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Aux Etats-Unis, la vie est dure pour les petits partis

Montage Le Cercle de l'Info

Aux États-Unis, l’opposition est traditionnellement concentrée par les Républicains lorsque les Démocrates sont au pouvoir, et inversement. Pourtant, il existe d’autres partis politiques qui tentent de se faire entendre.

Green party, Libertarian party, Democratic Socialists of America… Sans doute ne connaissez-vous pas ces noms de partis politiques. Pourtant, à côté des deux mastodontes républicain et démocrate, ils existent. Ou tentent d’exister. Ces formations ne disposent d’aucun siège ni à la Chambre des Représentants ni au Sénat. Comme en France, l’élection présidentielle est une tribune pour leurs idées.

Pourtant, les mentalités diffèrent entre la France et les États-Unis. Pascal Clément, ancien ministre et auteur de l’ouvrage Partis politiques minoritaires aux États-Unis,  juge que la politique américaine ne doit pas être étudiée « avec un œil français ». Pour lui, ces partis connaissent surtout une existence locale. « Il y a énormément de partis dans les États, qui ne sont pas forcément présents aux élections nationales ». « Ce n’est pas une question de manque d’argent, mais de manque d’adhérents », ajoute Pascal Clément.

Ron Paul, libertaire en 1988, républicain en 2012

L’argent permet toutefois de pouvoir concourir dans les 50 États américains à l’élection présidentielle. C’est même indispensable, selon l’historien Denis Lacorne. « Sans une fortune personnelle considérable, il est impossible d’y prétendre ». L’universitaire rappelle que Barack Obama a dépensé 700 millions de dollars en 2008 pour sa campagne, notamment pour l’achat d’espaces publicitaires.

En 1992, Ross Perot avait réalisé un score honorable (18%) pour un pays marqué par le bipartisme, terminant troisième derrière Bill Clinton et George Bush père. Le milliardaire était alors indépendant. Quatre ans plus tard, pour le Parti réformateur qu’il avait créé, Perot terminait de nouveau troisième, mais avec moins de voix (8%). La complexité des lois américaines l’avait obligé à se présenter comme un indépendant dans certains Etats. Républicains et Démocrates s’étaient par ailleurs arrangés pour qu’il soit exclu des débats présidentiels.

Pour exister politiquement, certains représentants des petits partis n’hésitent pas à concourir sous l’étiquette d’un des deux grands partis, à l’image de Cynthia McKinney, candidate des Verts à la présidence en 2008, rattachée au Parti démocrate au Parlement. Ron Paul, l’actuel candidat à la primaire républicaine, a, pour sa part, été candidat en 1988 pour le Parti libertaire.

« Des partis pas représentatifs »

En France, même les plus américanophiles ne sont guère sensibilisés à la question. « Nos interlocuteurs sont essentiellement issus des deux grands partis », explique Louis Giscard d’Estaing, le président du groupe d’amitié France – États-Unis de l’Assemblée nationale. « Notre rôle n’est pas de rencontrer les partis non représentatifs de la vie politique américaine », confirme le député Patrick Balkany, membre du groupe.

François de Rugy, député Europe Écologie – Les Verts et vice-président du groupe d’amitié, raconte avoir échangé sur les idées écologiques lorsqu’il s’est rendu en Californie. « Ils connaissent des difficultés à obtenir une couverture sur l’ensemble du pays. » Preuve en est la candidate du Green Party en 2008, qui n’a pu se présenter que dans la moitié du pays. Il faut en effet un certain nombre de parrainages dans chaque État pour se porter candidat.

Thibaut Geffrotin et César Armand

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