçant sa volonté de « représenter dignement à l’Assemblée nationale les habitants de Boulogne-Billancourt ».

Mais, comme le rappelle Martine Even, candidate PS pour les législatives, « dès qu’il y a demande de l’investiture de l’UMP, il n’y a plus à utiliser le papier-en-tête de l’Intérieur ». « C’est un erreur et une grosse maladresse », poursuit-elle, avant de prévenir que les socialistes « demanderont tous les recours possibles si c’est avéré que c’est une vraie lettre de Claude Guéant et non un fac-similé ». En effet, si le ministre de l’Intérieur venait à être élu, l’élection pourrait être invalidée par le Tribunal administratif.

Interrogée sur Thierry Solère, qui s’oppose au locataire de la place Beauvau, Martine Even tient à préciser qu’il « mènera la même politique que les autres, celle de Nicolas Sarkozy.« 

César Armand

Lire aussi l’interview d’Antoine de Jerphanion, proche de Thierry Solère, candidat à l’investiture UMP à Boulogne-Billancourt

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Boulogne (92) : l’ex-chef local des jeunes UMP juge « inutile » l’arrivée de Guéant

Le jeune militant (20 ans) s’apprête à lancer une association, Génération 109. Un titre de circonstance. Crédits : Le Cercle de l’Info

A Boulogne-Billancourt, l’UMP se divise entre le ministre de l’Intérieur et le vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine. Claude Guéant a en effet été invité par le député-maire sortant, Pierre-Christophe Baguet, à se présenter aux législatives à sa place. Son suppléant, Thierry Solère, et ancien premier adjoint, veut également l’investiture de l’UMP. Antoine de Jerphanion, proche de l’élu boulonnais, longtemps responsable local des Jeunes Pop, juge le parachutage « aberrant ».

Vous avez été Président des Jeunes Populaires de Boulogne de novembre 2008 à mai 2011, date à laquelle Pierre-Christophe Baguet vous a écarté pour avoir appuyé Thierry Solère contre la construction de tours sur l’île Séguin. Est-ce pour cela que vous soutenez le vice-président du Conseil général du 92 contre Claude Guéant ?

Non, ce n’est pas pour cette raison. Je ne soutiens pas Thierry Solère à la suite de cette éviction, mais car ma conception de la politique est d’être contre les parachutages. L’arrivée de Claude Guéant est inutile. Le maire de Boulogne le dit lui-même : « Tout va bien à Boulogne ! », mais on a besoin de quelqu’un sur le terrain proche de nos thématiques. C’est pour cela que j’apprécie la démarche de Thierry Solère.

Dans les autres partis, ce sont des candidats qui connaissent les problèmes et les polémiques. La mairie actuelle est par exemple totalement désintéressée quant à l’avenir du rugby à l’ACBB, premier club amateur de France, qui risque de voir son stade disparaître.

Si le ministre de l’Intérieur était investi, Thierry Solère serait susceptible de se présenter en dissident. Ne risquez-vous pas de voir un candidat Divers Droite émerger et gagner comme Jean-Christophe Fromantin à Neuilly en 2008 ?

Je pense que les Boulonnais demeurent attachés à l’UMP. Je pense que Nicolas Sarkozy fera un score assez fort à Boulogne car les habitants sont conscients qu’il est le seul à garder un cap pour la France. Donc si Thierry Solère se présente coûte que coûte, il aura beaucoup de voix.

Pourrait-il gagner ?

Les Boulonnais ont en ras-le-bol de ces magouilles, de ces arrangements entre amis. Je pense ainsi que s’il est candidat, il sera élu. Thierry Solère a, de plus, une très bonne image auprès des jeunes. Il est proche d’eux et rejoint nombre de leurs idées. Il est, comme eux, contre les parachutages et contre le cumul des mandats. En revanche, Claude Guéant a une image dure vis-à-vis des jeunes et j’espère pour lui qu’il saura améliorer cette image.

Le président départemental de la fédération UMP, Jean-Jacques Guillet, également député-maire de Chaville, estime, dans Le Figaro de mardi, que « la question de cette investiture ne se pose pas, l’affaire est bouclée. » Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Cela m’énerve. Je ne savais pas que sur une annonce, on bouclait tout pour un ministre. Ce n’est pas vraiment pas du tout la conception que j’ai de la démocratie à l’UMP. C’est aberrant. Il suffit de claquer les doigts pour qu’il y arrive.

Le sénateur Roger Karoutchi, secrétaire UMP aux Hauts-de-Seine, a déclaré : « Bientôt il faudra être né dans la ville où on est candidat, c’est n’importe quoi ! ». Pourquoi, à votre avis, les cadres départementaux écartent déjà l’hypothèse Solère ?

J’apprécie beaucoup Roger Karoutchi. J’ai même voté pour lui aux primaires régionales de 2010 et, naturellement, aux sénatoriales. Je le rejoins sur ce qu’il dit, mais je pense qu’il faut connaître, un minimum, la ville et avoir une relation avec les Boulonnais. Député ce n’est pas seulement voter des lois à l’Assemblée nationale, c’est aussi avoir une certain aura sur la ville et prendre position sur des sujets purement municipaux.

Claude Guéant a été secrétaire général de la Préfecture du 92, et ses enfants y ont été scolarisés. Il ne correspond donc pas assez au profil, à votre goût ?

Il connaît sûrement la ville, je n’en doute pas, mais est-ce que les Boulonnais le connaissent ? Ils le connaissent seulement par son CV depuis la présidence de Nicolas Sarkozy. Avant le 6 mai 2007, les Boulonnais n’en avaient jamais entendu parler. Il faut de vraies personnalités de la ville, j’insiste.

Martine Even, la candidate du PS, se dit « capable » de battre Claude Guéant. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je pense que l’espoir fait vivre ! (rires) J’ai beaucoup de respect pour elle. Je dialogue très souvent avec les socialistes. C’est souvent plus constructif que de discuter avec certains amis de l’UMP… (ndlr : les proches de Pierre-Christophe Baguet, le député-maire de Boulogne-Billancourt)

Sylvain Canet du MoDem boulonnais a déclaré sur son site que les Boulonnais ne voteront pas extrême-droite. Etes-vous d’accord avec ce portrait de Claude Guéant ?

Je ne suis pas du tout d’accord. Je pense que c’est un ministre de l’Intérieur courageux qui a pris de bonnes décisions. Je le respecte pour son engagement pour la France.

César Armand

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2012 : Villepin le gaulliste « kamikaze samouraï » est candidat

Crédits : Le Cercle de l'Info

L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac s’est déclaré, dimanche soir sur TF1, candidat à l’élection présidentielle. Une annonce pour le moins inattendue. Un souhait qui fait sourire les éditorialistes politiques. Une initiative décriée par la majorité de droite en ce temps de crise.

Celui qui n’a jamais affronté le suffrage universel veut rassembler « au-dessus des partis » pour la magistrature suprême. L’ex-homme de confiance de Jacques Chirac est pourtant empêtré dans trois affaires judiciaires en cours.

Comme le rappelle 20 minutes, « l’annonce de sa candidature intervient trois jours après celle de sa convocation dans l’affaire Karachi pour une déposition comme témoin ».  « Le nom de l’ancien Premier ministre apparaît également dans une enquête concernant Relais & Châteaux : Régis Bulot, l’ancien président, a été mis en examen pour abus de confiance, escroquerie en bande organisée et blanchiment et Villepin aurait essayé d’intercéder en sa faveur », explique Le Figaro.

A l’instar d’Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, les journalistes se sont également chargé de lui rappeler l’antécédent Michel Debré. Se définissant aussi comme un « gaulliste social », l’ancien Premier ministre du Général (1958 – 1962) a concouru en 1981 pour n’obtenir finalement que 1,66 % des suffrages exprimés. Un chiffre que n’atteint pas Villepin dans les intentions de vote des instituts de sondages.

Les chroniqueurs ont pris, par la même occasion, un plaisir non dissimulé à le dépeindre comme un chevalier sans peur et sans reproche. « Il manie le panache comme d’autres maniaient l’épée. Il déclame, il pourfend, il pique, il affronte (…) Ainsi va Villepin : fougeux, impétueux, et kamikaze », écrit par exemple Roselye Febvre sur le site de France 24. La blogueuse ZeFML, associée à Marianne2, joue la carte de la métaphore sportive : « Reste que comme en foot, il devra s’entourer de professionnels s’il veut rêver plus haut que simplement tenter l’aventure du Petit Poucet ».

« La présidentielle n’est pas un concours Miss France »

Le chef du service politique du Nouvel Obs , Serge Raffy, le surnomme « le samouraï des beaux quartiers »  et le compare au barde de Goscinny et Uderzo : « Hélas, comme Assurancetourix, plus personne ne l’écoute ». Le biographe de François Hollande assène enfin : « Villepin est un maréchal d’Empire devenu Don Quichotte ».

Au gouvernement, la consternation est de mise. Nadine Morano dénonce « une candidature de posture ».  Henri de Raincourt, ministre de la Coopération juge que « la présidentielle n’est pas un concours Miss France ».  Marie-Anne Montchamp, son ex-porte parole et aujourd’hui en charge de la Solidarité, déplore « une candidature de témoignage ». En revanche, du côté de la droite sociale, le radical Jean-Louis Borloo considère que « c’est une mauvaise nouvelle pour Bayrou et non pour Sarkozy » de même que le néocentriste Hervé Morin estime que cette candidature est « légitime ».

Pourtant, selon nos informations, lorsque Nicolas Sarkozy l’a invité à la Lanterne, il lui aurait proposé deux circonscriptions : une dans les Yvelines et celle de la représentation des Français en Amérique du  Nord, pour  qu’« enfin il ait sa reconnaissance démocratique ». Deux parachutages que l’ex-locataire de Matignon aurait donc refusés.

Ce n’est pas la première fois. En 2007, quand Jean-Louis Debré part présider le Conseil Constitutionnel, laissant vacante sa circonscription, Jacques Chirac la propose à Dominique de Villepin qui n’en veut pas. C’est Bruno Le Maire, l’actuel ministre de l’Agriculture, et ancien directeur de cabinet de Villepin, qui y est élu et qui révèle l’information dans Sans mémoire, la présent se vide (2010).

César Armand

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